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Les hommes, comptez-vous !
Par Honorgate
, le 19 Déc 2007 | Dans Vu d'en Haut |
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De l'innovation dans le management
La tendance actuelle est de privilégier les hommes techniques et audacieux à la tête d'un système générateur de profit. L'argent est plus fort que tout. Dans cette idée de domination numéraire, la vague emporte même les décideurs des milieux moins orientés vers le profit, puisque dans l'administration publique, des génies ont réussit à implanter le concept.
Seul compte ainsi le résultat, la croissance ou à défaut l'économie réalisée par l'accroissement de l'efficacité.
Je pourrais dire que tout ne se quantifie pas, et ce d'autant plus facilement que même les publicitaires le savent. C'est si peu naturel qu'ils sont fiers d'y avoir penser pour leurs réclames de cartes de crédit. Ce qui ne manque pas de piquant - vous piquer de l'argent a son importance vous pensez bien !
La notion de service devrait a priori être éloignée de celle de la rentabilité. Pourtant même là, les décomplexés dextres, ont corrompu cette logique. En effet, ceux qui réussissent sont ceux qui savent placer l'homme à sa juste mesure, en dessous de celle de l'argent, ou en tous cas, à son service. En effet, l'argent n'est plus un outil pour l'homme, mais chacun d'entre nous sert la cause du business. Considérez pourtant que le débat n'existe pas, puisque quoique vous m'opposiez en la circonstance, vous ne pourrez jamais nier que votre vie est calibrée vers l'obtention des bons billets - la tombola n'a rien à voir là dedans.
Un bon manager sait donc utiliser les hommes efficacement. Il sait parfaitement presser le citron des cadres afin qu'ils donnent le meilleur d'eux-même afin d'engranger les bénéfices, et tant qu'à faire, de stimuler les ouvriers qui regarderont de loin leur ex 35 heures pour la gloire de l'enrichissement.
Cette logique à un coût en termes humains. Car vous ne manquerez d'observer que vous n'êtes pas des robots, et que tous les matins ne se ressemblent pas, certains sont plus durs que d'autres. Mais l'appât du gain, obligatoire, nous donne des ailes. Pourtant nous ne faisons que marcher rapidement, vers notre finalité, et vous le savez, la vie est une affaire qui se finit très mal.
Vous serez sans doute d'accord avec moi pour dire que dans cette forme de management, il n'y a que de la gloriole. Je dirais moi qu'il n'y a qu'un gros salaire. Ce qui est pire.
Je pense qu'il faut se garder de privilégier ces as de l'abatage. Nous devrions privilégier davantage les techniciens du matériel humain. Je pense en effet, que la richesse n'est pas ce concept économique que l'homme a inventé pour s'en sortir dans ce bas monde, mais bien dans l'homme lui-même. Sa générosité, son amour, son émotion, ses qualités d'animal social et ses faiblesses, hors celles de la vanité et de la cupidité. L'homme seul n'est rien, en tous cas pas bien longtemps.
Dans cette idée nous devrions déjà nous préoccuper des talents humains des décideurs, en incluant dans leurs obligations professionnelles des entretiens avec un psychologue - quel qu'il soit du reste, thérapeute ou clinicien. Car avoir une morale qui vous permet de décider du sort de vos pairs est une chose, mais qui nous garanti la justesse de vos émotions compte-tenu de votre propre passif. On ne me fera pas croire que tous les chefs ont eu une jeunesse aux petits oignons, et développent une vie dépourvue de tourments. A moins qu'ils ne soient des machines.
Si un jour la société qui nous dirige, alors que nous devrions décider de notre société, admettait que les chefs, et ceux qui d'une manière ou d'une autre influencent sur notre vie seront modérés par l'étude et l'apprentissage de leur propre condition, je pourrais alors annoncer fièrement à mes enfants que l'homme progresse. Je pourrais leur dire que l'homme retrouve sa place dans l'ordre des choses car il aura compris que son œuvre n'a de sens qu'en toute humilité, conscient de sa finitude, et que le court instant où il aura une influence dans l'agencement de l'univers, il le fera a votre bénéfice, à celui de ses proches et au mien, et non pas à celui d'un système dans lequel des requins n'aspirent qu'à profiter de tout, quel qu'en soit le prix.
La lutte des automates
Par Honorgate
, le 18 Nov 2007 | Dans Vu d'en Haut |
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La géométrie de la vie
Il était une fois un monde rond qui tournait étrangement et dans lequel les êtres, qui se disaient vivants, et qui l'étaient en fait sans le savoir, furent des automates.
Et ces automates qui ne voyaient pas leur fin, car il méconnaissaient leur finitude, furent éclairés par les conséquences inattendues des jours de grève.
La grève. Cette chose étrange venue d'ailleurs - car ce n'est pas moi qui fait grève, mais l'autre empêcheur de tourner en rond, celui qui profite honteusement d'un système tellement favorable qu'il se sent contraint de ne pas travailler alors qu'il gagne tant. La grève, expression populaire qui n'apparut qu'après tant de souffrances et de morts, était pourtant mal appréciée par ces automates qui pensaient tourner justement. La quadrature du cercle, plus je travaille moins j'ai besoin de faire grève. Logique soufflée un matin d'élection. Et la pointe de ce triangle existentiel, je vis donc je vends, et pour me consoler j'achète, imposait sa loi, celle de l'automatisme du quotidien.
Prendre le train, le métro, la voiture pour aller vivre, donc vendre, afin in fine de pouvoir acheter, fut mis à mal un jour par des automates en panne qui jugeaient que décidément non, l'automatisme pouvait avoir ses limites.
Ainsi les autres automates durent ce jour là développer des montagnes de patience, de miséricorde et d'ingéniosité afin de pouvoir encore et ce jour là particulièrement, satisfaire leur condition mécanique inaltérable. Or dans notre hexagone, ces automates étaient chanceux. Ils ne le surent pas.
C'est parce que d'autres automates ne tournaient pas rond, qu'ils ont pu le temps d'une souffrance, cesser de tourner en bourrique afin de devenir des hommes confrontés à l'impitoyable agressivité du hasard et de l'impondérable. Insupportable mais salvateur. Car dans cette nuée elliptique des évènements qui passent et qui reviennent aussitôt, l'automate désarticulé dû cogiter.
En effet, ce n'est pas pensable dans notre monde qui tourne si bien - ou pas du tout, cela dépend simplement de quel hémisphère on perçoit la chose, que des automates viennent à briser l'anneau de l'atavisme. Comment, vous n'y pensez pas! S'ils réfléchissent, ils vont comprendre! Ils risquent de comprendre! Et c'est inacceptable dans notre triangle de vie!
On tourne en rond.
Et pourtant, n'avez vous pas eu le sentiment, entre deux pensées négatives, d'avoir pu un instant échapper à votre condition scellée, en devant vous rendre au travail, vous qui avez la chance d'un avoir un? Vous avez dû modifier vos habitudes, trouver des astuces ou prendre des vacances, râler, vous embouteiller, cela afin que coûte que coûte, travailler. Pour gagner plus ? Allez je suis persuadé que ces tracas nous ont sorti ne serait-ce que quelques temps de nos automatismes, afin de nous plonger dans l'humanité, celle des différences de conception, plus que de porte-feuille. Le vélib' fut l'évasion des automates parisiens.
Qu'aurions nous fait d'autant d'occasions de s'élever, et qu'en feront-ils, ceux qui pensent à la place des philosophes en prétextant que le travail fut une valeur ? Pourrions-nous ces jours là, comprendre ce que nous voulons vraiment ? Et percevrons-nous notre finitude pour penser enfin à ceux qui nous révèlent ?
La retraite des crétins
Par Honorgate
, le 30 Oct 2007 | Dans A Vue de Nez |
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Dans la série des discussions sans limites, je demande la retraire et les régimes spéciaux. Voici quelques morceaux choisis de discussions, dans la suite du thème de mon papier précédent les crétins et la retraite. Même si je n'ai pas bien entendu de recette toute faite pour ce sujet complexe, les limites sont déjà bien définies.
Les régimes spéciaux sont ils la clé de voûte de notre système de retraite ?

Qui dit anti économique dit antisocial, car on ne peut combattre la misère sans croissance. Les régimes spéciaux de retraites sont anti-économiques.
L'économie telle que le décide actuellement certains hommes, on ne l'a pas demandé.
Ils peuvent aller faire des pâtés de sable avec leur CAC 40 et leur croissance. Ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse en revanche c'est le choix, la liberté, l'anti-conformisme, la diversité et donc la vie. Vivre selon nos propres rythmes et non selon une oligarchie qui se complaît dans une obstinante erreur.
Devenir un automate réglé par d'autres hommes, qui finiront bien comme moi entre quatre planches n'est pas un objectif.
Je pourrais également ajouter que pour les régimes spéciaux il ne s'agit pas d'avantages mais de compensations.
En France, compensation, doit avoir une signification particulière ou ce mot est absent du dictionnaire, car on ne l'emploie pas. On dit de suite avantage. Comme si ce qu'avait l'un manquait à l'autre.
Or ce point de vue est déjà en soi de peu de vertu, mais en plus il est absurde.
Compensation
Il serait bon de répéter plusieurs fois ce mot à la maison, avec toute la famille et de disserter là dessus. Mais pour cela, il faut couper la télé et la radio.
Ensuite, pour en revenir au coup de "l'économie telle que nous la pratiquons est l'unique solution", je m'élève.
Je pense moi que c'est un système global spoliateur, pour la planète et pour les plus faibles, qu'il répond exclusivement de l'homme et de sa vanité, et qu'en aucune manière il ne permet d'éviter ou d'apporter une réponse à la misère.
C'est un système fondé exclusivement sur l'exploitation. Exploitation des faiblesses de l'homme, des ressources naturelles et des hommes.
Il s'agissait d'une compensation à l'époque où ces régimes spéciaux ont été créés. Aujourd'hui, à une époque où les critères de la pénibilité du travail ont complètement évolués, pour les cheminots, il ne s'agit plus d'une compensation mais d'un avantage.
Alors où sont les augmentations de salaire dans les mêmes proportions de ceux qui s'autorisent des plus values sur des stocks options indues, plus values générées dans le même temps que l'on licencie sous prétextes d'un plan de rigueur ?
Où sont les mises à niveau des retraites au même titre que celles des hauts fonctionnaires ou des élus nationaux ? Pourquoi dans ce cas autorise t-on certains à cumuler des retraites jusqu'à atteindre le chiffre parfaitement indécent de 35000 € par mois ? A qui profitent les avantages, à ceux qui ont 1000 ou 10000 euros par mois ?
Il faut avoir le courage de supprimer certains avantages lorsqu'on sait qu'ils ne pourront plus être financés à l'avenir.
Et si par exemple on imposait un salaire maximum de 15 fois le SMIC pour les patrons. Si on punissait sévèrement les détournements de fonds qui a priori suffiraient à résorber le trou de la sécu. Si on récupérait les plus values indignes des stocks options vendues alors que l'entreprise est en difficulté ... Récupérer les parachutes dorés des mauvais patrons ... pénaliser davantage le droit du travail, surtout en créant des postes de magistrats actuellement bien étrangement abandonnés.
Alors pour le financement, je crois qui si l'on mettait un tout petit peu de bonne volonté, ce ne serait pas du tout un problème.
Phalanges grévistes contre milices du travail ?
Par Honorgate
, le 28 Jul 2007 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
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Ce mois de juillet, qui en est un malgré un tour de France sous cathéters, est le théâtre d'un débat bien français : pour ou contre le service minimum. Car chez nous, on se pose encore la question, malgré notre histoire. Ces enfants morts sous les balles de l'état lors des manifestations de Fourmies seraient donc un vain sacrifice ?
Permettez-moi pour l'occasion d'utiliser une coupure de forum, les vacances que voulez-vous !
Le principe du service minimum, c'est une restriction du droit de grève. J'admets (eh oui) que ce droit soit restreint voire annulé en cas de force majeure cad quand l'élément vital est en jeu. Ca concerne les hopitaux et l'armée par exemple...
Mais les transports en commun ne me semble pas etre un élément vital. Important, c'est sur. Mais vital, non. On ne meurt pas d'une absence de bus. On est très ennuyé.
La proposition de service minimum dans les transports fait peser la responsabilité du conflit social sur les seuls salariés. Les patrons n'ont jamais tort. Seuls les employés sont pénibles et "irréalistes". Hors, pour qu'il y ait dialogue social, il faut qu'il y ait deux parties en présence. Que les deux acceptent la discussion. Il vaut mieux donc améliorer le dialogue social, mettre en place des systèmes de prévention des conflits, avoir une politique sociale juste et équitable.
Exactement. Car comment concilier celui qui fait grève (et qui n'est pas payé - déjà qu'il touche peu en salaire plein, donc la grève, le gars, il ne la fait pas pour vous contrarier dans votre petite vie - ) et celui qui ne la fait pas ?
Vous aller mettre des milices anti-grévistes, et des phalanges grévistes les unes en face des autres ?
Et celui qui fait grève, quelle chance aura t-il de rester dans l'entreprise, alors que son vertueux camarade aura décider, pour deux sous de plus, d'aller travailler pendant que les patrons se frottent les mains ?
Je suis très curieux de voir comment la très grande majorité des français va se faire bien escroquer sous couvert de la tranquillité, du droit au travail, de la sécurité, du gagner plus et de je ne sais pas quoi d'autre...
Lorsque l'on parcours un peu les forums du Premier Ministre, et constatez comme moi à quel point les gens ne réfléchissent qu'à travers des slogans de lessive en poudre. Les combats du passé, pour lesquels des gens sont morts, et des enfants, afin que le travail ne soit pas le purgatoire des modestes pour le paradis des nantis, sont déjà oubliés, balayés par cette certitude qu'une vie d'automate vaut mieux qu'une vie de tempérance.
C'est à vous dégoûter de l'espèce humaine. Mais heureusement que quelques uns gardent l'esprit clair.
Et la ministre du budget de citer Confucius : "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.", devant l'assemblée nationale, devant les représentants des français - qui tous travaillent comme ils l'entendent bien entendu. C'est dommage qu'elle n'ait pas eu l'idée de citer également du même homme : "le travail est à l'homme ce que la cage est au tigre"!
Toujours dans ce débat, la tentation est forte de taxer l'autre de responsable. Vous savez, c'est ce principe nauséabond, qui consiste à élever une catégorie au statut de bouc émissaire. C'est la faute de ... lorsque ce ne sont pas les étrangers, il faut chercher ailleurs. Ainsi ai-je pu lire dans les forums du Premier Ministre :
Ce sont juste les faits qui montrent que quand on demande aux francais des efforts, ce sont toujours les salariés du prive qui trinquent et ensuite on a toujours un conflit social pour appliquer les memes reformes dans le public. [...] Un peu de solidarite de la part du secteur public vers les travailleurs du privé, en adoptant un service minimum, pour une fois ca ferait du bien.
J’adore lorsqu’on tente de résoudre un problème en montrant du doigt un corps de métier ou une catégorie sociale. Quel bien étrange réflexe. A part créer de la haine ou de la peur (ce qui revient au même), je ne vois pas trop comment cela pourrait faire avancer quoique ce soit.
Surtout lorsqu’on navigue dans le mythe.
Car tout de même, je vous rappelle que les fonctionnaires oeuvrent pour les autres, que leur rénumération est inférieure, largement, à l’équivalent dans le privé, que pour certains corps de métier dont leur caisse de retraite est bénéficiaire, ces derniers du coup cotisent pour le privé (mais ça on l’oublie), que l’entrée dans la fonction publique est ouverte à tous sur concours - la réciproque n’est pas vraie.
Il est bon aussi de raconter que certains fonctionnaires n’ont pas vu leur salaire réévalué depuis 20 ans, qu’ils n’ont pas tous le droit de grève, et que certains sont corvéables à merci. Malgré les 35 heures.
Ainsi, il est bon d’être prudent dans sa haine de l’autre. Car souvent, on ignore l’essentiel des paramètres. Sans compter qu’humainement, dire que ce qui m’arrive c’est de la faute des autres, est pitoyable.
C’est toujours pitoyable, car qu’est ce qu’à l’autre qui puisse vous manquer ? Si vous pensez ainsi, c’est que vous estimez qu’il vous manque ce que votre voisin a. Pensez-vous vraiment que de mettre "les autres" au placard, va notablement améliorer votre vie ? Et si c’était le cas, pensez-vous vraiment que cela soit juste ?
Quant au droit de grève, des hommes sont morts afin que votre quotidien professionnel soit assez confortable. Les grèves n’ont pas d’autre but que d’améliorer un environnement professionnel, qui sert certes, les intérêts immédiats, mais aussi à venir. C’est comme cela que l’on construit une société qui progresse, et non sous le régime de la spoliation au profit des plus forts.
L'homme domestiqué
Par Honorgate
, le 8 Déc 2006 | Dans Vu de Face, A Vue de Nez |
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De la culture de la classe moyenne.

Il semblerait que la classe moyenne[1] en France représente 50% des français. Avec un salaire net mensuel moyen de 1900€. Cette classe de population serait en pleine crise.[2] La question que je me pose est donc la suivante: qu'est-ce qui justifierait un mal être chez ces français qui ont au moins une voiture, un toit et de quoi rester en bonne santé ?
Vous ne trouverez aucune réponse scientifique à cette question. D'abord parce que ce qui intéresse les chercheurs, ce sont les minorités (et c'est là un grand mystère), ensuite parce que je pense que c'est davantage du domaine de la psychologie (particulière sans doute mais surtout collégiale). En observant, sans concession, notre monde, comme j'ai pu déjà le dire ici, on s'aperçoit que celui-çi n'existe que parce que l'homme l'achète. Sans quoi, vous comme moi, pourrions vite croire qu'il n'existe rien, ou en tous cas, nous ne serions qu'en faire. Pêche, chasse et cueillette sont d'un autre temps. Tentons l'expérience, nous trouverions vite des chasseurs, des pêcheurs ou des "cueilleurs" qui en feront plus que nécessaire, afin d'ouvrir un commerce. Et tout recommencerait.
Ainsi, ce monde construit, élaboré et acheté, ne peut évoluer que si l'on entretien le besoin. Vous voilà alors en train de regarder ces pubs à la télé ou dans votre magasine préféré. Et l'envie de se rappeler à vous. Il faut donc plus pour exister ! Il ne suffit pas se contenter d'une vague télé, même si elle marche parfaitement, mais plutôt de prendre ce bel écran plasma, combien même il serait beaucoup trop grand pour la pièce à laquelle il était destiné. Et si vous pensez que ce n'est pas utile, le travail fait en amont sur vos enfants, achèvera définitivement votre comportement consumériste.
La domestication de la classe moyenne, se fait donc à tous les niveaux, familial, professionnel (contentez vous de travailler juste ce qu'il faut, vous aurez des surprises ... ou en tous cas vous ne serez pas augmentés), et enfin à un troisième niveau inquantifiable, celui du brouhaha intellectuel. Cette rumeur persuasive, qui vous calibre le bonheur.
Ne tentez pas d'imaginer le vôtre, "les autres" travaillent pour vous. Et qui travaille pour eux ? L'appât du gain bien entendu !
La classe moyenne a le spleen parce que ceux qui sont au dessus, qui ne sont pas nécessairement plus heureux, dépensent davantage, et imposent le standard du confort, de la réussite, de la belle vie.
Cet exemple apparaît ainsi comme dévaluant. Son ignorance rétablirait le juste standard du bonheur, celui de pouvoir acquérir simplement de quoi manger, de quoi se déplacer et de se loger. Ce dernier impératif n'est aujourd'hui même plus possible, car ceux d'en haut, s'amusent en spéculant sur l'immobilier. Ils s'enrichissent en faisant payer davantage ceux qui cherchent l'accession à la propriété. Et les gens des classes moyennes n'ont plus qu'à se désespérer des prix incroyables! Pour se déplacer, ce fut d'abord un luxe [3], puis dans les années 70-80 cela devînt accessible à tout le monde. Mais notre système étant ce qu'il est, la voiture voit son prix doubler en moins de 30 ans. Souvenez-vous de la R5 d'antan, et achetez maintenant une Clio! Reste enfin l'impératif de se nourrir. Oubliez le restaurant, c'est un luxe, et achetez-vous des produits frais. Avec un prix au kilo qui à plus que doublé en 20 ans, les fruits se feront rares sur votre table. Quant au reste de l'alimentation, beaucoup d'entre-nous devrons se satisfaire de produits élaborés, cuisinés pour nous, au prix absolument prohibitif, qui fera du budget alimentation le premier budget du foyer. De toutes manières si vous mangez beaucoup et à faible coût, vous allez prendre du poids, et comme cela sort du standard du bonheur élaboré par "les autres", vous devrez faire un régime déprimant puis coûteux. Tout en étant déprimé, vous vous réfugirez alors dans les fringues, et dépenserez une fortune en bouts de tissus, que "les autres" s'empresseront de démoder l'année suivante.
Diable, on ne s'en sort pas! Ben non, pas ainsi.
Avec cette logique de la maîtrise de l'envie dans les trois domaines clés d'une vie ordinaire, l'unique alternative devrait être la lucidité, la tempérance et l'indépendance intellectuelle. Mais pour cela, il faudrait que tout le monde s'y mette. L'homme ne vit pas seul en société, même s'il le voudrait, sa volonté n'est jamais à toute épreuve et son apprentissage délicat. Pourtant, un peu de lucidité serait un excellent début, et de meilleure augure pour nos enfants. Certains en ont, heureusement, et ils nous le disent, charge à nous de les entendre et de fuir les imitations du bonheur [4].
___________________
[1] Il n'existe pas de définition standard de la classe moyenne. Voyez ce document de Louis Chauvel, Sociologue, Professeur à l’IEP de Paris, membre de l’Observatoire du Changement Social.
[2] In Le Nouvel Obs daté du 8 décembre 2006.
Un article sur les classes moyennes dans Le Monde Diplomatique.
[3] C'est alors l'effet de la nouveauté, du manque de concurrence, de demande et ainsi d'une faible production. Un coût alors tout à fait logique.
[4] La dernière imitation en date, le low cost. Plutôt que de reconsidérer nos repères, on les tronque, on imite, mais on ne règle rien.
Une application du capitalisme
Par Honorgate
, le 7 Aoû 2006 | Dans Vues politiques |
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Le système capitalisme tel qu'il est appliqué encore actuellement demeure spoliateur. Il ne créé pas de richesse puisque la précarité se développe. Ainsi on ne peut parler d'un système bénéfique s'il ne profite qu'à une fraction de la population.
Bien qu'il soit au bord de l'asphyxie, nous n'avons cependant pas encore trouvé mieux comme système: déficit commercial américain abyssal, 180 millions d'euros qui partent dans le capital en France par an. Selon l'INSEE (2004) la part des salaires dans le PIB a baissé de 11% en vingt ans. [1]
Or pour que ce système soit viable, il faut consommer. Cela signifie donc directement que pour cela il faut avoir un salaire. Donc du travail, et qui plus est suffisamment bien payé. Plutôt que de se focaliser sur la croissance ne vaudrait-il mieux pas se focaliser sur le chômage ?
Ce n'est donc pas dans un pays de plus de 2 millions de chômeurs (officiels), 5 millions de précaires (plus rigoureusement) [2], et dans lequel la productivité par travailleur est la plus élevée au monde [3], que l'on va pouvoir développer le capitalisme pour le profit de tous. Cependant les déclartions récentes de M. de Villepin, premier ministre français, sont consternantes [4] :
un ambitieux objectif pour le chômage, descendre sous la barre des deux millions !
Mais monsieur le premier ministre, ce qui est ambitieux ce n'est pas de mentir ou d'ajouter des sparadraps là où vous pouvez, c'est d'agir ! Et les chiffres en eux mêmes ne signifient rien s'il n'est pas donné aux citoyens un emploi serein.
La solution réside dans la division du temps de travail [5]. Avec les mains, l'équation est simple : le travail pour tous n'est possible que s'il est réparti entre toute la population active. Cela s'accompagne par une volonté sans faille de payer correctement les employés. Pourtant il faudrait que cela reste compatible avec les impératifs de rentabilité d'une société, afin qu'elle soit pérenne. Il n'est pas question de sacrifier la logique économique pour une autre logique sociale.
Plutôt que de déployer des fortunes à subventionner la précarité (RMI, chômage, etc...) autant injecter ces fonds qui pourraient devenir à terme inutiles pour alléger la masse salariale des entreprises [6]. Ensuite, c'est le principe des vases communiquants. Plus de salaires, pas trop bas, donc plus de consommation, donc plus de produits à vendre, donc hausse des profits pour les entreprises.
Certes l'application n'est pas aussi limpide, mais avec une volonté politique forte, des études au cas par cas permettraient d'aboutir à ce processus. Qui ne tente rien n'a rien. La semaine de 4 jours existe déjà dans plus de 400 PME en France, et ça marche. Pourquoi ne pas s'inspirer de leur savoir faire ?
Il est possible se convaincre que le système actuel n'est pas une solution viable à terme. Tout au plus est-ce une rustine. L'ultra libéralisme signe la mort du capitalisme [7]. L'avenir de notre civilisation ne sera pas assuré par l'entretien d'une élite, mais bien par la répartition de la richesse. On ne peut pas envisager de régler systématiquement tous nos problèmes soit par des guerres, soit par des révolutions. On gagnerait du temps à utiliser notre courage, notre intelligent courage, à chercher des solutions, les plus humaines possible et à réfuter le culte de la peur permanente. En cela notre technologie ne nous sera d'aucune utilité - telle que nous la pensons actuellement - à moins de vouloir transformer notre société en une agora d'automates. Cela ne tient qu'à nous, et l'exemple pratique de la ruche devrait nous inspirer: trop de soldats ne nourrit pas les larves, trop d'ouvrières fragilise la ruche, trop de reines n'aboutit qu'à sa disparition.
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[1] Voir aussi les chiffres de l'OCDE, et INSEE
[2] les 8 catégories du chômage, source INSEE
[3] chiffres INSEE : Productivité horaire du travail par branche (Évolution en %)
[4] Article du Monde.fr du 28-07-2006
[5] Les 32 heures ou la semaine à 4 jours seraient une solution politiquement courageuse et efficace - Au contraire des 35h mal appliquées. La division du temps de travail ne peut servir que si c'est appliqué avec conviction et systématiquement.
[6] Les fonds de l'UNEDIC pourraient servir davantage à l'embauche réelle qu'aux salaires virtuels de personnes ne travaillant pas ...
[7] Voir l'exemple de la libéralisation de l'énergie aux USA (Californie) - Ou encore l'exemple récent avec les numéros de renseignement en France.
Une analyse technique de l'environnement du travail en France(OCDE). Cela montre si besoin en était, que la solution ne peut pas être simple, qu'elle est globale et que cela commence de toutes manières par une volonté politique plus que forte.
Coup de grisou sur les 35 heures.
Par Honorgate
, le 1 Fév 2005 | Dans Vu de Près |
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Faut travailler ! Et plus encore, car ça coûte moins cher.
Manifestement cela a toujours défrisé les comptables d'abandonner les mines de charbon. Sommes nous allé trop vite vers une réduction de la labeur?
Ben oui, sinon pourquoi travailler plus ? Ce n'est pas pour vous faire gagner plus d'argent. Non, car tout le monde n'est pas consultant dans une société d'audit. Ni commercial tenu par des résultats.
Il fut un temps où l'on travaillait 85 heures. Ça ne choquait personne car les temps étaient rudes. Et cela limitait nos efforts d'adaptations. L'homme se pliait aux exigences de la rude vie.
On a tenté à un moment donné de considérer cela sous un autre angle. Mais là, les comptables, dont leur sang n'est composé que de paillettes d'or et leurs yeux de diamants, ont estimés que cela était une hérésie. Voire.
Sans doute pour une PME, dont le patron ne toucherait pas 1000 fois le salaire de ses ouvriers, cela n'était pas sans énormes problèmes. Je ne nie pas qu’une loi trop rigide ne laisse pas suffisamment d’alternatives aux patrons.
Oui, mais l'idée n'était pas dans la gestion du porte monnaie. Bien davantage dans la gestion de notre mode de vie. Un concept, une sorte d’idéal à atteindre, au fil des générations.
N'est-ce pas étrange que de vouloir sacrifier sur l'autel de la rentabilité, un mode de vie orienté vers l'épanouissement plutôt que vers le labeur ?
Et pourquoi ne pas choisir son rythme de travail ? Pourquoi ne pas imposer un minimum acceptable, tiens aller 35 heures par exemple, histoire de calmer les hyènes de l'économie.
C'est ce qu'ils nous disent aujourd'hui. Travaillerons plus ceux qui veulent gagner plus.
Ah ? Comme ça, à chaque changement de couleur politique on s’amuse au yoyo ?
C'est drôle, mais j'ai beau faire, plus je travaille, et moins je vois des chiffres s'ajouter sur ma feuille de salaire. C'est relatif certes, mais suis-je le seul en France dans ce cas ?
Certes non puisque j'ai au moins 100000 collègues. Qui eux aussi, ont beau faire, ça ne change rien. Et jouer au yoyo n’a jamais aidé personne au quotidien.
Non mais, ils se foutent vraiment de nous. Ah non, pardon, nous ne percevons pas tous les tenants et les aboutissants (ils adorent cette phrase).





