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Pamphlet Olympique
Par Honorgate
, le 2 Avr 2008 | Dans Vu de Face |
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Pour quelques euros et des milliards de chinois
Voilà un sujet qui me tient à coeur depuis longtemps. Je fus assidu lorsque j'étais plus jeune à la parade sportive olympique. L'objet de ce papier est de constater sommairement en quoi les JO (Jeux Olympiques) peuvent être une honte pour l'éthique, pourquoi le boycott n'est pas totalement absurde, et comment le sport selon Pierre de Coubertin devint le sport selon Wall Street.
Je regrette de ne pas dorer davantage le temple des sportifs de haut niveau. Je sais combien c'est important dans une carrière, et comme la quinzaine olympique est certainement un moment inoubliable dans une vie. Je sais aussi que lorsque vous allez participer aux JO, vous y allez essentiellement pour vous, et non pour votre pays ou je ne sais quelle cause. La quasi intégralité des sportifs qui sont allés aux JO, n'ont pas eu pour objectif autre chose que leur propre ambition. En cela ce n'est pas tout à fait critiquable. Ce qu'il l'est en revanche, c'est l'illusion qu'autre chose accompagne cette carrière. Car je ne connais pas d'applications concrètes et pour un grand nombre de personnes, d'une médaille aux jeux. Tout ce que je sais, c'est que cela engendre satisfaction et business pour une personne. Et si une médaille permet de faciliter une reconversion, il n'est pas évident qu'elle créée de la richesse à partager (pour parler comme un capitaliste).
Ce qui est également agaçant c'est d'assister à ce qui devient une grande kermesse. Pour être allé aux JO, je me souviens de ces parcs olympiques où tout était calibré: vous ne pouviez manger ou boire que des sponsors, vous ne pouviez parler que des sponsors, vous ne voyez que des sponsors, et vaguement les sportifs au loin, au fond de l'arène. Pire, on pouvait même savoir qui allait avoir la médaille d'or lorsque des juges devaient le décider, bref vous êtiez sponrosisés. Etrange idée de détente ou de liberté.
Cela me rappelle du coup un passage dans la Bible, à propos des vendeurs du temple. Bref, d'un rendez-vous un peu organisé de sportifs, nous sommes aujourd'hui dans un gigantesque péplum dans lequel les uns évoluent plus ou moins honnêtement pour décrocher une médaille, les autres s'en servent comme plate forme de revendications, d'autres encore pour construire un business colossal. Dans cette diversité, il existe pourtant un trait commun : le mensonge.
Mensonge d'un record du monde, mensonge sur les objectifs de l'organisation, mensonges sur l'amateurisme, mensonges sur les moyens soit disant utiles à déployer, mensonges sur les objectifs réels d'une olympiade et mensonges enfin sur les retombées effectives.
Le sport et l'homme
Par Honorgate
, le 11 Jul 2006 | Dans Vu de Près |
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Rares sont les occasions pour moi de me laisser aller à l'observation écrite d'un événement actuel. Pourtant l'issue de la Coupe du Monde de football 2006 ne peut me laisser indifférent.
Le constat de la chute d 'un concept de dieu vivant d'une part, mais aussi un sentiment profond d'injustice, font que finalement, le football n'est pas aussi inintéressant que cela.
L'expression de la liesse populaire lors de la victoire d'un match est pour moi incompréhensible. Je ne vois pas comment quelque chose qui ne concerne pas concrètement 99.99% de la population puisse influer à ce point sur le moral, ou sur le comportement d'un quotidien parfois difficile. Pourtant cette finale 2006 prend une tournure exclusivement humaine, et du coup acquiert un intérêt tout particulier.
Zidane est paraît-il le plus grand champion de football de ces 20 dernières années. Une référence française dans tous les sports, dans toute sa dimension d'homme. Dimension pourtant si facilement corrompue par un public charmé qui en a fait alors une légende de son vivant. Lorsqu' on est une légende, on risque de perdre sa condition d'être humain. L'homme transcendé, l'homme modifié. Et il suffit d'un geste, pour qu'au bout du compte, l'on reste abasourdi plus par la perte d'une star, que l'absence pour au moins 4 ans d'une seconde étoile sur un maillot national.
Et comment en vouloir à Zidane de n'être qu'un homme ? Comment en vouloir, d'autant que ce rappel à l'ordre des choses semble injuste. Des caméras attentives au geste du français, et timides sur les multiples gestes de l'homme qui a poussé la légende à retrouver son statut fatal. Les sifflets qui accompagneront ensuite l'Italie ne sont pas le fruit du hasard et rappelleront aux journalistes ce qu'il en était, feront office de micros, témoins absents des paroles déshonorantes d'un italien.
C'est alors le moment de se pencher sur la tentation de vouloir donner à l'arbitrage des moyens d'inquisition vidéo. Non ! Mille fois non ! L'homme ne peut pas sacrifier le mythe sportif à un tout big-brother. Quelle tendance ! Etrange société que ne croit que ce qu'elle voit a posteriori, qui croit davantage en la technique qu'à l'homme ! A t-il fallu le sacrifice de Zidane pour cela ?
La FIFA ferait mieux de se limiter à un rôle d'humains : faire cesser le théâtre des bousculades fantômes, être vigilant sur les bras musclés dans la surface de réparation, et apprendre aux joueurs la courtoisie.
Drôle de société qui par des gestes humains, cherche à se déshumaniser.
Alors humanisons ! Ajoutons des arbitres sur le terrain, des assesseurs, plaçons au moins 6 arbitres sur la ligne de touche et retirons les vidéos qui n'ont rien à voir avec nous. Rendons aux hommes leur statut, laissons Zidane avec son propre malheur et félicitons le pour son génie qui n'appartient qu'à lui. Félicitons les Italiens pour leur victoire, mais sifflons ces acteurs de théâtre de rue qui oublient qu'une victoire peut s'acquérir aussi avec classe. Le rouge devrait aller aux menteurs plutôt qu'aux intègres.
C'est du coup pour nous sans doute l'occasion de nous rappeler que le sport est aussi composé de chance, et qu'il n'est là que pour nous divertir, et non pour nous guider, et qu'il ne suffit pas à sacrifier notre simple mais essentielle condition humaine. Et c'est en cela, qu'une équipe devient le centre d'intérêts de ses pairs.
Plus prosaïquement, une défaite de l'équipe de France qui laisse en goût amer d'injustice. Un fardeau de malchance, la plaie de la tricherie, en tous cas du manque de classe. Aux jeunes joueurs désormais de relever le défi, et de rapporter dans quatre ans, ce qui n'aurait pas dû échapper à leurs aînés. Le sport dans toute sa splendeur et Zidane un être aimé, simplement.
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Et puisque les images guident nos sentiments ...
Le foot selon l'Italie
Le foot selon celui qui a offert le carton rouge à Zidane
Le foot selon Zidane
Le Dakar, l’Asie ou l’émotion sélective.
Par Honorgate
, le 16 Jan 2005 | Dans Vu de Près |
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Malheurs choisis
L’actualité est en ce moment des plus écœurantes. Le malheur frappe partout, et l’homme ne peut s’empêcher de réagir de la manière la plus désolante qui soit.
Donnez ce que vous voulez pour l’Asie. Parfait. Et le reste du monde ? Pensez-vous que cela aille beaucoup mieux en Afrique, ou en bas de chez vous ? Le sans abri que vous croisez quotidiennement, accapare t-il autant vos émotions?
Ah, lorsque la mort frappe l’homme par le truchement de la nature cela ne nous est pas acceptable. En revanche lorsqu’en Bosnie, à la porte de l’Europe, l’on s’entredéchirait, les statistiques chères à nos journalistes étaient équivalentes, cela nous semblait peu important. L’homme peut se tuer lui-même, mais voilà bien un privilège qu’il ne saurait partager avec quiconque. Quel manque d’humilité. Et nous qui pensions que nous étions au dessus de tout. Ben non.
La mort d’un motard sur le Dakar le place en revanche sur un piédestal émotionnel, aux dépends de l’enfant anonyme qui se fait écraser chez lui. Cela ne nécessite ni ruban noir, ni gros plans de larmes, entre deux sponsors. Honteux. Mais ils ont choisis leurs morts eux aussi. Le désert plus fort que la machine surpasse la machine plus lourde que l’homme.
Un beau résumé de nos errances. Alors pardonnez ma révolte contre la compétition du Dakar et les multiples invitations aux dons. Pardonnez mes émotions différentes des vôtres. L’enfant dans son désert et le sans abri près de chez moi.
L'esprit sportif
Par Honorgate
, le 16 Nov 2004 | Dans Vu de Près |
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Reconsidérer l'esprit sportif
Je regrette mais je ne fais pas partie de ceux qui encensent l'esprit de compétition. Je pense de fait qu'il est antagoniste aux progrès de l'esprit humain. Pour illustrer mon propos, je vous livre une parabole.
Un groupe d'hommes et de femmes le groupe ALPHA décident de jouer ensemble à un jeu.
Afin d'organiser la partie, des règles du jeu sont dictées, et un arbitre, l'initiateur du jeu, et mis en place.
Tout le monde décide de jouer, ainsi les règles sont acceptées.
La partie commence, le jeu est plaisant.
Un autre groupe d'hommes et de femmes, le groupe BRAVO, ailleurs, décident eux-aussi de jouer à ce jeu. Cependant, ils décident, par manque d'expérience ou par une volonté de liberté absolue, de ne pas instaurer de règles du jeu.
La partie commence, le jeu est plaisant.
Quelques personnes se joignent au groupe ALPHA, leur acceuil est naturel, ils s'intègrent bien dans la partie.
D'autres personnes rejoigent également le groupe BRAVO, leur adaptation est immédiate puisqu'il n'y a pas de règles.
Rapidement le jeu prend une forme inattendue. Tous persistent à jouer, car après tout il n'y a pas de raison.
Des éléments extérieurs viennent perturber le jeu, des éléments incontrôlés, mais il n'en est pas question puisque de toutes manières, ici on est libre.
Ces éléments sont finalement subversifs, et la tendance du jeu tend à briser la notion de groupe pourtant nécessaire à la cohérence du jeu.
Le consensus se fait donc naturellement vers l'arrêt du jeu.
Dans le groupe ALPHA, une même tendance survient. Mais là les règles sont claires. Il y a une mise sur la touche, afin de conserver la cohérence du jeu. Cette mise sur la touche est acceptée, car c'est dans l'esprit du jeu, c'est l'esprit sportif. Un peu de droiture après tout permet aux autres joueurs de poursuivre leur plaisir. Ceux-ci néanmoins réfléchissent aux origines du débordement, sans que le jeu ne s'en trouve affecté.
Le joueur mis sur la touche retrouve naturellement sa place après le temps nécessaire afin que je jeu retrouve son rythme idéal.
(à suivre)
L'esprit sportif ...
... ça vous dit quelque chose ?
Des jeux à tout prix
Par Honorgate
, le 19 Oct 2004 | Dans Vu de Face |
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Alors que l'on entend tout le bien qu'a procuré les JO d'Athènes aux portefeuilles des médias, ce volontaire d'Athènes 2004 résume bien l'idée que l'on devrait se faire des jeux Olympiques.
C’est le plus gros budget jamais dépensé par l’état grec depuis sa création. Une somme sans commune mesure avec les moyens de ce pays de moins de 12 millions d’habitants.
Il fallait que ces jeux reviennent aux sources. Une dimension humaine prétendaient-ils. On ne sait pas trop pourquoi du reste. Sans doute espéraient-ils des retombées particulières d’un évènement que certains qualifient de magique ?
Ainsi ce volontaire plein d’entrain, ce n’est pas l’homme qui nous intéresse mais bien sa fonction, exhorte les foules à supporter avec bruit voire fureur un compatriote. Il courait sans doute pour les couleurs du pays. Ah bon ? Ce n’est pas plutôt pour lui ? A priori ses congénères ne gagnerons rien d’une éventuelle médaille. Mais non, n'y pensons pas, il faut que ce soit la fête ! Coûte que coûte. C’est la charte olympique qui le prévoit !
Non mais à quoi avons-nous affaire là ? Des jeux du cirque pour occuper des désoeuvrés. Un moyen de canaliser l’émotion collective, histoire qu’elle ne serve pas à autre chose ?
Du sport par tous les moyens, un endettement d’état pour quelques temps (Albertville paye encore les siens), des licences dans les différents sports qui augmentent pour nous sportifs du dimanche.
Et tout ça pour quoi ? Pour une illusion de fraternité, de sportivité, de dépassement de soi, une ode à la force de l’homme et aux drapeaux rassemblés autour d'une cause commune.
Mais sans argent, sans dopage, et avec les massacres des guerres, ça devient quoi ça ?
L'intelligence peut-elle se priver du physique ?
Par Honorgate
, le 16 Oct 2004 | Dans Vu de Près |
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D'une observation distraite et d'un constat trop immédiat, je me demandais l'autre jour sur la plage (ben oui en plein automne !) si ces hommes s'exhibant devant des hypothétiques admiratrices sont aussi brillants que leur volume musculaire.
Non parce que c'est rassurant tout de même, ils ont eu le courage eux de faire de la gonflette. (N'allez pas me faire croire que c'est naturel). Mais toute la question est de savoir si cet acte de mutilation volontaire (ça gonfle) tient lieu de thérapie, ou de réelle nécessité. En d'autres termes, en admettant qu'untel soit intelligent (au sens commun ... si cela signifie quelque chose) le fait qu'il en soit persuadé l'autorise t-il à se passer d'entretenir son physique ?
En fait cela revient à se demander si le bonhomme pas franchement avenant là-bas, voire bougrement disgracieux, se contente de son assise sociale, parce que monsieur est un requin des finances, ou un intellectuel (aïe) reconnu et admiré. Du reste toutes les femmes clignent des yeux pour lui - uniquement lorsqu'il revêt son costume de grand prix. Oui parce qui là ce n'est pas brillant. Hors de son contexte d'évolution, ça change !


