Tags: société
Foutoir médiatique, liberté immédiate
Par Honorgate
, le 3 Jul 2008 | Dans Vu de Près |
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Notre liberté quotidienne devient symbolique.
Mme Bétancourt - car c'est de cela qu'il s'agit, dès sa libération par des militaires colombiens, a remercié le peuple de Colombie, les dirigeants colombiens, et le tout sur les télévisions colombiennes, en espagnol.
A priori, les tracas des français ne se retrouvent pas là.
Au delà de l'évidente humanité que l'on peut avoir dans ces moments là, je suis stupéfait de l'exploitation de cet évènement, car je ne le comprends pas. Souffrez alors que j' expose sommairement une vision un tout petit peu différente du fracas médiatique que cela a généré. Illustration Karem Beyit
Ne sommes nous pas dans le mode de la pensée unique ? En effet, on vous classe l'émotion dans des petites cases toutes prêtes. Cela ne serait-il pas bien pratique afin de masquer les réels problèmes de tous les français ?
Bétancourt c'est le truc qui permet d'éviter de parler de tout le reste. Du pain béni pour la presse qui n'ose plus poser les bonnes questions à ceux qui ont la charge du pays.
Bétancourt est tout de même bien une affaire colombienne, qui ne manque pas d'intérêt. Et c'est pour cela que je gage que l'icône qui naît de ce cirque ne soit qu'un feu de paille qui n'aurait pas d'autre objectif que l'injection d'opium dans le pathos populaire.
Ce n'est pas comme si notre société était dans un état de grâce contemplative. On est loin de l'apaisement, les problèmes sont légions, et je ne crois pas que cela cesse de sitôt.
Un citoyen français aujourd'hui
Par Honorgate
, le 11 Jun 2008 | Dans Vu de Face |
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Être français est quelque chose dont on peut être fier. Je suis fier d'être français. Pourtant si je tente de m'intéresser vaguement à la vie de mon pays et des orientations prises par la représentation nationale - ce qui me concerne, mais aussi mes enfants - je reste sceptique, et pourquoi pas affolé.
Illustration Grzegorz Kmin
J'ai appris en effet que les dépenses de l'Elysée ont augmentées de plus de 8% cette année. Ce n'est pas nécessairement scandaleux, c'est sans doute assez peu intéressant, mais cela me consterne car je ne peux m'empêcher de juxtaposer à cela le discours officiel.
Ainsi, en tant que bon citoyen je devrais me serrer la ceinture, accepter une logique de reprise économique qui passe par des prétentions modérées. Je ne devrais pas exiger de l'état qu'il pourvoit à ma maladie [1], je devrais être certain que je ne suis pas au chômage parce que je le veux bien [2], et si j'ai un travail, je dois prévoir d'en faire au moins deux, car un seul me ferait moins gagner d'argent que d'être RMiste [3]. Si j'étais un bon citoyen je devrais également accepter de travailler sans compter mes heures, même si je ne suis pas payé davantage, ou alors simplement en discours officiel qui prétend le contraire, je devrais accepter de travailler plus longtemps car être senior c'est un poids pour le pays, je devrais enfin accepter cette petite retraite, car vous comprenez, ça coûte trop cher et ce n'est pas compatible avec la logique du business. Du coup je ne comprendrais pas non plus pourquoi ma retraite vaudrait infiniment moins qu'un autre qui fût lui grand patron.[4]
Reconstruction socialiste mythe ou réalité ?
Par Honorgate
, le 6 Mai 2008 | Dans Vues politiques |
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Il n'est plus possible en ce moment d'associer le nom de PS[1] à autre chose que la reconstruction. C'est pittoresque. Pendant qu'un président de la République disperse un ciment national sur de multiples terrains de joutes, en mêlant joyeusement la religion à la république, en transposant l'action politique vers la théorie du pur débat et de la personnalisation de la fonction présidentielle, en compromettant l'avenir en singularisant l'immigration - offrant ainsi un puit à l'opposition - les socialistes ne pensent qu'à restructurer. Comme si les fondamentaux n'existaient plus ou étaient à inventer.Photo Tim Flach
Ainsi le congrès du Parti Socialiste à venir est-il incontestablement l'enjeu d'objectifs personnels[2]. Certains ont le sentiment qu'il faut avancer de manière collégiale novatrice (voir par exemple le site du Congrès utile et serein du PS - mouvance S.Royal), d'autres avancent en fonction de leurs propres objectifs.
Nous avons par exemple pu entendre et voir Mr Manuel Valls à loisirs vendre son dernier livre (Pour en finir avec le vieux socialisme et être enfin de gauche, Robert Laffont).
Le discours de Mr Valls est pourtant exactement ce que je n'ai pas envie d'entendre d'une force politique qui tente de répondre à des attentes citoyennes républicaines, c'est à dire au plus grand nombre.
C'est, j'en ai l'impression tout au moins, la politique de la rustine. "Certes actuellement ce que fait le président avec ses conseillers et accessoirement son gouvernement ne convient pas, nous on propose autre chose, presque pareil, mais mieux".
Mr Valls, certainement plus affûté que moi d'un point de vue politique, semble penser que l'avenir du PS c'est cela. Je pense au contraire que l'avenir se joue dans l'audace. L'audace d'une nouvelle politique qui met l'homme au centre des choses, et place l'argent comme outil pour parvenir à un monde de progrès, équitable.
L'avenir du PS c'est la politique de l'homme pour les hommes, loin, bien loin de la tendance mondiale qui consiste à prendre ex-cathedra ce que nous sortent les économistes diplômés - mais pas les prix Nobel, tiens donc !
Les religions alternatives
Par Honorgate
, le 24 Mar 2008 | Dans Vu de Face |
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Vases communiquants
Si vous êtes mère ou père de famille, vous ne pourrez sans doute pas éviter de croiser sur le Net des personnes qui comme vous croient en certaines valeurs. Sauf que si pour vous l'honnêteté en est une, pour eux ce serait davantage le Bio, être maman au naturel ou leurs déclinaisons. Et vous le constaterez sans erreur, puisque vos recherches en tant que parent ou futur parent vous conduiront à portage, parentalité douce et respectueuse, co-dodo ...
Les statistiques nationales montrent que les naissances se déroulent bien. Le taux de mortalité infantile reste très faible, et le développement de nos têtes blondes au sein de notre société ne pose pas de problème majeur. Pourtant si on lit ces personnes qui vantent un comportement systématique: - Et comment donc, vous ne faites pas ça, vous? Pourtant c'est ce qu'il y a de mieux !, elles seules sont sur la bonne voie.
Certes, l'alimentation bio a quelques vertus. Pas tant d'un point de vue de qualité chimique finalement - allez me trouver un champ en France ou en Europe parfaitement sain - mais au moins en tant que vecteur de valorisation des petits commerces. Certes mai 68 (vous n'y couperez pas) a permis l'émergence d'un apprentissage plutôt qu'un domptage. Pourtant comment comprendre celles ou ceux qui prônent un art de vivre comme le ferait un gourou d'une secte ou plus simplement le prêtre lors de son sermon ? Parfois, celles qui vous annoncent que leurs choix s'imposent naturellement et devraient également être les vôtres, ne vont plus à l'église, mais ont construit l'autel devant leurs certitudes. La bio-attitude comme une nouvelle religion, voilà ce que vous découvrez !
Le grain et le gain
Par Honorgate
, le 26 Fév 2008 | Dans A Vue de Nez |
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Pourquoi faudra t-il toujours gagner plus pour consommer autant.
L'essentiel dans une vie pourrait être de pouvoir se nourrir, sous un toit avec sa famille. Actuellement, afin d'accomplir notre destinée, nous devons échanger de l'argent contre ces bienfaits indispensables. Le fait est que personne n'y échappe, et le système ainsi créé nous condamne, humains que nous sommes, à avoir toujours plus.
Ainsi pour les denrées alimentaires, des hommes œuvrent pour nous fournir de quoi nourrir notre famille. Ces hommes sont modernes et dynamiques, ils ont donc créés une entreprise multinationale à coups de rachats et de délocalisations, afin d'obtenir un système le plus rentable possible.
Ces multinationales qui nous vendent de l'eau, des biscuits, des légumes ou des plats tout prêts, font des bénéfices à deux chiffres, tous les ans. Ils continueront.
Ils poursuivront cette logique, car leur unique intérêt n'est plus de nourrir correctement tout le monde en France, mais d'engranger toujours plus de bénéfices. Les hommes à la tête de ce monstre tentaculaire, ont tellement d'argent, qu'ils ne pensent plus à ceux qui n'en n'ont pas. Point par dédain, mais parce qu'ils ne peuvent plus appréhender que cela puisse exister. Dans leur univers, tout le monde est riche, et charge à eux de récupérer le plus possible de cette richesse.
Nous consommateurs moyens qui entretenons ce système, nous sommes donc condamnés à payer toujours plus pour obtenir au moins la même chose. Et si par hasard, nous gagnons davantage, alors on s'empresse de créer un besoin nouveau afin de capter cette nouvelle source d'argent.
La hausse des prix prévue pour 2008, et qui est réelle depuis l'arrivée de l'euro n'en déplaise à l'INSEE, est donc inévitable.[1] L'appât du gain reste le moteur puisqu'à l'origine ce sont des hommes qui en profitent. La vanité. Le culte mercantile. Le goût du challenge censé combler peut-être une mésestime de soi. Voilà ce qui nourrit ce monstre. Et voilà ce qui nous nourrit de plus en plus mal.
Et là où cela devient ridicule, c'est que le gouvernement cautionne ce système, en ignorant que l'augmentation puisse être réelle, en prétextant ne pouvoir rien faire [2], et en imposant sous couvert sanitaire social, de manger au moins cinq fruits et légumes par jour. Comment est-ce possible pour la majorité des ménages français, compte tenu du prix de vente de ces aliments ?
Les grands groupes et la grande distribution ne sont certes pas entièrement responsables de cet état, mais ils sont les instigateurs de la logique de croissance. De toutes manières, les plus forts devraient montrer l'exemple.
La primauté des intérêts
Par Honorgate
, le 3 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
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Ou l'intérêt des primats
Le relais de l'information est actuellement au cœur de beaucoup d'intérêts. Mon intérêt est de trouver de l'information juste, qui m'intéresse, sans trop ponctionner sur mon capital temps de réflexion disponible. L'intérêt de ceux qui fabriquent l'argent, est qu'ils puissent prévoir et agir a propos, efficacement et durablement. Dans cette tourmente, des initiatives nouvelles voient le jour. Le journal en ligne Mediapart participe à cette genèse.
A peine sorti des cerveaux libres et a priori indépendants, le projet Médiapart auquel je crois puisque je suis abonné, est attaqué juridiquement par un puissant groupe de presse franco-belge. Les raisons sont pour nous simples citoyens, complètement fallacieuses, mais les intentions sont conquérantes : récupérer la ligne éditoriale, couper l'herbe sous les pieds de ces journalistes, anéantir toute tentative d'indépendance. Une indépendance qui pourrait déranger, et compliquer la visibilité des intérêts financiers de ceux qui fabriquent l'argent.
Il est à lui seul de toutes manières très intéressant, et révèle s'il le fallait encore, le combat actuel : la lutte de l'homme contre la dictature économique.
En effet, au delà d'une trop simple et obsolète vision de gauche, nous assistons vous comme moi, aux conséquences du diktat économique.
Nous ne savons finalement plus très bien si l'économie est un outil inventé par l'homme pour agrémenter son environnement, ou bien si ce système ainsi créé supplante le libre arbitre pour transformer l'homme en simple esclave.
Ceux qui gagnent avec ce système l'utilisent déraisonnablement à leur profit. Cette absence de tempérance a de multiples visages : une haute finance totalement amorale - nous avons pu entrevoir un des épisodes avec l'affaire du trader d'une grande banque française, une politique exclusivement gestionnaire - on calcule, additionne, comptabilise, enfin, un gouffre béant entre les nantis et les modestes qui a entre autres pour conséquence une systématisation des intérêts oligarchiques aux dépends de l'intérêt commun.
Ce qui nous apparaît étrange, ou négatif, aujourd'hui sera néfaste et catastrophique demain. George Bernanos disait en l'occurence que le pas des mendiants feront trembler le monde. Parce que le monde selon l'homme est ainsi, il faut toujours passer par l'excès pour trouver une nouvelle voie plus raisonnable et également profitable.
Ainsi, je pense que nous sommes aujourd'hui à quelques œuvres du sommet de l'excès. Le combat que mène aujourd'hui l'équipe de Mediapart jalonnera sans doute la route du retour à la raison. Ce n'est pas le seul, ils sont nombreux, même si le problème auquel est confronté Mediapart pourrait être un simple manque de prévoyance.[1] Il nous appartient je crois, à ceux qui n'ont pas d'autres intérêts que d'aimer leur famille et de leur assurer une vie suffisante, de ne pas être indifférent à ces enjeux. Nous ne pouvons pas et ne devons pas laisser à nos enfants un monde gouverné par l'ordre technico-économique. Notre monde est un monde d'hommes égaux gouverné par l'ordre moral et politique. Dans le cas contraire, cela ne me semble pas viable.
Dans cet esprit de lutte, même modeste, c'est toujours mieux en musique...
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[1] Mon point de vue ici repose simplement sur l'idée que le business pourrait avoir raison de tout, même d'initiatives indépendantes et a priori clairvoyantes. Ainsi, le problème auquel est confronté Mediapart, pourrait-il avoir d'autres origines ?
Un article de Versac propose une autre voie. Voire, car je préfère me placer du côté des plus faibles, ça changera. Et ce n'est pas en disant ça que je deviens du coup trotskiste comme ils disent là-bas. De toutes manières dans certains blogs c'est immédiat, dès que vous tentez de faire preuve d'un soupçon d'humanité, vous êtes taxé de trotskiste de bas étage. C'est assez fort.
Cet article de VinZ traite le problème de la même manière.
L'allégorie du sous-marin
Par Honorgate
, le 17 Oct 2007 | Dans Vu d'en Haut, Vues politiques |
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La politique tendance expéditive
Comment expliquer ce que l'on ressent lorsque ceux qui sont aux décisions vous semblent intimement et irrémédiablement prendre des mauvaises décisions? Ces décisions qui ne vous concernent pourtant pas directement, mais qui vous laissent présager des lendemains difficiles.
Et lorsque vous êtes parents, la chose prend alors une tournure quasi-dramatique. Serait-ce alors la parabole qui pourrait m'aider?
J'ai du coup pensé spontanément à comparer les décisions prises par l'équipe Sarkozy et par tous ceux qui nagent dans leur large et remuant sillon, à un sous-marin.
Imaginez la société française comme étant cet engin submersible, conçu pour flotter allègrement lorsque tout va bien, et plonger en protégeant son personnel lorsque les circonstances l'exigent. On comprend bien que lorsqu'un sous-marin plonge, c'est soit pour se protéger, soit pour s'infiltrer, soit pour attaquer. En tous cas c'est dans un contexte d'adversité.
C'est donc sur cette base que nous allons parler de notre sous-marin. En lui même il n'est pas important, mais c'est surtout ce que les hommes feront de lui qui conditionnera tout son intérêt, pour ce qui m'intéresse en tous cas de partager.
Imaginez donc un sous-marin à quai. Pour diverses raisons, et bien que le personnel de bord soit tout à fait qualifié, un homme décide de faire un tout petit trou dans la coque. Cet engin n'a jamais été conçu, ni assemblé, dans l'idée d'avoir un trou, mais cet homme pense qu'il est bon de faire un trou dans la coque. Et comme cet homme là est sage, il en a parlé à son équipe, qui trouve que décidément ce trou dans la coque manquait. Pensez donc, c'est révolutionnaire comme idée, ce trou, ça changera tout de notre avenir à bord de ce bâtiment. Et combien même, il était temps de le moderniser, et ce trou percé avec des outils de pointe, y répond tout à fait.
Bon, c'est ainsi, ils ont fait un trou. Pour nous, c'est idiot. Dans un sous-marin, un trou, ça dépareille et ce qui est sûr, c'est que cela ne le fera pas avancer plus vite.
Ce trou pour lequel le promeneur sur le port n'y peut absolument rien, ne présente finalement aucun inconvénient à quai. En plus, dans leur grand génie, l'équipe qui avait décidé cela, avait pensé à tout, puisqu'une autre équipe de maintenance composée d'experts, est chargée de la surveillance et de l'entretien. Mais si, un trou ça s'entretient ! 
Ainsi, par ce beau jour d'été, la mer calme et l'ambiance diplomatique sereine, notre sous-marin désormais familier et son trou, se portent bien. Pourtant, notre monde fonctionnant ainsi, un jour, le vent tourne, la mer se lève et l'orage gronde. Notre bâtiment appareille en catastrophe devant ces évènements qui n'avaient pas été prévus, avec toute son équipe et nos fameux experts en trous, et s'en va au large déployer ses outils en plongée profonde. Ses outils qui on le voit bien, ne servent que dans l'adversité.
Oui mais le trou est toujours là, lui. Et si en surface au calme tout allait bien, en profondeur c'est bien différent. En effet, la pression qui fait bien son office, appuie précisément avec une force implacable sur le trou. Les lois de la physique nous offre alors leur solution : l'implosion.
Finalement, la société française est comme ce sous-marin. Elle peut tout endurer, dans toutes les circonstances possibles, mais si un jour une équipe de femmes et d'hommes en charge du pays décide de modifier en profondeur la structure complexe du pays, sans prévoir - comment le pourraient-ils, les conséquences de leurs actes, combien même ces modifications soient infimes, les résultats pourraient être catastrophiques. La loi ADN, les lois sur la récidive, sur le statut des fonctionnaires, sur les retraites, les comportements protocolaires exotiques, sont autant de trous qui sans doute avaient un quelconque intérêt, mais dans un contexte très fluctuant sont surtout une faille terrible pour des maux imprévisibles.


