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2009 l'année des emmerdeurs
Par Honorgate
, le 6 Jan 2009 | Dans A Vue de Nez |
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Ressenti instantané d'un homme à qui le temps a pris une année de plus.
Je viens de fermer à la veille du nouvel an un forum de discussion généraliste sur la toile. Et alors ? Me direz-vous. Un de plus ou un de moins, la belle affaire ! Je vous l'accorde, et ce d'autant plus facilement que ce forum qui existait depuis 2002, était généraliste, n'avait aucune prétention, et avait subit des aléas techniques il y a quelques temps qui ont pu décourager les intervenants, qui n'avaient eux, qu'un temps limité de cerveau disponible pour les discussions. Mais je persiste, je viens de fermer un forum et je suis en colère.
Bon et alors, quel rapport avec le titre pourtant alléchant du billet ?
En fait c'est assez simple. Alors que je viens péniblement de passer le cap de la quarantaine, je découvre que pour avoir la paix, ou au moins éviter un ulcère, qu' il faut fermer la gueule des autres, et faire ce que l'on veut chez soi sans regarder personne, avec une armée d'avocats derrière, au cas où un crétin voudrait sauver le monde, sans vous. (Illustration d'origine inconnue)
Tiens donc ?
J'ai mis du temps à comprendre qu'il ne faut pas attendre grand chose des autres (mais les z'autres, pas des proches, pas ceux qui croient en vous, et à qui vous offrez votre indéfectible loyauté), si ce n'est que des emmerdes. Les gens sont en effet particulièrement doués pour emmerder les autres. En fait ils n'ont rien en tête le matin, rien en tête la nuit, pas grand chose la journée, mais dès qu'ils vous croisent, ils jugent qu'il est temps de mettre un terme à cette rencontre pourtant fortuite. Ils vous jugent alors, vous qui avez l'outrecuidance d'être emphatique, comme un être nuisible. Un insecte bruyant, piqueur qui plus est.
Menace imminente ?
Par Honorgate
, le 9 Déc 2008 | Dans Vu de Près |
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Argent, travail et moral en berne.
A l'instar de la Grèce, doit-on craindre une embrasement de la rue, en France ?
Cette question n'est peut-être pas absurde ou mal venue aujourd'hui, alors que nous savons bien qu'en Europe, malgré la sacro sainte main-mise des techniciens de Bruxelles, un cailloux quelque part dans l'engrenage de la machine peut déstabiliser tout l'édifice.
(Illustration de Carioca)
En l'occurrence l'étude même sommaire des évènements grecs, nous apprend qu'il ne faut pas beaucoup pour que la rue se révolte. Si l'on en croit les journaux officiels, ce ne sont que des anarchistes qui sèment le trouble. Si l'on écoute en revanche les témoins directs ou les observateurs neutres, a priori, qui sont sur place, ce serait l'accumulation des cadeaux fiscaux aux banques et patrons, pendant que la plèbe se serre la ceinture, qui exacerberaient la tension sociale. Que ce soit l'exacte vérité ou non, on ne peut nier que le pouvoir grec soit quelque peu sur les nerfs. La promptitude à envoyer la force face aux étudiants montre tout de même, la crainte des officiels qu'un incident puisse dégénérer rapidement.
Il n'y a jamais, lorsque la rue s'exprime violemment, une absence de cause. En Grèce ou en France, les données sont sensiblement les mêmes. En France on a promis à la valetaille plus de revenus, plus de travail, plus de maison, un tas de choses en plus pour vous, et moins pour moi afin que vous puissiez récolter tout ce qui traîne. Ainsi tout ce que je n'aurais plus, car c'était indu, vous l'aurez puisque le gouvernement veille à ce que l'inégalité ne soit qu'en votre faveur. Bel exploit n'est-ce pas ? Et si vous en doutiez, seront jetés en pâture quelques corps de métiers, professeurs, fonctionnaires, ou autres financiers qui auront osé faire sombrer le pays dans "une crise sans précédent".
Rallumer tous les soleils
Par Honorgate
, le 18 Nov 2008 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Le 75 ème congrès du parti socialiste s'est achevé à Reims sur le constat de la division. Cela valait vraiment le coup d'y être, au moins par caméras interposées car nous avons assisté à quelque chose de rare : le choc frontal des contradictions de la vieille garde du parti. C'est du coup l'occasion d'affirmer une nouvelle fois quelques convictions roses.
(Illustration de Kartini)
Lorsque Jacques Julliard dans son édito du Nouvel Obs de la semaine dernière, parlait de stupidité collective sous l'effet de Mme Royal, c'était peu dire. En effet alors que Ségolène Royal achève son discours de clôture du congrès, elle parle de "rallumer tous les soleils". On a vu une salle trembler. Comment, Ségolène se prend vraiment pour une déesse ! Quelle honte ! Vite huons, sifflons !
Sauf que malheureusement, cette phrase est partie intégrante d'un discours de Jean Jaurès [1]. Vous avouerez que c'est assez piquant comme situation.
Voilà en effet une bonne manière de résumer ce qu'est le parti socialiste aujourd'hui. C'est un parti plein d'avenir avec des cerveaux brillants, des militants engagés et remplis d'espoirs, mais qui est torpillé en son sein même, par la peur de l'inconnu. Ou pire encore la peur du remous. Car vu de l'extérieur, tout se passe comme si Mme Royal, Vincent Peillon, Julien Dray, Manuel Valls, Jean-Louis Bianco ou d'autres encore plus talentueux peut-être, risquaient de bouger la vieille garde socialiste bien ancrée dans un dogme qui n'existe pas.
Espoirs et regrets
Par Honorgate
, le 5 Nov 2008 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Une perception française, à chaud, de l'élection américaine de 2008.
Les américains ont su saisir leur chance. Élire à la tête des États Unis un président noir est un pari audacieux pour lequel peu de monde se serait engagé il y a un an.
La chance était à saisir, car après les calamiteuses années Bush, on pouvait soit tenter un sacré changement, au moins symbolique, soit poursuivre dans une voie déjà connue, même si le candidat républicain n'avait rien à voir avec le concepteur de l'axe du mal.
Au moins en tant que Français partisan de Mme Royal, cela fait plaisir de constater que des peuples sont audacieux en démocratie.
(Photos AFP / Lemonde.fr) En France, on n'ose pas. L'élection de M.Obama nous laisse un drôle de goût. Celui peut-être d'une opportunité ratée. Car si le 44ème président des Etats-Unis signifie l'espoir, et se distingue nettement de ses prédécesseurs, le président français actuel nous rappelle régulièrement un W.Bush ou une Tatcher. Dans l'état actuel des choses, les fonctionnaires sont jetés en pâture à l'opinion publique, le système de santé est bradé aux plus riches et aux mieux portants, les personnes du troisième âge vont devoir acheter des béquilles plus robustes pour exercer un job au rabais parce que les apôtres de la loi de la jungle ont décidé que le travail était la quintessence des valeurs.
Le président français est un homme qui se déclarait héraut du pouvoir d'achat, et qui aujourd'hui jette de tous côtés des fumigènes afin de masquer une crise, ou en tous cas de protéger les responsables, souvent banquiers, de cette débâcle capitaliste. Un homme pour qui tout était possible, mais pour qui finalement le champ des possibles se cantonne à la gesticulation et au verbe.
Le délit d' outrage
Par Honorgate
, le 27 Oct 2008 | Dans Vu de Face |
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La police et les citoyens en France

Sans hésitations, je pense qu'il faut contrôler en permanence les forces de l'ordre dans notre république démocratique. En effet, la force doit toujours rester sous contrôle, ne pas nuire aux plus faibles, et si l'on peut raisonnablement avoir confiance dans les institutions républicaines, il est sage de se méfier des hommes qui les servent.
Dans notre démocratie, la police est donc en permanence sous un mandat citoyen. Ainsi, la diversité d'opinion ou de culture doit être respectée et protégée. On ne pourra donc pas m'accuser de rêver d'un état policier dans lequel on ne peut rien dire. Assurément on constate actuellement en France quelques dérives inquiétantes. Le traitement de la justice laisse également songeur. Pourtant je pense que l'arsenal juridique qui existe pour protéger les uniformes, plus que l'individu qui le revêt, ne devrait pas trop être remis en cause, en tous cas pas de la manière que l'on peut lire ces derniers temps sur le Net.
(Photo d'origine inconnue)
Le délit d'outrage [1] est donc actuellement au centre de quelques débats. Étrangement, ou heureusement, ce combat est mené par des personnes qui ont eu quelques accrochages avec les forces de l'ordre. Le problème est qu'alors on ne sait plus très bien si la cause sert la vexation, ou une hypothétique avancée sociale.
Je ne crois pas qu'il soit opportun d'opposer systématiquement l'homme policier et le quidam civil de la rue. De la même manière je ne crois pas qu'il soit juste de montrer du doigt un corps de métier dont l'unique objectif est d'être au service des autres. Pourquoi en effet ce métier plus qu'un autre, et plus que d'autres qui n'ont pour objectif que de vider votre portefeuille ? Par exemple.
De l'opportunité des commentaires sur le Net
Par Honorgate
, le 16 Sep 2008 | Dans Cyber-vues |
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L'espace libre d'accès est-il en danger ?
Depuis quelques années, le grand challenge sur le Net est de publier un papier qui génère un nombre certain de commentaires. Et si ces commentaires pouvaient être écrits par des personnalités ou des experts, alors c'est le jack pot assuré. Tout internaute responsable qui se sent concerné et qui a quelque chose à dire, est tenté de laisser à un moment ou un autre un commentaire. Pourtant, à l'usage, il semble que l'on ne peut que constater notre présence dans une sorte de temple de l'inutilité. Illustration de Carioca
Toute la question est alors de définir ce qui peut être utile ou non. L'internaute un peu candide comme moi, espérait, et le souhaite toujours, que le Net fût un vecteur exceptionnel de partage du savoir, ou de simple divertissement. Ainsi, nous pensons que le fait de laisser un commentaire après un article de presse ou un papier de blog, doit être quelque chose de construit et d'un petit peu agréable à lire. Soit on félicite, soit on objecte, soit on apporte des éléments supplémentaires utiles à la réflexion. Voilà l'idée initiale que nous nous faisons de cet outil.
La contrepartie de cette activité est bien entendu l'aspect technique favorable, avoir accès facilement au réseau, mais aussi savoir taper rapidement et aisément sur un clavier - et donc ceux qui ne le savent pas n'en demeurent pas moins intéressants, mais nous ne le saurons jamais. C'est aussi avoir le temps de faire deux choses essentielles : lire correctement le document et avoir le temps d'écrire et d'élaborer sa réponse, avec si possible les références nécessaires. Je ne vous cache pas qu'en disant cela, on retire de facto l'immense majorité des internautes. Car il est une chose certaine, c'est que le temps est incompressible.
Mirages démocratiques
Par Honorgate
, le 4 Sep 2008 | Dans Vu de Face |
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Vers un virage démocratique au XXIème siècle
Une histoire de maison d'un copain présidentiel en Corse, une affaire de chaussures et de banque pour un autre copain présidentiel, des décisions politiques qui ravissent ceux qui ont déjà tout et qui sont eux aussi du même copinage, la manière qu'ont ceux qui ont la charge des affaires, de se servir de notre pays pour un profit personnel ou corporatiste est exaspérante.
Tout se passe aujourd'hui, sans doute déjà hier, comme si les requins devaient se nourrir vite, afin d'en profiter un maximum.
L'homme inconscient de sa finitude - le manque d'humilité le prouverait peut-être - devient soudainement avide de confort, afin de satisfaire au mieux l'état éphémère de leur vie trépidante.
(Illustration d'origine inconnue)
L'expression immédiate de ce comportement ignoble et honteux, est la juxtaposition quotidienne des activités et de la vie des riches et de celle des esclaves, pardon des modestes. En quelque sorte notre société devient le paradis des nantis et le purgatoire des pauvres. Ce dernier nourrissant le premier car tout a un prix dans ce bas monde. La mondialisation n'est que l'expression factuelle d'un monde gouverné par les puissants, pour les puissants, un monde où le profit est le moteur de la motivation. Ainsi le système se nourrit-il des populations pauvres à qui on vend un concept occidental de réussite par la possession et l'ascension sociale. Il y a quelques années en effet, on nous vantait tous les bienfaits de la Chine, et voilà ces mêmes merles qui déchantent, et lorgnent désormais vers l'Inde ou le Pakistan où les ouvriers n'auraient pas l'outrecuidance de vouloir des salaires à l'occidentale. Eva Joly a eu l'occasion d'en parler [1], ou comment l'Inde génère t-elle 100 euros de production, pour n'en récolter que 10. Le reste se volatilise dans l'éther financier, pour la plus grande joie des voltigeurs de la finance internationale. Que voulez-vous, il faut bien payer les retraites des Américains bien portants, pendant que les Indiens peinent à nourrir leur famille.





