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T'as pas 100 balles ?
Par Honorgate
, le 24 Jan 2008 | Dans Vu de Face |
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Cotisez pour le grand jeu de la haute finance !
Mince, mon banquier va m'appeler pour me signifier que j'ai un débit sur mon compte de 150 euros. Du coup, non seulement je vais avoir des agios à payer, mais en plus il va falloir que je rembourse ce découvert rapidement, sinon gare aux pénalités. Remarquez, je pourrais toujours vendre un truc sur eBay qui traîne chez moi, afin de trouver du cash rapidement. Malgré cela, je ne suis pas inquiet.
Cette petite histoire inventée, qui pourrait nous concerner, trouve actuellement tout son piquant. Pourquoi en effet serais-je inquiet alors qu'aux Etats-Unis on nous annonce une perte sèche pour certaines banques dont on se fout du nom, de plus de 100 milliards d'euros ? Pourquoi serais-je inquiet alors qu'en France, outre l'affaire du Crédit Lyonnais, on nous annonce que la Société Générale a été victime d'une fraude massive de plus de 40 milliards d'euros ? (On parle de fraude, mais qu'en est-il vraiment ?)
Pourquoi même devrais-je me séparer d'objets à vendre sur eBay, alors que des hommes au col blanc dans la haute finance transformée alors en jouet, s'amusent à faire des challenges hasardeux afin de s'en mettre plein les poches, en prenant des risques insensés. Pourquoi serais-je inquiet pour 100 euros alors que d'autres jouent et perdent avec 100 millions d'euros dans la même journée ? Comme si ce n'était pas grave. Car ça ne l'est pas, puisque lorsque cela arrive, les états payent.
Ils sont tranquilles les états, car ils ne peuvent pas être mis en banqueroute. Tout simplement parce que vous comme moi qui avons un salaire modeste, mais qui sommes victimes d'une hausse considérable du coût de la vie, allons combler ces pertes.
Des hommes dans des bureaux jouent avec de l'argent qui ne leur appartient pas, perdent des fortunes, partent du coup à la retraite anticipée, mais avec des ponts d'or, et nous qui sommes des individus moyens dans une classe moyenne payons pour ça. Avec nos a peu près 2000 euros de salaire mensuels, nous payons pour des retraites à 100000 euros. Nous qui tâchons tant bien que mal à ne pas trop contrarier notre banquier, nous payons pour combler des pertes abyssales.
Rien ne vous choque là dedans ?
Tel est pourtant le fonctionnement actuel de notre monde. Les modestes payent pour les nantis, et la masse des petites gens, sont le vivier des futurs pirouettes de la haute finance internationale, qui ne manquent pas de parier sur les bénéfices de la pauvreté. C'est complètement ubuesque. Alors tous les experts de la finance pourront dire ce qu'ils veulent, mais ce système est abject, idiot, illogique et spoliateur.
Imaginez en effet ce que l'on pourrait faire avec autant d'argent perdu dans l'éther financier. Tout est possible avec de pareilles sommes. Pourtant au lieu d'en prendre conscience, on préfère dérèglementer le droit des affaires, ponctionner sur les retraites modestes, retirer des acquis compensatoires. Des gouttes d'eau dans un océan de duperie.
Je pense qu'il faut lutter contre les hommes qui tentent d'imposer leur logique, qui n'a pas d'autre objectif que de servir leur propre intérêt au détriment de l'intérêt collectif. Nous sommes certes dans un monde libre - pour les plus chanceux d'entre nous, mais sous le joug des prédateurs, qui a défaut de griffes acérées, attrapent leurs proies dans le filet de la haute finance. Ces hommes prédateurs, qui sont essentiellement mu par le manque de considération qu'ils ont d'eux-mêmes, accrocs à cette drogue qui les éloignent de plus en plus des réalités.
Je serais donc inquiet finalement non pas pour mon découvert, mais par l'acceptation de ce grand jeu dangereux qui annonce d'amères catastrophes.
Vous n'auriez pas 100 balles pour nos 100 milliards ?
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Revenu salarial moyen (Chiffres INSEE)
La retraite des crétins
Par Honorgate
, le 30 Oct 2007 | Dans A Vue de Nez |
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Dans la série des discussions sans limites, je demande la retraire et les régimes spéciaux. Voici quelques morceaux choisis de discussions, dans la suite du thème de mon papier précédent les crétins et la retraite. Même si je n'ai pas bien entendu de recette toute faite pour ce sujet complexe, les limites sont déjà bien définies.
Les régimes spéciaux sont ils la clé de voûte de notre système de retraite ?

Qui dit anti économique dit antisocial, car on ne peut combattre la misère sans croissance. Les régimes spéciaux de retraites sont anti-économiques.
L'économie telle que le décide actuellement certains hommes, on ne l'a pas demandé.
Ils peuvent aller faire des pâtés de sable avec leur CAC 40 et leur croissance. Ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse en revanche c'est le choix, la liberté, l'anti-conformisme, la diversité et donc la vie. Vivre selon nos propres rythmes et non selon une oligarchie qui se complaît dans une obstinante erreur.
Devenir un automate réglé par d'autres hommes, qui finiront bien comme moi entre quatre planches n'est pas un objectif.
Je pourrais également ajouter que pour les régimes spéciaux il ne s'agit pas d'avantages mais de compensations.
En France, compensation, doit avoir une signification particulière ou ce mot est absent du dictionnaire, car on ne l'emploie pas. On dit de suite avantage. Comme si ce qu'avait l'un manquait à l'autre.
Or ce point de vue est déjà en soi de peu de vertu, mais en plus il est absurde.
Compensation
Il serait bon de répéter plusieurs fois ce mot à la maison, avec toute la famille et de disserter là dessus. Mais pour cela, il faut couper la télé et la radio.
Ensuite, pour en revenir au coup de "l'économie telle que nous la pratiquons est l'unique solution", je m'élève.
Je pense moi que c'est un système global spoliateur, pour la planète et pour les plus faibles, qu'il répond exclusivement de l'homme et de sa vanité, et qu'en aucune manière il ne permet d'éviter ou d'apporter une réponse à la misère.
C'est un système fondé exclusivement sur l'exploitation. Exploitation des faiblesses de l'homme, des ressources naturelles et des hommes.
Il s'agissait d'une compensation à l'époque où ces régimes spéciaux ont été créés. Aujourd'hui, à une époque où les critères de la pénibilité du travail ont complètement évolués, pour les cheminots, il ne s'agit plus d'une compensation mais d'un avantage.
Alors où sont les augmentations de salaire dans les mêmes proportions de ceux qui s'autorisent des plus values sur des stocks options indues, plus values générées dans le même temps que l'on licencie sous prétextes d'un plan de rigueur ?
Où sont les mises à niveau des retraites au même titre que celles des hauts fonctionnaires ou des élus nationaux ? Pourquoi dans ce cas autorise t-on certains à cumuler des retraites jusqu'à atteindre le chiffre parfaitement indécent de 35000 € par mois ? A qui profitent les avantages, à ceux qui ont 1000 ou 10000 euros par mois ?
Il faut avoir le courage de supprimer certains avantages lorsqu'on sait qu'ils ne pourront plus être financés à l'avenir.
Et si par exemple on imposait un salaire maximum de 15 fois le SMIC pour les patrons. Si on punissait sévèrement les détournements de fonds qui a priori suffiraient à résorber le trou de la sécu. Si on récupérait les plus values indignes des stocks options vendues alors que l'entreprise est en difficulté ... Récupérer les parachutes dorés des mauvais patrons ... pénaliser davantage le droit du travail, surtout en créant des postes de magistrats actuellement bien étrangement abandonnés.
Alors pour le financement, je crois qui si l'on mettait un tout petit peu de bonne volonté, ce ne serait pas du tout un problème.
L'homme domestiqué
Par Honorgate
, le 8 Déc 2006 | Dans Vu de Face, A Vue de Nez |
8 retours » |
De la culture de la classe moyenne.

Il semblerait que la classe moyenne[1] en France représente 50% des français. Avec un salaire net mensuel moyen de 1900€. Cette classe de population serait en pleine crise.[2] La question que je me pose est donc la suivante: qu'est-ce qui justifierait un mal être chez ces français qui ont au moins une voiture, un toit et de quoi rester en bonne santé ?
Vous ne trouverez aucune réponse scientifique à cette question. D'abord parce que ce qui intéresse les chercheurs, ce sont les minorités (et c'est là un grand mystère), ensuite parce que je pense que c'est davantage du domaine de la psychologie (particulière sans doute mais surtout collégiale). En observant, sans concession, notre monde, comme j'ai pu déjà le dire ici, on s'aperçoit que celui-çi n'existe que parce que l'homme l'achète. Sans quoi, vous comme moi, pourrions vite croire qu'il n'existe rien, ou en tous cas, nous ne serions qu'en faire. Pêche, chasse et cueillette sont d'un autre temps. Tentons l'expérience, nous trouverions vite des chasseurs, des pêcheurs ou des "cueilleurs" qui en feront plus que nécessaire, afin d'ouvrir un commerce. Et tout recommencerait.
Ainsi, ce monde construit, élaboré et acheté, ne peut évoluer que si l'on entretien le besoin. Vous voilà alors en train de regarder ces pubs à la télé ou dans votre magasine préféré. Et l'envie de se rappeler à vous. Il faut donc plus pour exister ! Il ne suffit pas se contenter d'une vague télé, même si elle marche parfaitement, mais plutôt de prendre ce bel écran plasma, combien même il serait beaucoup trop grand pour la pièce à laquelle il était destiné. Et si vous pensez que ce n'est pas utile, le travail fait en amont sur vos enfants, achèvera définitivement votre comportement consumériste.
La domestication de la classe moyenne, se fait donc à tous les niveaux, familial, professionnel (contentez vous de travailler juste ce qu'il faut, vous aurez des surprises ... ou en tous cas vous ne serez pas augmentés), et enfin à un troisième niveau inquantifiable, celui du brouhaha intellectuel. Cette rumeur persuasive, qui vous calibre le bonheur.
Ne tentez pas d'imaginer le vôtre, "les autres" travaillent pour vous. Et qui travaille pour eux ? L'appât du gain bien entendu !
La classe moyenne a le spleen parce que ceux qui sont au dessus, qui ne sont pas nécessairement plus heureux, dépensent davantage, et imposent le standard du confort, de la réussite, de la belle vie.
Cet exemple apparaît ainsi comme dévaluant. Son ignorance rétablirait le juste standard du bonheur, celui de pouvoir acquérir simplement de quoi manger, de quoi se déplacer et de se loger. Ce dernier impératif n'est aujourd'hui même plus possible, car ceux d'en haut, s'amusent en spéculant sur l'immobilier. Ils s'enrichissent en faisant payer davantage ceux qui cherchent l'accession à la propriété. Et les gens des classes moyennes n'ont plus qu'à se désespérer des prix incroyables! Pour se déplacer, ce fut d'abord un luxe [3], puis dans les années 70-80 cela devînt accessible à tout le monde. Mais notre système étant ce qu'il est, la voiture voit son prix doubler en moins de 30 ans. Souvenez-vous de la R5 d'antan, et achetez maintenant une Clio! Reste enfin l'impératif de se nourrir. Oubliez le restaurant, c'est un luxe, et achetez-vous des produits frais. Avec un prix au kilo qui à plus que doublé en 20 ans, les fruits se feront rares sur votre table. Quant au reste de l'alimentation, beaucoup d'entre-nous devrons se satisfaire de produits élaborés, cuisinés pour nous, au prix absolument prohibitif, qui fera du budget alimentation le premier budget du foyer. De toutes manières si vous mangez beaucoup et à faible coût, vous allez prendre du poids, et comme cela sort du standard du bonheur élaboré par "les autres", vous devrez faire un régime déprimant puis coûteux. Tout en étant déprimé, vous vous réfugirez alors dans les fringues, et dépenserez une fortune en bouts de tissus, que "les autres" s'empresseront de démoder l'année suivante.
Diable, on ne s'en sort pas! Ben non, pas ainsi.
Avec cette logique de la maîtrise de l'envie dans les trois domaines clés d'une vie ordinaire, l'unique alternative devrait être la lucidité, la tempérance et l'indépendance intellectuelle. Mais pour cela, il faudrait que tout le monde s'y mette. L'homme ne vit pas seul en société, même s'il le voudrait, sa volonté n'est jamais à toute épreuve et son apprentissage délicat. Pourtant, un peu de lucidité serait un excellent début, et de meilleure augure pour nos enfants. Certains en ont, heureusement, et ils nous le disent, charge à nous de les entendre et de fuir les imitations du bonheur [4].
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[1] Il n'existe pas de définition standard de la classe moyenne. Voyez ce document de Louis Chauvel, Sociologue, Professeur à l’IEP de Paris, membre de l’Observatoire du Changement Social.
[2] In Le Nouvel Obs daté du 8 décembre 2006.
Un article sur les classes moyennes dans Le Monde Diplomatique.
[3] C'est alors l'effet de la nouveauté, du manque de concurrence, de demande et ainsi d'une faible production. Un coût alors tout à fait logique.
[4] La dernière imitation en date, le low cost. Plutôt que de reconsidérer nos repères, on les tronque, on imite, mais on ne règle rien.




