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Le délit d' outrage
Par Honorgate
, le 27 Oct 2008 | Dans Vu de Face |
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La police et les citoyens en France

Sans hésitations, je pense qu'il faut contrôler en permanence les forces de l'ordre dans notre république démocratique. En effet, la force doit toujours rester sous contrôle, ne pas nuire aux plus faibles, et si l'on peut raisonnablement avoir confiance dans les institutions républicaines, il est sage de se méfier des hommes qui les servent.
Dans notre démocratie, la police est donc en permanence sous un mandat citoyen. Ainsi, la diversité d'opinion ou de culture doit être respectée et protégée. On ne pourra donc pas m'accuser de rêver d'un état policier dans lequel on ne peut rien dire. Assurément on constate actuellement en France quelques dérives inquiétantes. Le traitement de la justice laisse également songeur. Pourtant je pense que l'arsenal juridique qui existe pour protéger les uniformes, plus que l'individu qui le revêt, ne devrait pas trop être remis en cause, en tous cas pas de la manière que l'on peut lire ces derniers temps sur le Net.
(Photo d'origine inconnue)
Le délit d'outrage [1] est donc actuellement au centre de quelques débats. Étrangement, ou heureusement, ce combat est mené par des personnes qui ont eu quelques accrochages avec les forces de l'ordre. Le problème est qu'alors on ne sait plus très bien si la cause sert la vexation, ou une hypothétique avancée sociale.
Je ne crois pas qu'il soit opportun d'opposer systématiquement l'homme policier et le quidam civil de la rue. De la même manière je ne crois pas qu'il soit juste de montrer du doigt un corps de métier dont l'unique objectif est d'être au service des autres. Pourquoi en effet ce métier plus qu'un autre, et plus que d'autres qui n'ont pour objectif que de vider votre portefeuille ? Par exemple.
Laboratoire expérimental des consciences
Par Honorgate
, le 21 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
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A propos de la proposition de Mr Sarkozy sur la mémoire de la Shoah.
La république n’a pas à décider pour nous ce que nos enfants doivent avoir comme tourments. La république ne dicte pas à mes enfants quelle conscience ils doivent avoir à tel moment dans leur trop courte existence.
L’avenir ne se construit pas sur un contrôle étatisé de l’esprit critique et de la connaissance.
Je pense que les errements et les erreurs de nos ancêtres ne peuvent en aucune autre manière que la simple et claire connaissance d’une histoire, influer sur le comportement quotidien des yeux innocents, et le développement intellectuel de mes enfants. Charge à nous, parents, de leur donner les clés de la connaissance et de la découverte du monde, bien loin de toute complaisance lobbyiste.
En se sens, ce n’est pas un chef d’état provisoire, qui pourrait transformer autant leurs perceptions, et du coup notre vision souveraine du monde que nous laisserons à nos enfants, qui lorsque le temps viendra, transmettront dans une idée de progrès à leurs descendants.
Cette volonté est totalitaire, dé-responsabilisante, dangereuse enfin.
Elle est dangereuse car le libre arbitre ne vaudrait alors pas plus que le sentiment spontané d’un homme pressé, fût-il chef d’état, dont les propres tourments ou croyances, sont modulés en fonction de l’intérêt d’une communauté à laquelle il s’adresse. La complaisance de ces lobbyings sur un homme qui recherche l’affectif, ne saurait dominer ma liberté d’instruire mes propres enfants selon mes conceptions, même s’ils doivent également connaître et développer une histoire commune qui de toutes manières ne leur appartient pas.
Monsieur le président de la république, qu’il me soit permis, humblement, de vous rappeler que vous avez été élu - cependant sans moi, afin d’ œuvrer pour la gloire des couleurs de la France et le bien de ses citoyens, et non pour le contrôle de nos consciences. Je n’ose imaginer ce que vous pensiez faire de l’innocence de nos enfants, qui pourraient tout à fait, lutter contre la folie des hommes sans vous.
Pour ma part je m’insurge intégralement contre la tendance actuelle qui consiste à nous inculquer ce que nous devons croire, espérer ou connaître.
La république a mis bien longtemps pour acquérir ces libertés qu’elle nous propose actuellement. Je ne pense pas que quiconque puisse d’un coup d’émotion, transformer ou anéantir cela. En tous cas je dis sans détours, que mes enfants ne seront pas l’instrument d’une quelconque doctrine. Et si, finalement mes enfants qui regardaient les toons colorés à la télévision devaient regarder, dans le même temps, la mort des innocents générée par des fous sur un tableau, alors je pense que mes enfants quitteront l’école à ce moment là. L’école laïque républicaine est certes obligatoire. Ce n’est en revanche pas le cas d’un laboratoire expérimental des consciences.
Enfin demain, ce sera quoi au menu de l’apprentissage ?
Si vous pensez que la proposition de M.Sarkozy sur la méthode d’acquisition de la mémoire de notre histoire, et de la Shoah en particulier, n’est pas une bonne chose, vous pouvez contribuer à l’appel du Nouvel Obs contre la proposition Sarkozy.
Acte électoral
Par Honorgate
, le 18 Fév 2007 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
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Un citoyen républicain responsable.
Voter est un acte conscient. Je vais voter car j'ai en ma possession suffisamment d'éléments pour confier ma confiance, dans une tâche précise à une personne qui représente un courant d'idées auxquelles je pense adhérer, au moins en grande partie.
En France le vote n'est pas obligatoire. Ainsi lorsque je possède la carte d'électeur, je fais un acte volontaire. Je décide donc, en toute honnêteté, d'accomplir un geste citoyen.
Pour faire de ce geste citoyen un acte républicain, j'imagine que je dois alors éviter le hasard ou l'impression, et favoriser le débat contradictoire et confronter mes positions, ou combler mes ignorances. A ma mesure bien entendu.
Voter c'est donc quelque chose de palpable. C'est une opinion. Celle-ci s'exprime alors de deux manières, et seulement de deux manières : oui ou non. Non je ne voterai pas pour ce candidat parce qu'il véhicule ou représente des idées pour lesquelles je n'ai pas d'affinité, et oui je voterai pour ce candidat car, à mon sens, et compte tenu des éléments que j'ai à ma disposition, il incarne ce que je ressens en termes politiques.
Ainsi, je discute, je débats, j'évalue et je choisis. Décider que je voterai blanc (ce qui n'existe pas en France, puisque le bulletin sera assimilé à un vote nul), ou pire que je m'abstiendrai [1], n'est donc pas une opinion.
Sans cette opinion, soit je vis seul loin de la société, soit je laisse le soin à mon voisin de décider pour moi. Je ne suis donc plus dans un acte républicain, ni citoyen. Et si en plus je suis conscient de ce choix, je risque fort d'être irresponsable. Car j'ai bien une préférence politique (même s'ils sont "tous pareils") et pourtant sciemment, je l'occulte, pour in fine, clamer "ah mais qu'ils sont sots ces français!". Irresponsable, perfide et destructeur.
Cet acte citoyen et républicain prend enfin toute sa valeur, toute sa richesse lorsque j'accomplis mon vote en pensant à la société à laquelle j'appartiens, et non à mes propres besoins. Le bien commun prime alors sur mes propres possessions, mes propres intérêts. Ce qui est finalement un bon calcul puisque dans un environnement serein, je peux tout à fait m'épanouir et prospérer [2]. La réciproque, prospérer dans un environnement instable ou inconfortable, est moins évidente.
Un acte citoyen républicain fort, c'est donc voter en accord avec des idées politiques qui à mon sens favoriseraient le développement harmonieux de la société. Mon choix serait donc loin d'être celui d'un Harpagon, mais davantage celui d'un homme ou d'une femme qui sait qu'il n'est qu'un élément constitutif, mais indispensable. Seul je ne peux rien faire, mais les autres comptent sur moi, puisque personne ne vit dans son propre système.
L'acte électoral n'est donc pas le fruit du hasard, de la coïncidence ou de la légèreté. Ce n'est pas non plus celui de la peur, de l'incertitude ou de la vengeance.
C'est un acte de tempérance idéologique. C'est un acte dont on peut toujours être fier car il demeure indépendant, et s'éloignerait des sirènes politiciennes sur fond de promesses. Ces promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent. Un acte guidé par un ressenti profond est souvent un acte juste, et dans toute son individualité possède une immense et irremplaçable richesse.
Evident pensez-vous? Oui, mais c'est aussi bien en le disant. Ce papier s'adresse plus particulièrement aux jeunes électeurs avec lesquels j'ai eu plaisir à parler de politique, selon nos ressentis.
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[1] L'abstention aux élections, en France depuis 1958.
[2] Dans ce cas, prospérer a une signification multiple. La richesse pécuniaire n'a pas le monopole.
Le vote par procuration
Les présidentielles 2007 et le Conseil Constitutionnel.
Les différents modes de scrutins (Ministère de l'Intérieur français).
La plume est plus forte que l'épée
Par Honorgate
, le 23 Oct 2006 | Dans Vu de Face |
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Un dialogue étrange fut celui qui m'opposa à un jeune homme convaincu de l'évidence des mesures à prendre dans les banlieues.
Pour lui, il n'y avait pas de doute. Pour définitivement faire cesser les comportements subversifs, il suffit d'y envoyer l'armée. Simple.
Mesures selon lui radicales qui seraient l'unique remède contre ces jeunes, souvent étrangers - tant qu'à faire - et qui ne jurent que par l'apparence.
La vie facile. Celle qui consiste à rouler en BMW M3, revêtu de Nike avec une montre Tissot au poignet, sans jamais travailler. Le deal, les petits trafics. Voilà selon lui l'avenir tel que l'imaginent ces jeunes. Sans doute est-ce ce qu'ils pensent. Sans doute.
Pourquoi alors vouloir chercher un travail qu'on risque de se voir refuser avec cette tête bien du Sud ? Qui plus est, si par enchantement, ce travail était proposé, pour gagner quoi ? Et la BM, et la sape, et la flambe ?
Selon mon interlocuteur, les jeunes des banlieues seraient mus désormais par l'exemple des grands frères, qui ont toutes les apparences d'un panache, de la classe. Ils ont réussi eux. Ça ce voit. Alors pourquoi pas moi ? Exit le bon citoyen qui rentre dans l'ordre, et qui va transpirer ... pour le profit des plus riches, sinon de qui ?
Car loin des concepts ignobles de la stigmatisation de l'étranger, ou de ce comportement certes peu vertueux mais tellement humain de ces grands frères, je lui disais que l'on pouvait avoir un point de vue autre, si l'on se référait à une source différente. Quelle est l'origine de ces comportements, qu'est ce qui conduit l'homme à devenir trafiquant bien sapé, plutôt qu'un honnête travailleur modeste ?
L'exemple de l'élite bien entendu. Celle qui parle pour les autres. La pression d'une société compétitive pour qui l'apparence est primordiale. Les vertus ne sont plus philosophiques, elles sont picturales. Ainsi les cadres qui partent à la conquête des salaires énormes -ainsi que leurs horaires du coup, et leur stress- oeuvrent pour exercer sur le citoyen classique, l'impression que le succès demeure dans la possession, dans le toujours plus.
Ainsi, plutôt que de se satisfaire d'une bonne compréhension de Voltaire, Spinoza ou Pascal, on apprend à nos enfants à reconnaître la grosse voiture, la belle maison, et la belle situation.
La réponse émise par mon interlocuteur, celle des militaires, n'est donc pas pensable. Tout d'abord parce que dans une république démocratique moderne, ce ne peut pas être une solution, ensuite parce que le fond du problème n'est pas dans les banlieues et leurs deals, mais bien dans ceux qui possèdent au départ l'argent, ceux également qui servent de référence morale. C'est bien là le fond essentiel du problème, notre modernité nous impose une morale, qui nous éloigne de notre condition humaine. Ainsi l'usage de la force ne permettrait sans doute pas de guérir le mal qui nous inquiète - inquiétude pourtant bien différente que celle des intéressés dans les banlieues -, la clé est en chacun de nous, que souhaitons-nous vraiment comme destiné ? Quel référentiel nous sera profitable ?
J'ai eu beaucoup de mal à citer quelques marques. Flûte, faire de la pub pour des choses que je déteste.
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Un dossier de Rezo.net sur les banlieues. Décalé, et pertinent.
Le rêve d'une sixième république
Par Honorgate
, le 11 Jun 2006 | Dans A Vue de Nez |
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A la lumière d'un second tour d'élections présidentielles pendant lequel les extrémistes de droite auraient rivalisé avec les autres - du moins le croyaient-ils peu importe -, au constat simple d'une bonne partie de la société en petite forme, du « CIP » au « CPE » en passant par un colérique non européen, je me dis, sans n'avoir jamais rien lu sur le sujet, que je pourrais oser rêver d'une autre république.
Une république qui bannirait l'habitude bonapartiste - je prends la responsabilité de cette seule impression, ma thèse n'est pas pour demain ! - d'un esprit décisionnel descendant et dédaigneux, une république qui saurait se remettre en question si la rue le lui demandait. Ce serait par exemple un vote blanc possible [1], marque forte d'un esprit républicain responsable, car il inciterait au progrès plutôt qu'au confort corporatiste. Ce serait la fin de ce pouvoir présidentiel fort, dont on ne sait si finalement, il a pu digérer la révolution. Ce serait enfin, l'accès aux décisions à tous ceux qui résident sur le territoire et qui ont une part active dans l'évolution de notre société.
Rendons le pouvoir aux citoyens ! Les piteuses tentatives démocratiques marquées par l'emploi irraisonné du référendum ne suffit pas [2]. A ce titre, cela reste une drôlerie démocratique, qui plutôt qu'encenser notre liberté, il la dénie, en considérant le vote comme une expression éphémère – pire sentimentale plutôt que responsable . D'où sans doute le jeu politique de l'escalade des promesses non tenues, car intenables.
Il est temps donc de supprimer cette pyramide gaulliste de la gestion du pouvoir. Laissons à l'assemblée le pouvoir de décider du sort de ses concitoyens. Supprimons le Sénat qui, même s'il a son utilité parfois, sclérose l'examen des lois. Ainsi pourquoi continuer à accepter que plus de 40% des lois ne soient pas suivies d'un décret d'application ?
Le plus difficile serait sans doute de laisser quelques idéalistes, bien entourés, parvenir aux prises de décisions, même s'il ne sont pas membres d'un parti, afin par exemple d'oublier ce qui est peut-être une autre exception française, qui finira bien par nous retirer un serein avenir. Même si le politique n'est sans doute pas entièrement responsable, il semble acquis désormais, qu'il ne peux plus répondre d'une société partitionée, perdue entre son confort social remarquable, et ses contradictions du code du travail. Trop de communautés travaillent en opposition. Ainsi cette sixième république offrirait à tous les acteurs sociaux l'opportunité, si ce n'est le contrat, d'oeuvrer vers l'accomplissement d'objectifs communs. Réformer ne signifierait plus perdre, mais gagner.
De la poudre aux yeux pensez-vous ? Sans doute, mais pourquoi ne pas commencer par le plus facile, modifier les bases républicaines afin de proposer une ouverture, un potentiel nouveau ?
Il est grand temps. La France ne pourra vraissemblablement pas supporter éternellement autant de chômeurs, autant de retraités, si peu de travailleurs, aussi peu de réformes, une population de jeune singularisée, ou exploitée par un patronat calculateur, peu aidé par des syndicats égocentriques et discordants. Donnons à la République les moyens de diriger ces jeunes et ces patrons, pour notre société, plutôt que celle d'une oligarchie économique.
Changer de république, ce n'est pas résoudre les problèmes. C'est commencer par le bon bout.
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[1] A propos du vote blanc ou nul
[2] A propos du référendum
Convention pour la sixième république (ce papier ne s'en inspire nullement)
Le blog de Ségolène Royal (Pourquoi ce lien ? Parce qu'elle sera élue en 2007 ! )
L'abominable justice des neiges
Par Honorgate
, le 30 Jan 2006 | Dans Vu de Face |
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La France est un beau pays, dans lequel mieux vaut parfois ne pas se frotter à sa justice. L'actualité nous montre en effet, l'incroyable pouvoir de nuisance, et le peu d'humanité de notre système juridique.
Les acquittés d'Outreau, n'en doutons pas, ne feront pas date dans l'histoire des bouleversements de notre justice républicaine. Les dès sont jetés puisque le consortium ou devrais-je dire la mafia des juges français, s'est déjà prononcée contre ce procédé, qu'ils jugent être leurs seules prérogatives. Comprenez, ça n'a pas de valeur puisqu'ils ne le disent pas, eux.
Demain, d'autres personnes subiront un sort à peu près équivalent. Et si le juge rend « justice les mains tremblantes »[1] c'est davantage parce qu'il perd son humanité, qu'il n'aide ses concitoyens.
Malheureusement l'obstination n'a rien à voir avec cette impression, j'aurais préféré, mais l'expérience m'impose un doute. Un insoutenable doute.
Par trois fois, des proches ont eu affaire avec cette justice, rendue à coups de haches. Par trois fois, des gens ont été condamnés, sans jamais avoir été entendu, ni même convoqués. Décision unilatérale, tranchante, irrémédiable de justice, rendue dans l'obscure machine judiciaire. Condamnations d'un mari chargé par l'avocate de son ex-femme (malgré l'évidence des torts partagés – mais pas pour le juge, alors que cette logique s'imposait à tout observateur réel et quotidien) , ou encore condamnation d'un gérant de société de payer une facture qu'il n'a jamais émise - somme prélevée d'autorité sur son compte bancaire, enfin, insulte faite dans un tribunal sur une tierce personne par l'avocat de la partie plaignante, qu'il décréta anormale voire sadique, histoire de charger le dossier. Dans ces trois cas, jamais, le condamné n'a pu se défendre ni même être entendu. Jamais. C'est au moins deux fois de trop. Quel est cet empressement à rendre justice, à couper les têtes?
« Heureusement qu'ils ne savent plus où est rangée la guillotine ... » Voilà ce qu'un condamné a pu me répondre.
Nous avons un problème dans ce pays. Parfois la justice est efficace, parfois elle déraille. C'est sans doute inévitable, mais ce qui est inqualifiable, c'est un pouvoir sans égal partagé par un corps de métier, qui trop souvent doit agir vite parce qu'il est submergé, parce que surtout, un crédit personnel existe. Mais ce ne sont que des hommes, et rien que des hommes, avec leurs tourments. Alors,qu'ont-ils de plus pour connaître de pareilles prérogatives?
Que faire? Car si justice est rendue par un collège de juges, est-il possible de prendre des décisions qui s'imposent de toutes manières. Si le législateur ne peut plus compter sur la toute et absolue bonne foi d'un juge, pourrait-il s'en remettre à une pléthore d'avis?
Nous devons comprendre ce droit républicain pourtant, et non celui d'un homme qui en a acquit l'usufruit. Un saint inquisiteur.
Ce qui semble indispensable finalement, c'est qu'au moins il soit possible de se défendre, et que jamais, une décision de justice ne soit rendue sans un débat contradictoire pendant lequel on écoute la personne, en tant qu' égal. Un homme tout comme le juge – qui n'est plus un yéti du coup.
N'est-ce pas ce qui est prévu ?
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[1] Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation (Le Monde du 6 janvier 2005)
La place du juge d'instruction selon ENM (Ecole Nationale de la Magistrature) - Version "civile (Le Particulier)"
Faut-il supprimer le juge d'instruction ?(Libération)
Le mythe Citoyen
Par Honorgate
, le 9 Nov 2005 | Dans Vu d'en Haut |
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Notre pays, la France, c'est entre autres choses, les étrangers.
Notre pays est riche et on peut y travailler et y manger. Juste à côté, à un vol de charter où quelques français vont dépenser leur argent qu'ils ont en trop, des gens meurent de faim et ne peuvent pas travailler. Tout au plus ont-ils l'occasion de vivre avec quelques euros par mois.
Ces gens là, qui sont pas plus stupides que nous, trouvent qu'après tout, quittes à vivre un enfer, autant aller là où il y a un peu d'espoir. Là où des gens s'amusent avec de l'argent qu'ils ont en trop et qui réclament plus encore.
Ainsi ces gens là, pas moins humains que nous, sont attirés par cela. Normal, nous on va chez eux avec des tas de trucs qui brillent.
De fait, ces personnes là viennent "chez nous". Et jusqu'à présent ces gens là, on avait décidé, qu'ils n'existaient pas. Dans cette logique, on s'est dit qu'on allait les renvoyer chez eux.
Pourtant ces gens là sont beaucoup plus nombreux que nous. Et pendant que nous achetons des 4*4 de plus en plus gros, et que nous prennons l'avion régulièrement pour aller faire briller nos trucs chez eux, ces gens là (qui n'existent toujours pas plus qu'au début) sont de plus en plus pauvres.
Du coup, ils reviennent. Normal. Nous ferions sans doute la même chose à leur place.
C'est alors que nous connectons nos trois neurones (Liberté, Egalité, fraternité), et qu'après les avoir ignorés ces étrangers, puis parqués dans des cages à lapin tous au même endroit afin qu'ils ne fassent désordre, on se dit qu'il faudrait sans doute faire quelque chose de plus.
Histoire que cela se passe bien.
Certains ont donc émis l'hypothèse qu'il faille intégrer ces gens là dans notre république, car notre pays n'est pas construit pas un mythe humain quelconque, mais par des humains tout court. Dans cette nouvelle logique, on se dit, que donner le droit de vote localement serait un bon début pour que ces gens (qui sont donc désormais des humains) puissent plus aisément et naturellement s'intégrer dans notre république.
Ne serait-il pas grand temps ? Ne reste t-il pas beaucoup plus encore à faire qu'à s'interroger ?
Finalement, la France que je comprends, est celle d'un pays républicain qui sait prendre en son sein toutes les différences pour un bénéfice commun.
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Pour mémoire, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.




