Tags: ps
Une affaire de libéralisme ?
Par Honorgate
, le 30 Mai 2008 | Dans Vues politiques |
8 retours » |
|
C'est étonnant de remarquer pour un néophyte comme moi en économie, comme on peu débattre de beaucoup de choses concernant le libéralisme. Si l'on se réfère au récent échange entre Mme Royal et Mr Delanoë, on pourrait croire que toute la valeur politique actuelle, tient en un seul mot : le libéralisme.
Illustration Nick Dewar
Pour un passionné politique (bien modeste dans mes actes) que je suis, en revanche, je suis un peu consterné, de constater que pour beaucoup de socialistes, en tous cas ceux qui s'expriment, on puisse se perdre en conjectures, même si elles sont très intéressantes.
Je vais oser aller vite dans mon idée fondatrice. Celle que les philosophes nous ont apprise: il est bon de se méfier du mélange des ordres. L'ordre technico-économique, l'ordre religieux et l'ordre politique doivent en ce sens être distincts.
J'ai pourtant bien l'impression qu'une lecture moderne du libéralisme m'autorise malgré ma modeste compréhension de ce monde, à constater que l'économie commande au politique.
Qui gouverne actuellement le monde si ce n'est l'argent ?
Je ne crois en effet pas du tout au grand principe libéral qui serait une philosophie. Car lorsque les politiques tentent ce coup là, on découvre aujourd'hui qu'en fait c'est l'actionnaire juste derrière, qui tire les ficelles.
Le principe grand prince du libéralisme exprimant une ode à soi-même, compte tenu de ce qu'est la miséricorde chez l'homme et son immense sens du sacrifice et sa notion si particulière de l'égalité, incite immanquablement le business à oeuvrer à tous crins.
Et ce business là ne sert que les plus forts.
Le libéralisme lu de cette manière, c'est donc la tarte à la crème des discussions dans les salons feutrés des faiseurs d'argent.
Reconstruction socialiste mythe ou réalité ?
Par Honorgate
, le 6 Mai 2008 | Dans Vues politiques |
8 retours » |
|
Il n'est plus possible en ce moment d'associer le nom de PS[1] à autre chose que la reconstruction. C'est pittoresque. Pendant qu'un président de la République disperse un ciment national sur de multiples terrains de joutes, en mêlant joyeusement la religion à la république, en transposant l'action politique vers la théorie du pur débat et de la personnalisation de la fonction présidentielle, en compromettant l'avenir en singularisant l'immigration - offrant ainsi un puit à l'opposition - les socialistes ne pensent qu'à restructurer. Comme si les fondamentaux n'existaient plus ou étaient à inventer.Photo Tim Flach
Ainsi le congrès du Parti Socialiste à venir est-il incontestablement l'enjeu d'objectifs personnels[2]. Certains ont le sentiment qu'il faut avancer de manière collégiale novatrice (voir par exemple le site du Congrès utile et serein du PS - mouvance S.Royal), d'autres avancent en fonction de leurs propres objectifs.
Nous avons par exemple pu entendre et voir Mr Manuel Valls à loisirs vendre son dernier livre (Pour en finir avec le vieux socialisme et être enfin de gauche, Robert Laffont).
Le discours de Mr Valls est pourtant exactement ce que je n'ai pas envie d'entendre d'une force politique qui tente de répondre à des attentes citoyennes républicaines, c'est à dire au plus grand nombre.
C'est, j'en ai l'impression tout au moins, la politique de la rustine. "Certes actuellement ce que fait le président avec ses conseillers et accessoirement son gouvernement ne convient pas, nous on propose autre chose, presque pareil, mais mieux".
Mr Valls, certainement plus affûté que moi d'un point de vue politique, semble penser que l'avenir du PS c'est cela. Je pense au contraire que l'avenir se joue dans l'audace. L'audace d'une nouvelle politique qui met l'homme au centre des choses, et place l'argent comme outil pour parvenir à un monde de progrès, équitable.
L'avenir du PS c'est la politique de l'homme pour les hommes, loin, bien loin de la tendance mondiale qui consiste à prendre ex-cathedra ce que nous sortent les économistes diplômés - mais pas les prix Nobel, tiens donc !
La première rentrée littéraire de l'ère Sarkozy
Par Honorgate
, le 17 Sep 2007 | Dans Vue Excentrique, Vues politiques |
2 retours » |
|
L'égo s'invite dans notre bibliothèque
Alors nous sommes en joie car si notre vote en faveur de M.Sarkozy a été clair (enfin notre, je me comprends), il se trouve qu'en fait nous ne le connaissons pas du tout. Mais vraiment pas du tout. Il faut alors un livre, et heureusement il y en a un, parmi 150, qui comble cette lacune. (Ainsi, même si on découvre qu'en fait on ne l'aime pas, notre président, ben c'est trop tard).
L'aube le soir ou la nuit" de Yasmina Reza. A ce propos vous pouvez découvrir quelques perles qui agrémentent la genèse de cette oeuvre.
Et pour relativiser ce livre annoncé comme étant génial (comme tout ce qui touche à Sarkozy du reste) :
Sèche. Finalement, Reza est l’écrivain qu’il fallait à ce président-là : sèche, «burnée», teigneuse, dure à tout par principe, sans doute ni subtilité aucune, courte sur phrases comme il l’est sur pattes, elle retrouve en lui son propre refus du passé et sa ferveur sophistique : on n’est que le personnage qu’on décide de devenir. L’un et l’autre semblent des forcenés du lendemain et de l’oubli de la veille, des spécimens balzaciens et qui en font spectacle en toute occasion : vouloir est leur joie, leur rédemption. Les dernières pages sont naturellement pleines d’admiration pour le vainqueur. Ce pourrait être obscène ; ce n’est que sincère jusqu’au ridicule. A la fin d’ Illusions perdues, Vautrin dit à Rubempré : «Le monde, la société, les hommes pris dans leur ensemble, sont fatalistes. Ils adorent l’événement.» Ce livre adore l’événement qu’il met en scène et qu’il prétend être. Comme son modèle et comme ce monde, il se flatte et se barbouille de méthode Coué. Il devrait donc obtenir le succès qu’il s’annonce.
(Libération du 23 août 2007)
Une fois que ce délicieux ouvrage est avalé comme il se doit, il est temps de passer à autre chose. Et pour cet autre chose et bien vous avez le choix :
La défaite en chantant de Claude Allègre aux éditions Fayard 
Guillaume Bachelay, Désert d’avenir : le Parti socialiste 1983-2007
Claude Bartolone, Une élection imperdable, L'Archipel
Jean-Christophe Cambadélis, Parti pris, Plon
Jean-Luc Mélenchon, En quête de gauche, Balland
Lionel Jospin, L’impasse, Flammarion
Marie-Noëlle Lienemann, Au revoir Royal, Perrin 
Pensez également a ajouter ces ouvrages à votre liste, tant que nous y sommes :
- Astérix et la défaite de Ségolène Royal par Uderzo
- La cuisine selon Maïté : savoir cuisiner avec la défaite de Ségolène Royal
- Les aventures de troulala au pays du Ps qui a perdu à cause de Ségolène Royal
- Les trolls de troy : Pétoncles et matusels contre ségolène Royal aux éditions Soleil
- XIII - La régression Royal ... etc ...etc ...
Et bien pour ma part, je vais faire autre chose hein ... enfin s'il reste de la place dans ce capharnaüm invraisemblable. Que veulent-ils tous ? Et qu'auraient-ils dit de si intéressant dans d'autres circonstances ? Dans ce poulailler dans lequel sans doute quelque inspiration pourrait éclore, il est remarquable de constater qu'en aucune manière le vote majoritaire des militants n'est considéré comme étant respectable. Non point, vous militants socialistes, vous ne connaissez rien. Laissez donc faire les vieux de la vieille qui ne sont pour rien du tout dans la déroute du parti socialiste, qui n'ont aucune notion de l'héritage ou du passif, et qui ne discernent plus rien dans ce pays si ce n'est leur égo, et sans "S" je vous prie.
Inspirations diverses de ce billet léger et musical : Les Guignols de Canal+, rue89.com, politique.net, libération.fr
Et comme musique ? Imaginons par exemple, la salsa du PS ?
Pourquoi un socialisme pour la France ?
Par Honorgate
, le 22 Mai 2007 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
Réagir » |
|
L'élection du président Sarkozy, outre le fait d'être un révélateur de mon erreur de prédiction, est aussi une bonne occasion pour le parti socialiste français, de revoir ses objectifs. Clairement, la gauche à l'ancienne, celle de Mitterand, c'est du passé. L'avenir immédiat est à la majorité présidentielle libérale. Notre avenir, est ailleurs, permettez-moi d'insister sur ce point : le seul avenir de l'homme sera dans l'idée simple, que le système dans lequel il baigne, est à son service, et non l'inverse.
L'idée maîtresse qui pourrait nous motiver, est de se dire que finalement, l'économie libérale c'est bien, surtout lorsqu'on a un compte en banque suffisamment rempli, mais que même dans ce cas, c'est un confort bien égocentrique, et surtout qui risque fort d'être dénué d'avenir. En effet, il importe de constater sur quoi se fonde notre système. A mon avis c'est sur deux erreurs : l'homme est fait pour travailler, la croissance est le moteur de tout.
J'ai pu l'exprimer plusieurs fois sur ce blog, la croissance n'est le moteur que de notre propre perte. Plus précisément celle de nos descendants. Constatons ensemble, que la nature, à une logique toute autre. La croissance ne tombe pas du ciel pour le coup, c'est l'homme qui la créée artificiellement pour son confort (tout relatif et tellement mal réparti), et pour cela il puise fortement sur les ressources qui sont à disposition. Ainsi, les océans se vident de leurs poissons, et se remplissent de nos déchets, le ciel s'obscurcit de nos gaz, le sol s'appauvrit de ses métaux et de sa microfaune, mais est gavé de pesticides ou d'anti-fongiques, l'air se charge de particules, nos forêts disparaissent, et avec elles 80% de la faune connue. Même lorsque l'on vit dans une belle maison achetée à crédit, et que nos enfants sont nourris par Nestlé, on ne peut ignorer ces faits.
Ainsi, la croissance, c'est la spoliation systématique de la nature, pour remplir nos frigos, nos garages, et notre maison d'un ensemble de matériel qui est censé nous réconcilier avec la vie. Pire, lui donner un sens. Censé surtout de nous faire croire que notre destin est le travail. Travailler pour gagner de l'argent, mais surtout pour que les autres en gagnent aussi. Tiens donc !
Le travail est certes une saine occupation. Le contraire ne l'est pas. L'oisiveté tue, ou en tous cas, rend l'homme peu enviable. Alors oui, le travail rend l'homme digne. Mais à condition que l'homme se réalise dans son travail. Qui peut le prétendre ici ? Vous ? Moi peut-être, mais du coup mon salaire n'est pas bien élevé. En tous cas pour les autres, moi, il me suffit bien.
Travailler donc. Le culte de la valeur travail. Mais pensez-vous sérieusement que nous soyons fait que de travail. Nos valeurs fondatrices, celles qui font ce que nous sommes, n'est-ce pas plutôt la création et l'imagination ? Nous avons une intelligence qui fait que nous nous adaptons à notre monde, en le transformant pour nos besoins - cela constitue du coup aussi nos limites. Fort bien, mais cette intelligence n'est-elle pas l'expression de ces facultés créatrices? Nous sommes des êtres doués d'amour.[1] Alors, vous qui passez tant d'heures ailleurs que dans votre famille, pourquoi oeuvrez-vous réellement? Comment comptez-vous exprimer ce qui fait de vous un homme, en n'étant pas aux côtés de vos êtres chers ? Que créez-vous vraiment du coup ?
Voici donc posés les bases d'un socialisme d'avenir. Celui qui fera que notre société ne sera pas celle d'automates, mais d'hommes créatifs. Celui qui garantira aux faibles, toutes leurs chances. Celui qui saura montrer aux hommes, que leur avenir se compose d'autres concepts économiques que ceux dont on veut nous faire croire qu'ils sont les meilleurs. Celui qui fera le pari d'un monde de diversités convergentes. Celui qui imposera un système étatique au service de ses concitoyens. Celui finalement, qui mettra le système au service de l'homme.
Le libéralisme, c'est trop facile. C'est l'expression la plus simple de tous les désirs primaires de l'homme. La preuve, c'est le système que le monde choisi d'emblée. C'était un bon début, le meilleur sans doute. Mais désormais, c'est le moment d'envisager le monde, l'Europe, notre société, différemment. Le défi socialiste est un sacré pari sur l'avenir.
_________________
[1] Même si aimer est impossible, inacceptable parfois, pour Dostoïevski par exemple, ce serait plus simple si l'autre n'avait pas ce visage ...
Mais qu'est-ce que l'économie libérale ? On entend souvent dire "Avant de distribuer les richesses, il faut les créer." Si on y regarde de plus près avec désintérêt, on pourrait trouver cela ubuesque. Tuons-nous pour en profiter pourrait tout aussi bien signifier la même chose. Comme si de plus, la richesse était la solution de tout. C'est évident. Soyons riches, tel est notre destin d'hommes?
Réinventer la gauche. Le Nouvel Observateur vous propose de participer au débat, et de proposer vos idées sur cette gauche d'avenir. La social-démocratie n'est pas nécessairement l'unique solution, ce fera l'objet d'un papier futur sur mon blog.


