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Petite leçon de démocratie à l'usage des militants égarés
Par Honorgate
, le 23 Nov 2008 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Ou comment ne pas se tromper dans son jugement sur le Parti Socialiste
En démocratie, on ne peut s’affirmer vainqueur d’une élection qu’à partir du moment où l’adversaire admet sa défaite.
Au PS, ailleurs également, on semble ignorer les usages triviaux de l’exercice démocratique. C’est un mal bien Français qui prouve que nous devrions donner moins de leçons aux autres, et d’user un peu plus, à tous les niveaux, de la richesse démocratique. Je reconnais que sous l’ère sarkozienne, c’est loin d’être évident.
C'est précisément l'occasion de centrer le débat là où il devrait être : en démocratie, rien n'est fixé. (Illustration de Carioca)
Ainsi nous en parlions avec ma femme lors des résultats anticipés de l'élection du premier secrétaire du Parti Socialiste à laquelle nous participions.
Voici ce que j'entendis alors :
Evidemment, le pouvoir unique, la voix ou la voie uniques sont fortement désirés par l’homme, car ils évitent de tergiverser, ils permettent de suivre un seul individu, seul dispensateur de la vérité. Les hommes suivent, c’est leur nature, c’est animal, c’est facile. Seuls les meneurs peuvent lui disputer la place, que leur ego aimerait prendre et détenir jalousement. Pour les autres, les ouailles, la loi est la loi, le tyran est bien à sa place et fera régner l’Ordre, qui ira forcément dans leur sens ou dans le sens des meilleurs, afin qu’ils aient une chance d’être des meneurs ou de rêver de l’être.
Rallumer tous les soleils
Par Honorgate
, le 18 Nov 2008 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Le 75 ème congrès du parti socialiste s'est achevé à Reims sur le constat de la division. Cela valait vraiment le coup d'y être, au moins par caméras interposées car nous avons assisté à quelque chose de rare : le choc frontal des contradictions de la vieille garde du parti. C'est du coup l'occasion d'affirmer une nouvelle fois quelques convictions roses.
(Illustration de Kartini)
Lorsque Jacques Julliard dans son édito du Nouvel Obs de la semaine dernière, parlait de stupidité collective sous l'effet de Mme Royal, c'était peu dire. En effet alors que Ségolène Royal achève son discours de clôture du congrès, elle parle de "rallumer tous les soleils". On a vu une salle trembler. Comment, Ségolène se prend vraiment pour une déesse ! Quelle honte ! Vite huons, sifflons !
Sauf que malheureusement, cette phrase est partie intégrante d'un discours de Jean Jaurès [1]. Vous avouerez que c'est assez piquant comme situation.
Voilà en effet une bonne manière de résumer ce qu'est le parti socialiste aujourd'hui. C'est un parti plein d'avenir avec des cerveaux brillants, des militants engagés et remplis d'espoirs, mais qui est torpillé en son sein même, par la peur de l'inconnu. Ou pire encore la peur du remous. Car vu de l'extérieur, tout se passe comme si Mme Royal, Vincent Peillon, Julien Dray, Manuel Valls, Jean-Louis Bianco ou d'autres encore plus talentueux peut-être, risquaient de bouger la vieille garde socialiste bien ancrée dans un dogme qui n'existe pas.
Espoirs et regrets
Par Honorgate
, le 5 Nov 2008 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Une perception française, à chaud, de l'élection américaine de 2008.
Les américains ont su saisir leur chance. Élire à la tête des États Unis un président noir est un pari audacieux pour lequel peu de monde se serait engagé il y a un an.
La chance était à saisir, car après les calamiteuses années Bush, on pouvait soit tenter un sacré changement, au moins symbolique, soit poursuivre dans une voie déjà connue, même si le candidat républicain n'avait rien à voir avec le concepteur de l'axe du mal.
Au moins en tant que Français partisan de Mme Royal, cela fait plaisir de constater que des peuples sont audacieux en démocratie.
(Photos AFP / Lemonde.fr) En France, on n'ose pas. L'élection de M.Obama nous laisse un drôle de goût. Celui peut-être d'une opportunité ratée. Car si le 44ème président des Etats-Unis signifie l'espoir, et se distingue nettement de ses prédécesseurs, le président français actuel nous rappelle régulièrement un W.Bush ou une Tatcher. Dans l'état actuel des choses, les fonctionnaires sont jetés en pâture à l'opinion publique, le système de santé est bradé aux plus riches et aux mieux portants, les personnes du troisième âge vont devoir acheter des béquilles plus robustes pour exercer un job au rabais parce que les apôtres de la loi de la jungle ont décidé que le travail était la quintessence des valeurs.
Le président français est un homme qui se déclarait héraut du pouvoir d'achat, et qui aujourd'hui jette de tous côtés des fumigènes afin de masquer une crise, ou en tous cas de protéger les responsables, souvent banquiers, de cette débâcle capitaliste. Un homme pour qui tout était possible, mais pour qui finalement le champ des possibles se cantonne à la gesticulation et au verbe.
Mirages démocratiques
Par Honorgate
, le 4 Sep 2008 | Dans Vu de Face |
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Vers un virage démocratique au XXIème siècle
Une histoire de maison d'un copain présidentiel en Corse, une affaire de chaussures et de banque pour un autre copain présidentiel, des décisions politiques qui ravissent ceux qui ont déjà tout et qui sont eux aussi du même copinage, la manière qu'ont ceux qui ont la charge des affaires, de se servir de notre pays pour un profit personnel ou corporatiste est exaspérante.
Tout se passe aujourd'hui, sans doute déjà hier, comme si les requins devaient se nourrir vite, afin d'en profiter un maximum.
L'homme inconscient de sa finitude - le manque d'humilité le prouverait peut-être - devient soudainement avide de confort, afin de satisfaire au mieux l'état éphémère de leur vie trépidante.
(Illustration d'origine inconnue)
L'expression immédiate de ce comportement ignoble et honteux, est la juxtaposition quotidienne des activités et de la vie des riches et de celle des esclaves, pardon des modestes. En quelque sorte notre société devient le paradis des nantis et le purgatoire des pauvres. Ce dernier nourrissant le premier car tout a un prix dans ce bas monde. La mondialisation n'est que l'expression factuelle d'un monde gouverné par les puissants, pour les puissants, un monde où le profit est le moteur de la motivation. Ainsi le système se nourrit-il des populations pauvres à qui on vend un concept occidental de réussite par la possession et l'ascension sociale. Il y a quelques années en effet, on nous vantait tous les bienfaits de la Chine, et voilà ces mêmes merles qui déchantent, et lorgnent désormais vers l'Inde ou le Pakistan où les ouvriers n'auraient pas l'outrecuidance de vouloir des salaires à l'occidentale. Eva Joly a eu l'occasion d'en parler [1], ou comment l'Inde génère t-elle 100 euros de production, pour n'en récolter que 10. Le reste se volatilise dans l'éther financier, pour la plus grande joie des voltigeurs de la finance internationale. Que voulez-vous, il faut bien payer les retraites des Américains bien portants, pendant que les Indiens peinent à nourrir leur famille.
Jeux de Guerre
Par Honorgate
, le 22 Aoû 2008 | Dans Vu de Face |
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Objectif : Zéro !
Est-il possible d'argumenter en quelques minutes sur le bien fondé d'une guerre ? Je ne le crois pas. Les facteurs qui incitent un gouvernement à envoyer des soldats sont nombreux, nébuleux, et parfois il y va simplement d'une logique qui dépasse les générations. Pourquoi pas. Ce que l'on doit affirmer en revanche, c'est que la guerre est toujours la pire des solutions. Le visage de la Guerre, Dali
La guerre ne résout jamais rien puisque ce n'est jamais la dernière. La guerre est une expression qui appartient indissolublement à l'homme. Ce qui fait que nous sommes si imparfaits. Alors qu'elle peut orienter le cours de notre destinée, les hommes l'utilisent pour défendre ou conquérir un territoire, ou pour acquérir ou défendre des richesses, et beaucoup plus rarement pour défendre des idées. Il peut en être fait bon ou mauvais usage, on peut même qualifier une guerre de cause juste, mais quoiqu'il arrive, la mort d'un seul homme sera toujours un mort de trop.
On peut tout faire avec les baïonnettes, sauf s'asseoir très longtemps dessus. Clausewitz
L'essentiel est de ne pas se taire
Par Honorgate
, le 4 Aoû 2008 | Dans Vu de Face |
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Jeux Olympiques 2008 ou le sport reconsidéré
Il n'est pas question de nier l'importance économique du sport en général. Pourtant avec les jeux olympiques de Pékin et en connaissant le fonctionnement occulte du comité international olympique (qui gagne 150.000 euros par minute), l'esprit libre et indépendant ne peut pas faire autrement que de revisiter l'esprit olympique. Ce fut du reste l'objet de mon papier Pamphlet Olympique. Ainsi, alors que Pierre de Coubertin pensait que l'essentiel est de participer, désormais on peut annoncer que l'essentiel est de ne pas se taire.
Illustration switch-off-olympia.com
Les sportifs participants à cette parade sont sans aucun doute d'honnêtes gens. Pour la plupart ils ont beaucoup de talents. Il est donc vain de tenter de rapporter le débat des jeux aux seuls participants. Le problème vous le savez bien est ailleurs. Il est dans l'organisation des jeux, dans les intérêts soulevés, dans les sacrifices consentis, dans les valeurs transformées, tronquées.
Haut les coeurs
Par Honorgate
, le 1 Aoû 2008 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
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Du principe universel du balancier

Cette période estivale n'est certes pas propice à l'ébullition neuronale. Pourtant, je partage l'avis général des médias encore indépendants - il paraît qu'il en reste encore en France- nous sommes dans une époque d'hyper-présidence évidente, et je ne l'apprécie pas. C'est un processus vraisemblablement obsolète dont s'inspire notre président.
Il ne fait aucun doute que seul le progrès des bonnes fortunes est assuré dans notre pays qui pourtant semblait attiré par d'autres finalités, comme par exemple l'égalité et la fraternité. Il ne fait pas de doute, que notre système, à tous les niveaux, est fondé sur la compétition et sur la réussite.
Si je le déplore amèrement, je ne partage cependant pas le pessimisme ambiant.
J'ai lu le projet de loi désormais adopté. S'il est frileux, si les avancées authentiques que l'on espérait ne sont finalement pas retenues, en revanche, je ne vois rien d'alarmant, en tous cas rien d'horrible. Quelques modifications ici et là, dont on ne connaît de toutes manières par les conséquences puisque seul l'usage nous sortira de cette ignorance.
Le président a encore plus de pouvoir ? Et alors ? N'est-ce pas le propre de la Vème république. Permettez-moi également de vous rappeler que le président actuel, a toujours dit ce qu'il ferait, et qu'il a été élu largement pour ça, aussi. Malgré nous, malgré nous qui pestons et râlons contre ça. Et si nous en faisions trop ?





