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La lutte des automates
Par Honorgate
, le 18 Nov 2007 | Dans Vu d'en Haut |
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La géométrie de la vie
Il était une fois un monde rond qui tournait étrangement et dans lequel les êtres, qui se disaient vivants, et qui l'étaient en fait sans le savoir, furent des automates.
Et ces automates qui ne voyaient pas leur fin, car il méconnaissaient leur finitude, furent éclairés par les conséquences inattendues des jours de grève.
La grève. Cette chose étrange venue d'ailleurs - car ce n'est pas moi qui fait grève, mais l'autre empêcheur de tourner en rond, celui qui profite honteusement d'un système tellement favorable qu'il se sent contraint de ne pas travailler alors qu'il gagne tant. La grève, expression populaire qui n'apparut qu'après tant de souffrances et de morts, était pourtant mal appréciée par ces automates qui pensaient tourner justement. La quadrature du cercle, plus je travaille moins j'ai besoin de faire grève. Logique soufflée un matin d'élection. Et la pointe de ce triangle existentiel, je vis donc je vends, et pour me consoler j'achète, imposait sa loi, celle de l'automatisme du quotidien.
Prendre le train, le métro, la voiture pour aller vivre, donc vendre, afin in fine de pouvoir acheter, fut mis à mal un jour par des automates en panne qui jugeaient que décidément non, l'automatisme pouvait avoir ses limites.
Ainsi les autres automates durent ce jour là développer des montagnes de patience, de miséricorde et d'ingéniosité afin de pouvoir encore et ce jour là particulièrement, satisfaire leur condition mécanique inaltérable. Or dans notre hexagone, ces automates étaient chanceux. Ils ne le surent pas.
C'est parce que d'autres automates ne tournaient pas rond, qu'ils ont pu le temps d'une souffrance, cesser de tourner en bourrique afin de devenir des hommes confrontés à l'impitoyable agressivité du hasard et de l'impondérable. Insupportable mais salvateur. Car dans cette nuée elliptique des évènements qui passent et qui reviennent aussitôt, l'automate désarticulé dû cogiter.
En effet, ce n'est pas pensable dans notre monde qui tourne si bien - ou pas du tout, cela dépend simplement de quel hémisphère on perçoit la chose, que des automates viennent à briser l'anneau de l'atavisme. Comment, vous n'y pensez pas! S'ils réfléchissent, ils vont comprendre! Ils risquent de comprendre! Et c'est inacceptable dans notre triangle de vie!
On tourne en rond.
Et pourtant, n'avez vous pas eu le sentiment, entre deux pensées négatives, d'avoir pu un instant échapper à votre condition scellée, en devant vous rendre au travail, vous qui avez la chance d'un avoir un? Vous avez dû modifier vos habitudes, trouver des astuces ou prendre des vacances, râler, vous embouteiller, cela afin que coûte que coûte, travailler. Pour gagner plus ? Allez je suis persuadé que ces tracas nous ont sorti ne serait-ce que quelques temps de nos automatismes, afin de nous plonger dans l'humanité, celle des différences de conception, plus que de porte-feuille. Le vélib' fut l'évasion des automates parisiens.
Qu'aurions nous fait d'autant d'occasions de s'élever, et qu'en feront-ils, ceux qui pensent à la place des philosophes en prétextant que le travail fut une valeur ? Pourrions-nous ces jours là, comprendre ce que nous voulons vraiment ? Et percevrons-nous notre finitude pour penser enfin à ceux qui nous révèlent ?
L'impossible politique
Par Honorgate
, le 28 Mar 2007 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
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Ou la tragédie humaine.
Avez-vous déjà remarqué comme un politicien ne sait pas, en général, avouer son incompétence dans un domaine social? Il en est pourtant un, tout à fait actuel, qui relève de l'impossible. La régulation des sans-papiers, et plus généralement, la gestion de l'immigration.

En France comme dans tous les autres pays dits riches, des solutions sont expérimentées, des élus accèdent aux responsabilités en dénonçant celles qui ont été des échecs, et en affirmant détenir une politique cohérente d'immigration, comme j'ai pu le lire aujourd'hui dans un forum politique.
Croyez-vous vraiment que d'avoir une politique cohérente d'immigration soit quelque chose de possible? Je pense moi, que ça ne l'est pas et ne le sera jamais dans l'état actuel de toutes les convictions principales adoptées par les sociétés humaines modernes.
La problématique est finalement assez simple, surtout lorsque comme moi vous n'êtes pas expert en la matière. Et cela dit en passant il faut déjà oser être expert dans un domaine parfaitement ingérable. Tellement ingérable,d'ailleurs, que personne sur cette planète n'a jamais trouvé de réponses pérennes, humaines et efficaces dans ce domaine. En soi, le fait que cela soit un problème ajoute une dimension tragique à l'affaire.
Je parlais donc de problématique. Elle est la suivante : vous avez des pays industrialisés, riches et économiquement enviables - sans doute, et vous avez des pays émergeants (et beaucoup plus nombreux, ce qui ajoute une dimension au tragique), qui n'aspirent qu'à une seule chose, rattraper les pays riches.
Ainsi, quoique vous fassiez, le problème se posera toujours de la sorte : des pays foncent dans leur richesse et d'autres pédalent derrière. Des populations opulentes attirent ainsi des populations pauvres. Pourquoi pas nous, n'est-ce pas?
Et c'est en cela que la solution d'une politique d'immigration cohérente est impossible, car raisonnablement la seule solution serait d'arrêter sur le champ (les dégâts sont encore gérables, mais pour combien de temps) toute croissance dans tous les pays riches. Alors les autres pays en voie de développement pourraient les rattraper, puis charge aux gouvernants d'élaborer une stratégie commune de croissance retrouvée, pondérée et équitable.
Cela vous ne vous échappera pas que c'est audacieusement fou. C'est même, à moins d'être illuminé, absolument pas envisageable.
Et pourtant, y aurait-il d'issues qui ne soient pas empreintes de malheur, de heurts, de violence ou d'inepties comme celle qui consiste à dire qu'il suffit de fermer les frontières, ou pire encore de mettre dehors ces étrangers. Pour le coup c'est intégralement ridicule. C'est parier sur un contresens évolutif. A l'heure de la mondialisation, et des moyens techniques suffisants, comment voudriez-vous y parvenir? En construisant des avions (charters) et des murs de 1000 mètres de haut? Allons. Du reste, on le dit, mais on ne le fait pas. Si c'était vraiment la solution, notre histoire aurait été le témoin des différents résultats d'une telle politique.
Hélas donc, les politiques n'ont pas de solutions cohérentes, car ces solutions n'existent pas. C'est une tragédie de notre temps, pour laquelle la seule issue serait dans une immense sagesse partagée. Pensez-vous en être capable? Vous peut-être, mais les autres?
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Quelques données sur l'immigration.
La politique d'immigration en France de 1974 à 2005. Dossier de la documentation française.
Dossier du Sénat sur l'immigration et le droit d'asile en Europe.
Et pour les candidats à l'élection présidentielles française de 2007 ? Quelles sont leurs solutions ?
M.Bayrou, Mme Royal, M.Sarkozy, M.LePen, M.Besancenot.
Des feuilles allergiques aux humains
Par Honorgate
, le 9 Oct 2005 | Dans Vue Excentrique |
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Un souvenir de voyage à l'autre bout de la planète. Cette plante, n'aime pas les humains vous dis-je ! Ils appelent ça une sensitive, ils ce sont les kanaks de Nouvelle Calédonie (à 22000 kms de Paris, dans le Pacifique Sud)
Y'en a partout de cette petite plante, et si on y prète pas attention, on marche dessus sans jamais la voir. C'est sans doute pour ça qu'elle ne nous aime pas du reste.
Version intégrale avi (Tout plus mieux pour bien voir)
Une observation des dégâts dus au colonialisme, en Calédonie.
Par Honorgate
, le 5 Jul 2005 | Dans Vu de Près |
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La tradition sous le joug du progrès.
Après quelques mois sur une des toutes dernières colonies de la France, une ancienne colonie pénitentiaire, excusez du peu, j’en arrive à ne plus trouver aucun avantage à « l’apport éclairé de la civilisation occidentale ». En tous cas, mon opinion se trouve désormais nuancée.
Publié originellement dans la section Edito en mai 2004
Certes j’entends les pionniers de la Calédonie prétendre que la France a apporté un saut de 200 ans dans le temps depuis le XIXème siècle. Mais ce que je constate c’est que d’une part ce sont quelques hommes qui s’enrichissent, surtout des métropolitains à Nouméa, et d’autre part la perte d’identité du peuple mélanésien-kanak est incroyablement plus dramatique que l’absence de pick-up, de téléphone ou de Canal Satellite. Car finalement, hormis les routes goudronnées construites bien tardivement (depuis à peine 20 ans) dans les tribus, et la distribution sur tout le territoire de la bière locale « Number One » [1], les conséquences de ce savoir occidental ne se ressentent que dans la perdition alcoolique de bons nombres des kanaks.
Le Dakar, l’Asie ou l’émotion sélective.
Par Honorgate
, le 16 Jan 2005 | Dans Vu de Près |
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Malheurs choisis
L’actualité est en ce moment des plus écœurantes. Le malheur frappe partout, et l’homme ne peut s’empêcher de réagir de la manière la plus désolante qui soit.
Donnez ce que vous voulez pour l’Asie. Parfait. Et le reste du monde ? Pensez-vous que cela aille beaucoup mieux en Afrique, ou en bas de chez vous ? Le sans abri que vous croisez quotidiennement, accapare t-il autant vos émotions?
Ah, lorsque la mort frappe l’homme par le truchement de la nature cela ne nous est pas acceptable. En revanche lorsqu’en Bosnie, à la porte de l’Europe, l’on s’entredéchirait, les statistiques chères à nos journalistes étaient équivalentes, cela nous semblait peu important. L’homme peut se tuer lui-même, mais voilà bien un privilège qu’il ne saurait partager avec quiconque. Quel manque d’humilité. Et nous qui pensions que nous étions au dessus de tout. Ben non.
La mort d’un motard sur le Dakar le place en revanche sur un piédestal émotionnel, aux dépends de l’enfant anonyme qui se fait écraser chez lui. Cela ne nécessite ni ruban noir, ni gros plans de larmes, entre deux sponsors. Honteux. Mais ils ont choisis leurs morts eux aussi. Le désert plus fort que la machine surpasse la machine plus lourde que l’homme.
Un beau résumé de nos errances. Alors pardonnez ma révolte contre la compétition du Dakar et les multiples invitations aux dons. Pardonnez mes émotions différentes des vôtres. L’enfant dans son désert et le sans abri près de chez moi.
Les voeux pavloviens
Par Honorgate
, le 3 Jan 2005 | Dans Vu de Près |
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Meilleurs vœux
Comme si on espérait que le ciel nous entende. A moins que ce soit une habille manière pour se libérer de tout effort pour l’année ?
La catastrophe naturelle en Asie a renforcé mon impression d’inutilité de certains mots. En tous cas l’usage inapproprié devient flagrant. A l’hostilité naturelle de notre planète nous ne pouvons opposer que notre humilité. A quoi bon ajouter cette pincée d’indignation dans nos vœux de cette année ? C’est fondamentalement inutile et irréfléchi en la circonstance.
Rendons nous compte qu’il ne tient qu’à nous pour rendre cette année belle à nos prochains, voire à nous-même. La parole lancée par mimétisme d’un vœu pour nos proches ne suffit pas à nous donner bonne conscience pour un an, et d’oublier dès la fin de la semaine les efforts que nous devrons tous, à un moment donné ou à un autre, faire pour les autres.
Finalement souhaiter la bonne année fini par être une expression grotesque de lâcheté. Car vu le nombre de fois où nous n’avons pas manqué de souhaiter la bonne année, cela ferait longtemps que nous n’aurions plus de soucis. Certes c’est un peu caricatural, mais est-ce si candide ?
Alors je ne sais pas vous, mais je tâche et ce n’est pas chose facile, d’accommoder mes vœux distillés, d’actions quotidiennes en harmonie.




