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La primauté des intérêts
Par Honorgate
, le 3 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
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Ou l'intérêt des primats
Le relais de l'information est actuellement au cœur de beaucoup d'intérêts. Mon intérêt est de trouver de l'information juste, qui m'intéresse, sans trop ponctionner sur mon capital temps de réflexion disponible. L'intérêt de ceux qui fabriquent l'argent, est qu'ils puissent prévoir et agir a propos, efficacement et durablement. Dans cette tourmente, des initiatives nouvelles voient le jour. Le journal en ligne Mediapart participe à cette genèse.
A peine sorti des cerveaux libres et a priori indépendants, le projet Médiapart auquel je crois puisque je suis abonné, est attaqué juridiquement par un puissant groupe de presse franco-belge. Les raisons sont pour nous simples citoyens, complètement fallacieuses, mais les intentions sont conquérantes : récupérer la ligne éditoriale, couper l'herbe sous les pieds de ces journalistes, anéantir toute tentative d'indépendance. Une indépendance qui pourrait déranger, et compliquer la visibilité des intérêts financiers de ceux qui fabriquent l'argent.
Il est à lui seul de toutes manières très intéressant, et révèle s'il le fallait encore, le combat actuel : la lutte de l'homme contre la dictature économique.
En effet, au delà d'une trop simple et obsolète vision de gauche, nous assistons vous comme moi, aux conséquences du diktat économique.
Nous ne savons finalement plus très bien si l'économie est un outil inventé par l'homme pour agrémenter son environnement, ou bien si ce système ainsi créé supplante le libre arbitre pour transformer l'homme en simple esclave.
Ceux qui gagnent avec ce système l'utilisent déraisonnablement à leur profit. Cette absence de tempérance a de multiples visages : une haute finance totalement amorale - nous avons pu entrevoir un des épisodes avec l'affaire du trader d'une grande banque française, une politique exclusivement gestionnaire - on calcule, additionne, comptabilise, enfin, un gouffre béant entre les nantis et les modestes qui a entre autres pour conséquence une systématisation des intérêts oligarchiques aux dépends de l'intérêt commun.
Ce qui nous apparaît étrange, ou négatif, aujourd'hui sera néfaste et catastrophique demain. George Bernanos disait en l'occurence que le pas des mendiants feront trembler le monde. Parce que le monde selon l'homme est ainsi, il faut toujours passer par l'excès pour trouver une nouvelle voie plus raisonnable et également profitable.
Ainsi, je pense que nous sommes aujourd'hui à quelques œuvres du sommet de l'excès. Le combat que mène aujourd'hui l'équipe de Mediapart jalonnera sans doute la route du retour à la raison. Ce n'est pas le seul, ils sont nombreux, même si le problème auquel est confronté Mediapart pourrait être un simple manque de prévoyance.[1] Il nous appartient je crois, à ceux qui n'ont pas d'autres intérêts que d'aimer leur famille et de leur assurer une vie suffisante, de ne pas être indifférent à ces enjeux. Nous ne pouvons pas et ne devons pas laisser à nos enfants un monde gouverné par l'ordre technico-économique. Notre monde est un monde d'hommes égaux gouverné par l'ordre moral et politique. Dans le cas contraire, cela ne me semble pas viable.
Dans cet esprit de lutte, même modeste, c'est toujours mieux en musique...
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[1] Mon point de vue ici repose simplement sur l'idée que le business pourrait avoir raison de tout, même d'initiatives indépendantes et a priori clairvoyantes. Ainsi, le problème auquel est confronté Mediapart, pourrait-il avoir d'autres origines ?
Un article de Versac propose une autre voie. Voire, car je préfère me placer du côté des plus faibles, ça changera. Et ce n'est pas en disant ça que je deviens du coup trotskiste comme ils disent là-bas. De toutes manières dans certains blogs c'est immédiat, dès que vous tentez de faire preuve d'un soupçon d'humanité, vous êtes taxé de trotskiste de bas étage. C'est assez fort.
Cet article de VinZ traite le problème de la même manière.
Remettre l'info à sa juste place.
Par Honorgate
, le 15 Jan 2008 | Dans A Vue de Nez |
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Le hold-up permanent
J'ai pu lire que la quête de l'information manquait de pertinence lorsqu'elle se faisait par le biais des blogueurs, car il manquait un atout essentiel : l'analyse. Je n'échappe pas à ce constat qui me semble tout à fait juste. Mes papiers ici ne sont que factuels, guère plus. Pourtant au delà de l'indispensable spécialisation des métiers, dont celui qui consiste à présenter d'autres faits à un maximum de personnes, mon temps libre déjà bien réduit, 35 heures ou pas, je persiste à espérer qu'un point de vue soumis au filtre de a propre existence vaut bien toutes les analyses.
Je vois déjà les puristes affirmer que l'improvisation a ses limites. Je prétends au contraire qu'il n'ait nul besoin de spécialistes auto-proclamés - car ils le seront d'une manière ou d'une autre, par une caste ou un système clos, se nourrissant de leurs propres bourgeons. Les acteurs de notre quotidien sont aussi et surtout les décideurs de notre lendemain, envers lesquels nous sommes contraint d'accepter leurs concepts et leurs conséquences. Nous nous adaptons avec plus ou moins de succès à ce système. Et notre temps libre mis à mal par la logique sociale du coup imposée, tripartite, apprentissage - vie professionnelle - retraite, se voit amputer par la nécessité de comprendre notre environnement, afin de précisément s'y adapter.
L'info, celle qui est diffusée sur TF1 ou sur Rue89 nous est imposée avec moults subtilités et sous-entendus. Il est structurellement impossible de lire ou d'entendre un fait qui soit intégralement et simplement décrypté. Ceux qui prennent en otage notre temps, nos élus politiques, nos patrons, n'œuvrent pour la plupart, que dans leur cercle, selon leur ressenti, qui peut être bien loin du nôtre.
Il faut certainement pour celles et ceux qui veulent anticiper le lendemain, des moyens proposés qui soient absolument dignes de confiance, et qui se suffisent à eux-mêmes. Personnellement bien que je sois agnostique, je ne vois pour cela que la Bible qui puisse répondre à cet objectif.
Ainsi, notre propre expérience, notre ressenti, nos authentiques émotions peuvent tout à fait servir la cause d'une analyse simple mais efficace de tous nos quotidiens. Des femmes et des hommes agissent nous l'avons dit, tous les jours, pour modifier aléatoirement notre lendemain, de manière positive ou négative. Ainsi, on peut tout à fait porter crédit à la multiplicité des analyses qui puisent leurs forces dans leur diversité pour sans doute trouver in fine un consensus, ou en tous cas, un fil conducteur compatible avec sa propre conception des choses. Les blogs peuvent ainsi répondre à cet objectif. Les analyses imprécises ferraient alors le pendant de la collusion des intérêts des décideurs, et de l'information qu'ils proposent à ceux qui la diffusent. Fussent-ils experts.
Sans doute faudrait-il trouver le moyen de rassembler cette richesse d'authenticité, de telle manière à s'adapter à l'étroitesse du temps disponible pour la réflexion. L'info experte, telle qu'elle commence à se dessiner sur le Net, ne sera pas la solution définitive à ce problème. Les experts n'échappent pas à la logique dont nous parlions: le cloisonnement des intérêts.
L'info n'est-ce pas comme la météo? Quel temps fera t-il au dessus de ma vie demain ou après demain? On peut vouloir le soleil, mais d'autres auront intérêt à recevoir de la pluie. Et pour cela on peut tout à fait affirmer, faire croire, qu'il fait grand beau sous un ciel gris.
Finalement, nos décideurs parient, peut-être inconsciemment, sur le peu de temps de cerveau dont nous disposons, pour déployer leurs concepts de l'organisation sociale. Ont-ils conscience qu'ils organisent du coup notre vie? A cet invariable contrariété j'oppose sans hésiter nos maigres analyses souvent fondées sur ce qui ne s'apprend pas, le ressenti, l'intime conviction, qui vaut toutes les expertises du monde lorsqu'il s'agit de l'humanité. Simplement et parce que le registre politico-économique est écarté. C'est toute l'opposition entre les techniciens et les sentimentaux. J'adhère volontier au second camp. C'est ce qui fait du coup, que je ne mange pas des bananes au milieu de la jungle un bâton à la main, mais que je vis dans une cité au milieu des mes congénères, sans intention de chiper la banane de mon voisin, ou le territoire de l'autre.
Le syndrome de Stockholm
Par Honorgate
, le 9 Jan 2008 | Dans Vu de Près |
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Ou les rapports entre les journalistes français et M.Sarkosy
Un évènement récent m'a mis la puce à l'oreille. Certes, la complaisance des journalistes français à l'égard du pouvoir n'est vraiment pas quelque chose de nouveau, mais avec l'ère Sarkosy, on frôle la caricature permanente.
Tous les journalistes n'ont pas encore l'intention en France de jouer aux bons élèves respectueux de Monsieur le Maître, afin de récolter un bon point. Remarquez si ce n'était que des bons points, la gravité serait moindre. Ainsi M.Joffrin du journal Libération a t-il voulu lors d'une conférence de presse organisée par M.Sarkosy, poser une question pour une fois pas calibrée par l'Elysée (a priori), jugez par vous-même.
Ce que je retiens essentiellement, outre la grossièreté désormais légendaire du président, qui à l'inverse d'un monarque, manque singulièrement de classe, c'est la réaction des confrères du journaliste malmené. Remarquez comme ils se comportent bien : ils rient aux lançades du président. Comme de bons élèves qui veulent obtenir les faveurs du professeur.
Mais quelle honte !
C'est une honte car non seulement ils font preuve de crétinerie, mais en plus leur loyauté au corps de métier qu'ils représentent, trouve bien rapidement ses limites. Un homme, qui s'il était autre chose qu'un président, que l'on qualifierait immédiatement de grossier, met en opposition un journaliste professionnel qui ne fait que son métier, face à ses confrères qui eux semblent du coup le faire moins bien. Ils le font moins bien car leurs questions sont sans aucune espèce d'intérêt. La presse française ne saurait être le support officiel d'un culte de la personnalité, censé masquer l'inefficacité ou la dangerosité d'une politique hasardeuse, ou au moins oligarchique. Ces journalistes inscrivent là, ridiculement, leur attachement à une profession sur le déclin, et semblent se délecter d'une chute vers le pitoyable.
Je ne comprends pas comment autant de cerveaux peuvent cautionner, même si on est du même bord politique, à ce point la beaufitude. Nous n'avons là de la part du chef de l'état aucun argument logique et utile qui pourrait contredire la question certes accusatrice, mais honorable, d'un observateur attentif et critique. Car je ne sais pas si ces messieurs à la carte de presse pourtant tricolore, savent que la république appartient à tous les français, et non pas exclusivement à leurs représentants fussent-ils aux plus hautes fonctions de l'état. Nous sommes donc en droit de nous poser cette question de la personnalisation du pouvoir, et nous sommes en droit d'avoir de la part du président une réponse honnête. Nous sommes en droit également d'attendre de nos journalistes qu'il fassent preuve de clairvoyance au moins, de tempérance certainement, mais surtout d'indépendance. Lors de cette conférence de presse, il ne me semble pas trouver aucune de ces vertus.
Je suis donc atterré par la sémantique présidentielle, ça commence à être habituel, mais surtout consterné par la petitesse de nos journalistes hexagonaux, sur qui pourtant on compte un peu pour éclairer notre perception du monde, et de notre pays. La confiance modérée que j'apportais encore dans les médias, est ainsi considérablement mis à mal par ces hommes aux sourires idiots et aux rires crétins. Sans doute alors pourrait-on croire que ces hommes sont pris en otage par un président omniprésent, qui tel un ravisseur, finit par trouver dans ses otages de l'admiration.
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Syndrome de Stockholm : Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à adopter un peu ou tous les points de vue de ceux-ci.
Ce comportement paradoxal des victimes de prise d'otage, a été décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg qui lui donne ce nom syndrome de Stockholm, en relation avec un fait divers ayant eu lieu dans cette même ville.
Inversement le syndrome peut s'appliquer aux ravisseurs, qui peuvent être influencés par le point de vue de l'otage. Ce syndrome est parfois, par erreur, appelé syndrome d'Helsinki. (Wikipedia)
L'édito de Rolland Joffrin
Les figures de styles du président selon Libé.fr
Voter à droite ou à gauche, quelles différences ?
Par Honorgate
, le 12 Jun 2007 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Ou le jeu des dupes.
Désormais les jeux sont faits, en France, nous sommes parti pour au moins 5 ans de politique de droite. Et ce n'est pas qu'un jeu de couleurs, bleu ou rouge, mais bien un état d'esprit si l'on en juge par les débats contradictoires qui ne manquent pas d'éclore ici et là. D'aucuns s'opposent sur les idées ou sur les actes, sans jamais toutefois admettre que l'autre n'a pas nécessairement tort. Y aurait-il une fatale opposition et pourquoi ?
Pourquoi ne pas choisir quelques critères qui pourraient assez justement définir une pensée de droite et une pensée de gauche. Dans ce genre d'exercice périlleux, il est nécessaire je pense de se fonder sur l'observation de son entourage. Et comme ce dernier n'est pas réduit qu'au poisson rouge, je me dis, que cela doit être une base acceptable d'étude. Même si je suis conscient de ses limites.
Autour de moi, et autour de ceux avec qui je suis en contact, il ressort nettement que le vote de droite est porté par un souci égocentrique. C'est en tout cas l'expression d'une sensibilité aux slogans politiques sarkosiens. Je vote à droite car il y en a assez des assistés, des étrangers, des demi-mesures, et qu'une politique autoritaire est la seule à pouvoir nous sortir du marasme. Je vote à droite car l'idée d'être payé plus, parce que je travaille plus, me plaît, parce qu'il faut protéger mon patrimoine, parce qu'au moins avec eux, les étrangers ne seront pas prioritaires sur nous, les français, qui seront très bientôt tous propriétaires. Je vote à droite, car ma famille l'a toujours fait, car ma famille possède des propriétés et des actions. Je vote à droite, enfin, car c'est bon pour les cours de la bourse. Et ma retraite est en bourse.
Ce sont ces affirmations qui m'incitent à penser à un confort personnel – ce qui n'exclue absolument pas de la sincérité de la part des mes contradicteurs. Ils partent quasiment tous du postulat que seule la droite peut le faire. Pourquoi cela?
Parce que l'équipe de M.Sarkozy se démène depuis quelques années maintenant pour nous faire croire qu'elle incarne un changement, alors qu'il était numéro 2 du gouvernement, qu'elle seule puisse mener à bien des réformes nécessaires pour la bonne marche de notre pays. En fait, jusqu'à ce moment là, tout ou presque, allait bien pour nous, mais on nous affirme que tout va mal, alors puisque c'est répété à longueur de temps dans tous les médias, c'est que cela doit être vrai !
La droite a ce crédit, car elle sait utiliser les aphorismes: assistanat, flux migratoires, mai 68, sécurité, travail etc ... Pourtant, jamais personne en France, ne pourrait démontrer l'impact négatif de cet assistanat (s'il existe) sur notre économie, et pire encore, personne ne pourrait prétendre que si d'un coup, on arrêtait les subventions, et l'aide aux immigrants, cela lui rapporterait quoique ce soit [1]. Personne encore n'envie véritablement le sort des Rmistes, ou des boat people, car étrangement, ce sont ceux à qui il ne manque rien qui me parlent de ces abus.
Ainsi, les convictions se fondent-elles sur du slogan, sur de l'a-priori, mais nullement sur des faits constatés et démontrés. Ces convictions se fondent également sur un discours qui affronte les catégories sociales les unes aux autres. Ce que l'autre a, ou n'a pas, c'est ce qui me manque, ou que l'on pourrait m'enlever.
En ce sens, je ne pense pas qu'il fût judicieux d'opposer les projets présidentiels des uns et des autres, car jamais, le programme de Sarkozy n'a été publié en entier, et lors de la plupart des débats, on entendait les porte-paroles parler de concret et de projet. Mais juste de ces mots là, jamais de ce qu'il y avait derrière cela, jamais de choses concrètes, jamais de la teneur véritable du projet. Leur stratégie fut claire : matraquages, slogans, démagogie, clientélisme. « On va arrêter de parler, nous c'est du concret !» Oui, et après? Rien, en fait si, la même chose.
C'est donc bien une motivation égocentrique que j'observe le plus souvent chez ceux qui votent à droite, c'est également la compréhension picturale de la politique [2]. J'aimerais pourtant ne pas achever ma conclusion là dessus. Il faut dire que je ne côtoie pas de cadres de la haute finance, qui pourraient certainement avec plus de justesse me sensibiliser sur les bienfaits d'une politique plutôt technique qu'humaine.
C'est précisément cet aspect qui détermine un vote de gauche. Mis à part les irréductibles contestataires d'un système qui voteraient sans doute très à gauche, il me semble que les partisans du social le soient car leur conscience de la fragilité d'une fraction de leurs concitoyens est aiguisé, et ils n'envisagent pas un développement du pays en sacrifiant ces plus faibles. Le vote de gauche est sans doute un vote essentiellement humaniste qui fait le pari qu'un pays se forge grâce au talent de tous ses hommes. Il fait également le pari, que le développement n'a d'intérêt que s'il est partagé. A quoi bon le progrès s'il ne profite qu'à une élite ? Le vote de gauche, et c'est à mon avis son principal intérêt, replace l'homme correctement dans le système. Il met l'homme au centre de toute chose, et ne sacrifie pas sa fragilité pour un système économique spoliateur ou rude. Il réfute également l'idée d'asservissement d'une classe sociale au profit d'une autre.
Certes, cette catégorisation me semble trop caricaturale, combien même soit-elle fondée sur des observations ou des dialogues. Elle ne suffit sans doute pas non plus à expliquer l'extrême difficulté à se faire comprendre par ceux qui ne pensent pas comme soi, ni a justifier la mauvaise foi de part et d'autre [3]. Elle ne suffit pas non plus à expliquer le manque évident de courage de la part des décideurs politiques, qui a aucun moment ne tentent de favoriser les valeurs fondatrices de l'humanité, qui sont beaucoup de choses, mais pas techniques.
Ce dont je reste persuadé, c'est que seule une idée généreuse et tempérée de l'existence pourra nous permettre de progresser en harmonie, c'est à dire autrement que ce qui est actuellement donné comme étant l'unique système viable : la croissance à tout prix. L'homme ne s'adapte pas à son milieu de vie grâce à ses griffes ou ses crocs, mais bien par son intelligence. Et les solutions immédiates, celles qui plaisent à notre cortex primaire, ne me semblent pas faire honneur à cette faculté. Je pense aussi qu'on ne doit pas accepter cette idée trop répandue, que la vie est un enfer, et que le seul moyen de survivre c'est de mettre tout ça en équation et de mouiller sa chemise.
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[1] Je ne connais en tous cas aucun chiffre qui prouve que le RMI coûte trop cher à la France, ou ne sert à rien, ni aucun chiffre sur le coût réel de ceux qui en profitent. On ne sait même pas ce que cela signifie du reste : a partir de quand est-on assisté? Pire, je ne comprends alors pas qu'on ne supprime pas toute forme d'allocation à ceux qui émargent à plus de 2500€ par mois. Vous comprendrez que cette logique d'opposition, a vite ses limites.
[2] A opposer à un concept politique. La politique comme résultat de concepts sociaux-économiques. Force est de constater qu'avec le recul, a part quelques promesses fortes lancées régulièrement, pour lesquelles le gouvernement se dépêche maintenant d'appliquer pendant les échéances électorales, afin de récolter de suite un bénéfice, le programme sarkosien ne comporte rien de très bouleversant. Je vous fais le pari, que pour l'immense majorité d'entre nous, dans 5 ans, rien n'aura changé. En revanche, les images clés, les phrases bien placées, sont légions. Et nous de gober.
[3] Car quelques soient les résultats de l'actuelle politique, on nous dira toujours qu'avec l'autre côté cela aurait été pire, ou bien que finalement ce n'est pas si mal que ça ...
Le commerce ou la vie ?
Par Honorgate
, le 17 Nov 2004 | Dans Vu de Près |
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Les médiocres du petit écran.
Est-il besoin de prouver encore une fois que d'une part la télé est lamentable et que d'autre part les hommes qui la façonnent bien davantage ?
Ce n’est pas possible. France 2. Une heure de grande écoute. Imaginez deux choses, un logo visible sur un sac à dos, et un homme au sol, mourant, qui d’un seul coup voit son sang jaillir de partout suite à un impact de balle.
Vision insoutenable. Mais laquelle ? Celle du logo que les rédacteurs de France 2 vont masquer, ou cet homme perdant la vie devant nous de manière brutale ?
Magnifique ce choix des décideurs de France 2, celui du fric plutôt que celui de la vie. Vous préférez messieurs, que je ne pourrais voir sans vous mépriser, respecter vos finances plutôt que la vie d’un homme et la sensibilité de vos spectateurs !
Mais qui êtes-vous ? Des robots, des hommes lobotomisés ? Quoi donc ? Et vous osez encore adresser la parole à vos congénères ? Ce n’est pas possible, vous êtes perdus. Vous ne percevez plus l’essentiel de l’accessoire. Dramatique, effrayant mais surtout rageant.
Car non seulement vous faites l’apologie de la violence sous un fallacieux prétexte d’information en nous montrant ces soldats américains, mais vous confirmez votre tendance sadique à nous apprendre que le business prime sur l’homme.
Les comportements étranges (4)
Par Honorgate
, le 9 Nov 2004 | Dans Vu de Près |
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De l'usage de la parole par les journalistes.
S’il est une chose que l’on attend des journalistes qui utilisent la voix pour faire leur métier, c’est précisément qu’elle soit agréable à défaut d’être intelligible.
Mais non. Prêtez l’oreille et rendez-vous compte à quel point ils sont désagréables avec leurs tics de langage, les syllabes frappées, martelées, agressées. Les mots expédiés vers l’auditeur, en harmonie avec le rendement sans doute.
Ce sont les seuls qui arrivent sans rougir à associer la parole avec le rendement. C’est un savoir faire que l’on pressent acquis dans leurs écoles. Ils fonctionnent tous sous le même principe. Surtout les jeunes journalistes, sur des chaînes de télé paumées. A la radio la gangrène ne monte pas encore, on ose croire à un minimum de talent.
Le pire c’est lorsqu’ils utilisent ce déversoir à parole pour des sujets qui n’intéressent qu’eux, et le remplissage de la grille horaire. Bien entendu, cette incapacité à être auditivement agréable accompagne toujours un sujet creux. C’est insupportable. C’est un peu comme s’ils tâchaient de se convaincre eux-mêmes. A moins qui la pression hiérarchique ne les rendent nerveux.
Cette maladie de la parole a toujours été présente chez les commentateurs sportifs, ce qui n’est pas scandaleux car tout le monde sait que ce n’est pas intéressant. Mais lorsque cela concerne les journalistes en costume cravate sur des soi-disant chaînes respectables, les prémices de la catastrophe irréversible sont là.
Toujours est-il que cela se répand comme une épidémie sur le satellite ou le câble. Prenez garde, nous sommes devenus les champions du zapping rédempteur. Vos mots lâchés de si belle manière sur nos lucarnes bleues, ne franchiront pas le filtre de notre index posé sur le bouton de la télécommande.
Au moins tâchez de progresser, pour le bien de nos oreilles et pour l’avenir de l’intérêt d’allumer notre télé. Et si vous n’y arrivez pas, goûtez aux bienfaits de l’humilité.
Les métiers médiatiques
Par Honorgate
, le 18 Oct 2004 | Dans Vu de Près |
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Etre l'heureux acteur d'un métier original. Voilà que cela vous fait envie ? Vous avez tort !
Je vous vois venir: "Encore un qui va se plaindre alors qu'il fait un chouette métier". Ou pire, d'aucuns diront que vous ne travaillez pas, avec un job aussi plaisant ! (Oui ils osent!). Mais c'est que vous ne savez pas tout sur ces métiers-qui-n'en-sont-pas. Comme s'il fallait toujours pousser des wagonnets au fond d'une mine.
Le problème avec ces métiers pas ordinaire, on ne sait d'ailleurs pas trop ce que cela signifie, c'est qu'ils sont médiatiques ! Eh oui, non seulement ça passe bien à la télé, mais en plus leurs décideurs estiment parfois que c'est nécessaire pour la survie du métier. Ben oui, il faut de la rentabilité. A croire que cela ne rime pas avec métier agréable.
Du coup, lorsque vous travaillez, d'autres, qui travaillent aussi du coup, viennent vous fourrer une caméra devant le nez, et un micro sur le bord des lèvres. Et non, je n'ai pas la nausée. Ce n'est pas désagréable, mais tout de même, je travaille moi ! On vient vous embêter vous qui travaillez tous les jours à votre bureau ? (Ah oui, parce qu'un bureau ça passe pas bien à l'écran)
Imaginez un peu, ce foutoir télévisuel dans votre quotidien professionnel. Impossible de faire correctement votre boulot du coup. (Je vois un petit malin qui prétend que ça n'a pas l'air de contrarier notre concentration)
Et voilà ! Alors puisque c'est médiatique ce n'est pas intellectuel ?


