Tags: libéralisme
Un citoyen français aujourd'hui
Par Honorgate
, le 11 Jun 2008 | Dans Vu de Face |
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Être français est quelque chose dont on peut être fier. Je suis fier d'être français. Pourtant si je tente de m'intéresser vaguement à la vie de mon pays et des orientations prises par la représentation nationale - ce qui me concerne, mais aussi mes enfants - je reste sceptique, et pourquoi pas affolé.
Illustration Grzegorz Kmin
J'ai appris en effet que les dépenses de l'Elysée ont augmentées de plus de 8% cette année. Ce n'est pas nécessairement scandaleux, c'est sans doute assez peu intéressant, mais cela me consterne car je ne peux m'empêcher de juxtaposer à cela le discours officiel.
Ainsi, en tant que bon citoyen je devrais me serrer la ceinture, accepter une logique de reprise économique qui passe par des prétentions modérées. Je ne devrais pas exiger de l'état qu'il pourvoit à ma maladie [1], je devrais être certain que je ne suis pas au chômage parce que je le veux bien [2], et si j'ai un travail, je dois prévoir d'en faire au moins deux, car un seul me ferait moins gagner d'argent que d'être RMiste [3]. Si j'étais un bon citoyen je devrais également accepter de travailler sans compter mes heures, même si je ne suis pas payé davantage, ou alors simplement en discours officiel qui prétend le contraire, je devrais accepter de travailler plus longtemps car être senior c'est un poids pour le pays, je devrais enfin accepter cette petite retraite, car vous comprenez, ça coûte trop cher et ce n'est pas compatible avec la logique du business. Du coup je ne comprendrais pas non plus pourquoi ma retraite vaudrait infiniment moins qu'un autre qui fût lui grand patron.[4]
Une affaire de libéralisme ?
Par Honorgate
, le 30 Mai 2008 | Dans Vues politiques |
8 retours » |
C'est étonnant de remarquer pour un néophyte comme moi en économie, comme on peu débattre de beaucoup de choses concernant le libéralisme. Si l'on se réfère au récent échange entre Mme Royal et Mr Delanoë, on pourrait croire que toute la valeur politique actuelle, tient en un seul mot : le libéralisme.
Illustration Nick Dewar
Pour un passionné politique (bien modeste dans mes actes) que je suis, en revanche, je suis un peu consterné, de constater que pour beaucoup de socialistes, en tous cas ceux qui s'expriment, on puisse se perdre en conjectures, même si elles sont très intéressantes.
Je vais oser aller vite dans mon idée fondatrice. Celle que les philosophes nous ont apprise: il est bon de se méfier du mélange des ordres. L'ordre technico-économique, l'ordre religieux et l'ordre politique doivent en ce sens être distincts.
J'ai pourtant bien l'impression qu'une lecture moderne du libéralisme m'autorise malgré ma modeste compréhension de ce monde, à constater que l'économie commande au politique.
Qui gouverne actuellement le monde si ce n'est l'argent ?
Je ne crois en effet pas du tout au grand principe libéral qui serait une philosophie. Car lorsque les politiques tentent ce coup là, on découvre aujourd'hui qu'en fait c'est l'actionnaire juste derrière, qui tire les ficelles.
Le principe grand prince du libéralisme exprimant une ode à soi-même, compte tenu de ce qu'est la miséricorde chez l'homme et son immense sens du sacrifice et sa notion si particulière de l'égalité, incite immanquablement le business à oeuvrer à tous crins.
Et ce business là ne sert que les plus forts.
Le libéralisme lu de cette manière, c'est donc la tarte à la crème des discussions dans les salons feutrés des faiseurs d'argent.
Une application du capitalisme
Par Honorgate
, le 7 Aoû 2006 | Dans Vues politiques |
2 retours » |
Le système capitalisme tel qu'il est appliqué encore actuellement demeure spoliateur. Il ne créé pas de richesse puisque la précarité se développe. Ainsi on ne peut parler d'un système bénéfique s'il ne profite qu'à une fraction de la population.
Bien qu'il soit au bord de l'asphyxie, nous n'avons cependant pas encore trouvé mieux comme système: déficit commercial américain abyssal, 180 millions d'euros qui partent dans le capital en France par an. Selon l'INSEE (2004) la part des salaires dans le PIB a baissé de 11% en vingt ans. [1]
Or pour que ce système soit viable, il faut consommer. Cela signifie donc directement que pour cela il faut avoir un salaire. Donc du travail, et qui plus est suffisamment bien payé. Plutôt que de se focaliser sur la croissance ne vaudrait-il mieux pas se focaliser sur le chômage ?
Ce n'est donc pas dans un pays de plus de 2 millions de chômeurs (officiels), 5 millions de précaires (plus rigoureusement) [2], et dans lequel la productivité par travailleur est la plus élevée au monde [3], que l'on va pouvoir développer le capitalisme pour le profit de tous. Cependant les déclartions récentes de M. de Villepin, premier ministre français, sont consternantes [4] :
un ambitieux objectif pour le chômage, descendre sous la barre des deux millions !
Mais monsieur le premier ministre, ce qui est ambitieux ce n'est pas de mentir ou d'ajouter des sparadraps là où vous pouvez, c'est d'agir ! Et les chiffres en eux mêmes ne signifient rien s'il n'est pas donné aux citoyens un emploi serein.
La solution réside dans la division du temps de travail [5]. Avec les mains, l'équation est simple : le travail pour tous n'est possible que s'il est réparti entre toute la population active. Cela s'accompagne par une volonté sans faille de payer correctement les employés. Pourtant il faudrait que cela reste compatible avec les impératifs de rentabilité d'une société, afin qu'elle soit pérenne. Il n'est pas question de sacrifier la logique économique pour une autre logique sociale.
Plutôt que de déployer des fortunes à subventionner la précarité (RMI, chômage, etc...) autant injecter ces fonds qui pourraient devenir à terme inutiles pour alléger la masse salariale des entreprises [6]. Ensuite, c'est le principe des vases communiquants. Plus de salaires, pas trop bas, donc plus de consommation, donc plus de produits à vendre, donc hausse des profits pour les entreprises.
Certes l'application n'est pas aussi limpide, mais avec une volonté politique forte, des études au cas par cas permettraient d'aboutir à ce processus. Qui ne tente rien n'a rien. La semaine de 4 jours existe déjà dans plus de 400 PME en France, et ça marche. Pourquoi ne pas s'inspirer de leur savoir faire ?
Il est possible se convaincre que le système actuel n'est pas une solution viable à terme. Tout au plus est-ce une rustine. L'ultra libéralisme signe la mort du capitalisme [7]. L'avenir de notre civilisation ne sera pas assuré par l'entretien d'une élite, mais bien par la répartition de la richesse. On ne peut pas envisager de régler systématiquement tous nos problèmes soit par des guerres, soit par des révolutions. On gagnerait du temps à utiliser notre courage, notre intelligent courage, à chercher des solutions, les plus humaines possible et à réfuter le culte de la peur permanente. En cela notre technologie ne nous sera d'aucune utilité - telle que nous la pensons actuellement - à moins de vouloir transformer notre société en une agora d'automates. Cela ne tient qu'à nous, et l'exemple pratique de la ruche devrait nous inspirer: trop de soldats ne nourrit pas les larves, trop d'ouvrières fragilise la ruche, trop de reines n'aboutit qu'à sa disparition.
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[1] Voir aussi les chiffres de l'OCDE, et INSEE
[2] les 8 catégories du chômage, source INSEE
[3] chiffres INSEE : Productivité horaire du travail par branche (Évolution en %)
[4] Article du Monde.fr du 28-07-2006
[5] Les 32 heures ou la semaine à 4 jours seraient une solution politiquement courageuse et efficace - Au contraire des 35h mal appliquées. La division du temps de travail ne peut servir que si c'est appliqué avec conviction et systématiquement.
[6] Les fonds de l'UNEDIC pourraient servir davantage à l'embauche réelle qu'aux salaires virtuels de personnes ne travaillant pas ...
[7] Voir l'exemple de la libéralisation de l'énergie aux USA (Californie) - Ou encore l'exemple récent avec les numéros de renseignement en France.
Une analyse technique de l'environnement du travail en France(OCDE). Cela montre si besoin en était, que la solution ne peut pas être simple, qu'elle est globale et que cela commence de toutes manières par une volonté politique plus que forte.
Avoir foi dans le Capitalisme ?
Par Honorgate
, le 1 Aoû 2005 | Dans Vu d'en Haut |
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Constat et interrogation
Pour l'immense majorité de notre planète, notre système est fondé sur le capitalisme. A l'heure où les Etats Unis d' Amérique prônent coûte que coûte ce mode de fonctionnement, force est de constater que les promesses anoncées, ne sont pas au rendez-vous, et le seront-elles un jour ?
Le capitalisme nous promet a priori une augmentation du confort, de la richesse et l'accès aux technologies qui en découle, ou qui l’implique.
Pourtant, la fortune globale des 356 familles les plus riches du monde dépasse le revenu annuel total de 40% des habitants de la planète. Celle des trois foyers les plus riches (Gates, Warren Buffet et Walton) équivaut davantage au revenu annuel total des 940 millions de personnes les plus pauvres.
Considérez en plus que les 2/3 des humains n'ont jamais donné un seul coup de téléphone de toute leur vie, et 1/3 n'ont pas accès à l'électricité.[1]
Cela change notre perception du monde idéal n'est-ce pas ?
Le système capitaliste a la particularité entre autres, d'être gourmand, spoliateur et polluant. Il nécessite l'utilisation sans fin, et en croissance constante des ressources naturelles. En ce sens, on peut estimer qu'il est le principal responsable des risques majeurs actuels et à venir. C'est un système parasitaire. Pour croître, il doit utiliser et user des ressources, humaines ou non.
Nous n'avons pourtant pour le moment pas trouvé mieux. Les autres systèmes n'ont pas fait leurs preuves. Mais ceci n'implique pas de notre part une foi sans limite à l'instar des américains du nord, à un système très largement perfectible, fondé essentiellement sur des défauts typiquement humains : l'envie et la gourmandise.
Cette foi pour le moment inébranlable chez les puissants et les riches de ce monde, scelle nos ennuis futurs. A moins que notre intelligence, qui est notre stratégie adaptative, nous sauve de notre compétition contre nous même et l'énergie disponible de notre planète, il est dans l'état actuel probable qu'il faille songer à une alternative.
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[1] D'après Jeremy Rifkin




