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2009 l'année des emmerdeurs
Par Honorgate
, le 6 Jan 2009 | Dans A Vue de Nez |
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Ressenti instantané d'un homme à qui le temps a pris une année de plus.
Je viens de fermer à la veille du nouvel an un forum de discussion généraliste sur la toile. Et alors ? Me direz-vous. Un de plus ou un de moins, la belle affaire ! Je vous l'accorde, et ce d'autant plus facilement que ce forum qui existait depuis 2002, était généraliste, n'avait aucune prétention, et avait subit des aléas techniques il y a quelques temps qui ont pu décourager les intervenants, qui n'avaient eux, qu'un temps limité de cerveau disponible pour les discussions. Mais je persiste, je viens de fermer un forum et je suis en colère.
Bon et alors, quel rapport avec le titre pourtant alléchant du billet ?
En fait c'est assez simple. Alors que je viens péniblement de passer le cap de la quarantaine, je découvre que pour avoir la paix, ou au moins éviter un ulcère, qu' il faut fermer la gueule des autres, et faire ce que l'on veut chez soi sans regarder personne, avec une armée d'avocats derrière, au cas où un crétin voudrait sauver le monde, sans vous. (Illustration d'origine inconnue)
Tiens donc ?
J'ai mis du temps à comprendre qu'il ne faut pas attendre grand chose des autres (mais les z'autres, pas des proches, pas ceux qui croient en vous, et à qui vous offrez votre indéfectible loyauté), si ce n'est que des emmerdes. Les gens sont en effet particulièrement doués pour emmerder les autres. En fait ils n'ont rien en tête le matin, rien en tête la nuit, pas grand chose la journée, mais dès qu'ils vous croisent, ils jugent qu'il est temps de mettre un terme à cette rencontre pourtant fortuite. Ils vous jugent alors, vous qui avez l'outrecuidance d'être emphatique, comme un être nuisible. Un insecte bruyant, piqueur qui plus est.
Les hommes, comptez-vous !
Par Honorgate
, le 19 Déc 2007 | Dans Vu d'en Haut |
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De l'innovation dans le management
La tendance actuelle est de privilégier les hommes techniques et audacieux à la tête d'un système générateur de profit. L'argent est plus fort que tout. Dans cette idée de domination numéraire, la vague emporte même les décideurs des milieux moins orientés vers le profit, puisque dans l'administration publique, des génies ont réussit à implanter le concept.
Seul compte ainsi le résultat, la croissance ou à défaut l'économie réalisée par l'accroissement de l'efficacité.
Je pourrais dire que tout ne se quantifie pas, et ce d'autant plus facilement que même les publicitaires le savent. C'est si peu naturel qu'ils sont fiers d'y avoir penser pour leurs réclames de cartes de crédit. Ce qui ne manque pas de piquant - vous piquer de l'argent a son importance vous pensez bien !
La notion de service devrait a priori être éloignée de celle de la rentabilité. Pourtant même là, les décomplexés dextres, ont corrompu cette logique. En effet, ceux qui réussissent sont ceux qui savent placer l'homme à sa juste mesure, en dessous de celle de l'argent, ou en tous cas, à son service. En effet, l'argent n'est plus un outil pour l'homme, mais chacun d'entre nous sert la cause du business. Considérez pourtant que le débat n'existe pas, puisque quoique vous m'opposiez en la circonstance, vous ne pourrez jamais nier que votre vie est calibrée vers l'obtention des bons billets - la tombola n'a rien à voir là dedans.
Un bon manager sait donc utiliser les hommes efficacement. Il sait parfaitement presser le citron des cadres afin qu'ils donnent le meilleur d'eux-même afin d'engranger les bénéfices, et tant qu'à faire, de stimuler les ouvriers qui regarderont de loin leur ex 35 heures pour la gloire de l'enrichissement.
Cette logique à un coût en termes humains. Car vous ne manquerez d'observer que vous n'êtes pas des robots, et que tous les matins ne se ressemblent pas, certains sont plus durs que d'autres. Mais l'appât du gain, obligatoire, nous donne des ailes. Pourtant nous ne faisons que marcher rapidement, vers notre finalité, et vous le savez, la vie est une affaire qui se finit très mal.
Vous serez sans doute d'accord avec moi pour dire que dans cette forme de management, il n'y a que de la gloriole. Je dirais moi qu'il n'y a qu'un gros salaire. Ce qui est pire.
Je pense qu'il faut se garder de privilégier ces as de l'abatage. Nous devrions privilégier davantage les techniciens du matériel humain. Je pense en effet, que la richesse n'est pas ce concept économique que l'homme a inventé pour s'en sortir dans ce bas monde, mais bien dans l'homme lui-même. Sa générosité, son amour, son émotion, ses qualités d'animal social et ses faiblesses, hors celles de la vanité et de la cupidité. L'homme seul n'est rien, en tous cas pas bien longtemps.
Dans cette idée nous devrions déjà nous préoccuper des talents humains des décideurs, en incluant dans leurs obligations professionnelles des entretiens avec un psychologue - quel qu'il soit du reste, thérapeute ou clinicien. Car avoir une morale qui vous permet de décider du sort de vos pairs est une chose, mais qui nous garanti la justesse de vos émotions compte-tenu de votre propre passif. On ne me fera pas croire que tous les chefs ont eu une jeunesse aux petits oignons, et développent une vie dépourvue de tourments. A moins qu'ils ne soient des machines.
Si un jour la société qui nous dirige, alors que nous devrions décider de notre société, admettait que les chefs, et ceux qui d'une manière ou d'une autre influencent sur notre vie seront modérés par l'étude et l'apprentissage de leur propre condition, je pourrais alors annoncer fièrement à mes enfants que l'homme progresse. Je pourrais leur dire que l'homme retrouve sa place dans l'ordre des choses car il aura compris que son œuvre n'a de sens qu'en toute humilité, conscient de sa finitude, et que le court instant où il aura une influence dans l'agencement de l'univers, il le fera a votre bénéfice, à celui de ses proches et au mien, et non pas à celui d'un système dans lequel des requins n'aspirent qu'à profiter de tout, quel qu'en soit le prix.
La lutte des automates
Par Honorgate
, le 18 Nov 2007 | Dans Vu d'en Haut |
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La géométrie de la vie
Il était une fois un monde rond qui tournait étrangement et dans lequel les êtres, qui se disaient vivants, et qui l'étaient en fait sans le savoir, furent des automates.
Et ces automates qui ne voyaient pas leur fin, car il méconnaissaient leur finitude, furent éclairés par les conséquences inattendues des jours de grève.
La grève. Cette chose étrange venue d'ailleurs - car ce n'est pas moi qui fait grève, mais l'autre empêcheur de tourner en rond, celui qui profite honteusement d'un système tellement favorable qu'il se sent contraint de ne pas travailler alors qu'il gagne tant. La grève, expression populaire qui n'apparut qu'après tant de souffrances et de morts, était pourtant mal appréciée par ces automates qui pensaient tourner justement. La quadrature du cercle, plus je travaille moins j'ai besoin de faire grève. Logique soufflée un matin d'élection. Et la pointe de ce triangle existentiel, je vis donc je vends, et pour me consoler j'achète, imposait sa loi, celle de l'automatisme du quotidien.
Prendre le train, le métro, la voiture pour aller vivre, donc vendre, afin in fine de pouvoir acheter, fut mis à mal un jour par des automates en panne qui jugeaient que décidément non, l'automatisme pouvait avoir ses limites.
Ainsi les autres automates durent ce jour là développer des montagnes de patience, de miséricorde et d'ingéniosité afin de pouvoir encore et ce jour là particulièrement, satisfaire leur condition mécanique inaltérable. Or dans notre hexagone, ces automates étaient chanceux. Ils ne le surent pas.
C'est parce que d'autres automates ne tournaient pas rond, qu'ils ont pu le temps d'une souffrance, cesser de tourner en bourrique afin de devenir des hommes confrontés à l'impitoyable agressivité du hasard et de l'impondérable. Insupportable mais salvateur. Car dans cette nuée elliptique des évènements qui passent et qui reviennent aussitôt, l'automate désarticulé dû cogiter.
En effet, ce n'est pas pensable dans notre monde qui tourne si bien - ou pas du tout, cela dépend simplement de quel hémisphère on perçoit la chose, que des automates viennent à briser l'anneau de l'atavisme. Comment, vous n'y pensez pas! S'ils réfléchissent, ils vont comprendre! Ils risquent de comprendre! Et c'est inacceptable dans notre triangle de vie!
On tourne en rond.
Et pourtant, n'avez vous pas eu le sentiment, entre deux pensées négatives, d'avoir pu un instant échapper à votre condition scellée, en devant vous rendre au travail, vous qui avez la chance d'un avoir un? Vous avez dû modifier vos habitudes, trouver des astuces ou prendre des vacances, râler, vous embouteiller, cela afin que coûte que coûte, travailler. Pour gagner plus ? Allez je suis persuadé que ces tracas nous ont sorti ne serait-ce que quelques temps de nos automatismes, afin de nous plonger dans l'humanité, celle des différences de conception, plus que de porte-feuille. Le vélib' fut l'évasion des automates parisiens.
Qu'aurions nous fait d'autant d'occasions de s'élever, et qu'en feront-ils, ceux qui pensent à la place des philosophes en prétextant que le travail fut une valeur ? Pourrions-nous ces jours là, comprendre ce que nous voulons vraiment ? Et percevrons-nous notre finitude pour penser enfin à ceux qui nous révèlent ?





