Tags: famille
Les religions alternatives
Par Honorgate
, le 24 Mar 2008 | Dans Vu de Face |
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Vases communiquants
Si vous êtes mère ou père de famille, vous ne pourrez sans doute pas éviter de croiser sur le Net des personnes qui comme vous croient en certaines valeurs. Sauf que si pour vous l'honnêteté en est une, pour eux ce serait davantage le Bio, être maman au naturel ou leurs déclinaisons. Et vous le constaterez sans erreur, puisque vos recherches en tant que parent ou futur parent vous conduiront à portage, parentalité douce et respectueuse, co-dodo ...
Les statistiques nationales montrent que les naissances se déroulent bien. Le taux de mortalité infantile reste très faible, et le développement de nos têtes blondes au sein de notre société ne pose pas de problème majeur. Pourtant si on lit ces personnes qui vantent un comportement systématique: - Et comment donc, vous ne faites pas ça, vous? Pourtant c'est ce qu'il y a de mieux !, elles seules sont sur la bonne voie.
Certes, l'alimentation bio a quelques vertus. Pas tant d'un point de vue de qualité chimique finalement - allez me trouver un champ en France ou en Europe parfaitement sain - mais au moins en tant que vecteur de valorisation des petits commerces. Certes mai 68 (vous n'y couperez pas) a permis l'émergence d'un apprentissage plutôt qu'un domptage. Pourtant comment comprendre celles ou ceux qui prônent un art de vivre comme le ferait un gourou d'une secte ou plus simplement le prêtre lors de son sermon ? Parfois, celles qui vous annoncent que leurs choix s'imposent naturellement et devraient également être les vôtres, ne vont plus à l'église, mais ont construit l'autel devant leurs certitudes. La bio-attitude comme une nouvelle religion, voilà ce que vous découvrez !
Esquisses d'une éducation (1)
Par Honorgate
, le 3 Jul 2007 | Dans A Vue de Nez |
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Idées d'un papa en vrac
Il existe des gens qui estiment que d'avoir des enfants n'est pas une fin en soi. Lorsque ce sont des femmes, elles affirment même que c'est un acte purement égocentrique. Bien entendu, on entend également dans ce cas des tas d'arguments en faveur d'une liberté compromise. Mon idée est très éloignée de cette mouvance, et j'ai tout de même l'impression d'acquérir une autre liberté : celle de douter de toutes mes convictions, et ainsi celle de découvrir avec mes enfants, les fondements d'une future indépendance intellectuelle.
Cette indépendance intellectuelle n'est que l'aboutissement d'une longue période d'apprentissage pour laquelle les parents ont bien entendu un rôle central absolument indispensable. En ce sens, je ne pense pas que l'école puisse être un substitut. Je pense qu'être parent est une formidable aventure, qui loin d'être un miroir de vanité ou de complaisance est bien l'idée d'une quête de liberté. Pour cela je pense qu'il est indispensable d'avoir un esprit critique affûté sur notre environnement. Et cela passe par des choses très simples.
Le premier registre d'action est celui qui est imposé par les autres. C'est à dire, qu'il convient nous parents, d'éviter tous les poncifs de notre société, poncifs qui servent des intérêts mercantiles d'autres personnes. Des exemples : les couches culottes, les petits pots, l'équipement du bébé, l'habillement ...
Non, les couches jetables ne sont pas un progrès indispensable pour lequel nous devons affirmer que c'est génial. Je prétends au contraire que c'est discutable : 700 kgs de couches par bébés avant qu'il ne soit propre, des produits chimiques dont on pense qu'ils pourraient intervenir dans la stérilité des garçons, et un impact écologique évident du coup lorsque l'on sait qu'il faut entre 200 et 500 ans pour que ces couches soient totalement résorbées. Quant aux petits pots, ou petites assiettes pour parents surbookés, ça n'a aucun goût, c'est laisser à une idée d'entreprise, une marque finalement, quelque chose de complètement abstrait, immatériel, conceptuel, tout l'amour d'une préparation de repas dans laquelle on met toujours du coeur à l'ouvrage. Sans compter que les purées maisons sont les seules garantes d'aliments sains, frais, aux goûts variés, et mélanges selon les humeurs du moment. Une sorte d'harmonie avec son milieu de vie en quelque sorte. Comprenez, que l'achat et l'ouverture, "clac", du petit pot, se situe en dehors du temps de l'émotion, de la perception de son environnement; un changement de rythme dans une musique familiale. On peut alors ressentir si l'on s'arrête quelques minutes dans notre vie accélérée, une sorte de rupture avec cet objet qui vient d'ailleurs, conçu par d'autres, qui pourtant symbolise l'acte primordial de la nutrition de ses rejetons.
Finissons cette lançade enfin sur l'équipement et l'habillement. Pourquoi pensez-vous qu'il soit indispensable de dépenser une fortune dans ce domaine ? Parce que vous achetez du neuf ? Mais pourquoi ? Parce qu'on vous a toujours appris de la sorte. Certes, parfois on peut acheter d'occasion, mais pourquoi pas systématiquement ? Songez que vous pouvez habiller de manière tout à fait convenable votre enfant, sans cautionner pour autant un système qui incite au gaspillage. La réutilisation des textiles par exemple est une bonne idée pour notre environnement, et pour notre porte-monnaie. Et votre tour viendra, où vous pourrez vendre les lots de vêtements de votre enfant. Ces habits qui sont devenus inutiles - et inutiles également à votre poubelle.
Cette logique s'adapte parfaitement à l'équipement. Poussette, siège bébé, écoute bébé, et tout l'attirail, nous avons tous le même, ou à peu près. Et si nous profitions du déstockage des autres mamans afin de garder notre énergie pour des partages concrets plutôt que de s'évertuer à combler des besoins inventés par d'autres, qui voient dans votre bébé une excellente occasion de business ? Pourquoi pas, mais ce qui me dérange alors, c'est la juxtaposition d'une naissance humaine, et de l'accroissement des déchets, de la consommation d'énergie, et du serpent "toujoursplus" qui siffle à nos oreilles.
Notre future éducation que nous partagerons avec nos enfants, ne devrait pas faire l'économie des bonnes questions. Pourquoi tenter à tout prix sitôt la naissance faite, d'avoir deux salaires à la maison, alors que le second comblera peut-être bien difficilement les nouveaux frais de transport et de garde de l'enfant? Ce salaire pourtant ne comblera jamais la distance faite entre l'enfant et vous et le déficit créé des échanges filiaux complexes. Pourquoi ne pas profiter de la venue du bébé pour ralentir sa vie, la recentrer sur l'essentiel, sur les valeurs sentimentales plutôt que matérielles, et par la même occasion pour se placer dans la société en tant qu'individu cognitif, plutôt qu'automate dépensier ? Enfin, c'est le moment idéal de reconsidérer son impact écologique. Ne laissons pas à nos enfants payer la facture de nos approximations ou de nos erreurs. L'occasion est belle de modifier notre mode de vie, afin que ces futures générations aient la même chance que nous, ou plutôt davantage. Ce que vous ferez d'autres le feront peut-être. C'est ainsi que l'on avance - ou pas.
L'homme domestiqué
Par Honorgate
, le 8 Déc 2006 | Dans Vu de Face, A Vue de Nez |
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De la culture de la classe moyenne.

Il semblerait que la classe moyenne[1] en France représente 50% des français. Avec un salaire net mensuel moyen de 1900€. Cette classe de population serait en pleine crise.[2] La question que je me pose est donc la suivante: qu'est-ce qui justifierait un mal être chez ces français qui ont au moins une voiture, un toit et de quoi rester en bonne santé ?
Vous ne trouverez aucune réponse scientifique à cette question. D'abord parce que ce qui intéresse les chercheurs, ce sont les minorités (et c'est là un grand mystère), ensuite parce que je pense que c'est davantage du domaine de la psychologie (particulière sans doute mais surtout collégiale). En observant, sans concession, notre monde, comme j'ai pu déjà le dire ici, on s'aperçoit que celui-çi n'existe que parce que l'homme l'achète. Sans quoi, vous comme moi, pourrions vite croire qu'il n'existe rien, ou en tous cas, nous ne serions qu'en faire. Pêche, chasse et cueillette sont d'un autre temps. Tentons l'expérience, nous trouverions vite des chasseurs, des pêcheurs ou des "cueilleurs" qui en feront plus que nécessaire, afin d'ouvrir un commerce. Et tout recommencerait.
Ainsi, ce monde construit, élaboré et acheté, ne peut évoluer que si l'on entretien le besoin. Vous voilà alors en train de regarder ces pubs à la télé ou dans votre magasine préféré. Et l'envie de se rappeler à vous. Il faut donc plus pour exister ! Il ne suffit pas se contenter d'une vague télé, même si elle marche parfaitement, mais plutôt de prendre ce bel écran plasma, combien même il serait beaucoup trop grand pour la pièce à laquelle il était destiné. Et si vous pensez que ce n'est pas utile, le travail fait en amont sur vos enfants, achèvera définitivement votre comportement consumériste.
La domestication de la classe moyenne, se fait donc à tous les niveaux, familial, professionnel (contentez vous de travailler juste ce qu'il faut, vous aurez des surprises ... ou en tous cas vous ne serez pas augmentés), et enfin à un troisième niveau inquantifiable, celui du brouhaha intellectuel. Cette rumeur persuasive, qui vous calibre le bonheur.
Ne tentez pas d'imaginer le vôtre, "les autres" travaillent pour vous. Et qui travaille pour eux ? L'appât du gain bien entendu !
La classe moyenne a le spleen parce que ceux qui sont au dessus, qui ne sont pas nécessairement plus heureux, dépensent davantage, et imposent le standard du confort, de la réussite, de la belle vie.
Cet exemple apparaît ainsi comme dévaluant. Son ignorance rétablirait le juste standard du bonheur, celui de pouvoir acquérir simplement de quoi manger, de quoi se déplacer et de se loger. Ce dernier impératif n'est aujourd'hui même plus possible, car ceux d'en haut, s'amusent en spéculant sur l'immobilier. Ils s'enrichissent en faisant payer davantage ceux qui cherchent l'accession à la propriété. Et les gens des classes moyennes n'ont plus qu'à se désespérer des prix incroyables! Pour se déplacer, ce fut d'abord un luxe [3], puis dans les années 70-80 cela devînt accessible à tout le monde. Mais notre système étant ce qu'il est, la voiture voit son prix doubler en moins de 30 ans. Souvenez-vous de la R5 d'antan, et achetez maintenant une Clio! Reste enfin l'impératif de se nourrir. Oubliez le restaurant, c'est un luxe, et achetez-vous des produits frais. Avec un prix au kilo qui à plus que doublé en 20 ans, les fruits se feront rares sur votre table. Quant au reste de l'alimentation, beaucoup d'entre-nous devrons se satisfaire de produits élaborés, cuisinés pour nous, au prix absolument prohibitif, qui fera du budget alimentation le premier budget du foyer. De toutes manières si vous mangez beaucoup et à faible coût, vous allez prendre du poids, et comme cela sort du standard du bonheur élaboré par "les autres", vous devrez faire un régime déprimant puis coûteux. Tout en étant déprimé, vous vous réfugirez alors dans les fringues, et dépenserez une fortune en bouts de tissus, que "les autres" s'empresseront de démoder l'année suivante.
Diable, on ne s'en sort pas! Ben non, pas ainsi.
Avec cette logique de la maîtrise de l'envie dans les trois domaines clés d'une vie ordinaire, l'unique alternative devrait être la lucidité, la tempérance et l'indépendance intellectuelle. Mais pour cela, il faudrait que tout le monde s'y mette. L'homme ne vit pas seul en société, même s'il le voudrait, sa volonté n'est jamais à toute épreuve et son apprentissage délicat. Pourtant, un peu de lucidité serait un excellent début, et de meilleure augure pour nos enfants. Certains en ont, heureusement, et ils nous le disent, charge à nous de les entendre et de fuir les imitations du bonheur [4].
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[1] Il n'existe pas de définition standard de la classe moyenne. Voyez ce document de Louis Chauvel, Sociologue, Professeur à l’IEP de Paris, membre de l’Observatoire du Changement Social.
[2] In Le Nouvel Obs daté du 8 décembre 2006.
Un article sur les classes moyennes dans Le Monde Diplomatique.
[3] C'est alors l'effet de la nouveauté, du manque de concurrence, de demande et ainsi d'une faible production. Un coût alors tout à fait logique.
[4] La dernière imitation en date, le low cost. Plutôt que de reconsidérer nos repères, on les tronque, on imite, mais on ne règle rien.
Convergence et cénesthésie
Par Honorgate
, le 5 Déc 2006 | Dans Vu de Face |
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La vie moderne est exigeante, tout faire, et vite. Travailler quasiment toute la journée et s'occuper de sa famille en rentrant, en n'oubliant pas les tiers qui se rappellent à votre bon souvenir par téléphone ou par courrier. La plupart du temps, il ne sont pas attendus. Vite donc, et beaucoup. Pourtant dans cette course, n'oublions-nous pas parfois les éléments nécessaires à une relative plénitude de soi? Je n'ai pas la prétention de parler de philosophie ou de spiritualité. Mais de convergence d'actes quotidiens.
Les acteurs d'une famille, d'un couple, ont leurs occupations séparées. Deux vies ou plus qui oeuvrent a priori vers le même objectif, se séparent physiquement et intellectuellement tous les jours. Pour ceux qui ont choisi de se retrouver suffisamment longtemps tous les soirs, la convergence se fait puisque les discussions rapprochent à nouveau ces corps et ces esprits. A nouveau la vie ensemble prend un sens. Physiquement et intellectuellement.
Pour ceux en revanche qui sont fort occupés, et forts dissociés, la convergence ne se fait plus. Dès lors comment arriver à se comprendre à élaborer une stratégie de vie commune? Comment envisager un lendemain crédible et voulu, plutôt qu'un lendemain hasardeux. Et dans ce cas à qui laissez-vous le choix de cet avenir?
Cette ligne convergente semblent être l'élément essentiel d'une vie de couple ou de famille puisqu'elle permet de s'écouter. On comprend que cette ligne peut se multiplier dans nombres de registres. C'est ce qui permet ensuite soit de s'aimer, soit de se déchirer si ces convergences ne se font pas malgré tout. Ce qui est toujours possible, mais dans ce cas ce déchirement a la vertu de la construction et celle de la réflexion. Le hasard n'a plus rien à voir, et ce sont vos décisions, plus que celle des autres.
Il nous faut donc du temps, et de la tranquillité. L'argent n'y peut rien. Vous aurez beau faire, vous ne tracerez pas de ligne convergente avec vos euros. Certes, l'illusion d'une soirée de gala coûteuse, ou une montagne d'objets qui vous entourent, ou encore la noyade du foyer dans le matériel technologique, vous donneraient l'illusion que la convergence est là. Mais ce n'est pas une affaire matérielle. C'est une volonté spirituelle avant tout, un acte ensuite, un acte toujours courageux.
En cela la vie moderne ne nous facilite pas les choses. La tentation est grande. En effet, le plus délicat est sans doute, une fois que le minimum nécessaire à vivre est acquis, de savoir ce que l'on désire vraiment comme existence. Etre sprinter ou marathonien. Autour de vous, on vous influencera. Comme vous le savez sans doute, le bonheur n'est de ce monde que si on le veut bien. Les autres, n'y ont pas nécessairement accès, ou de manière tronquée. Ils vont donc exporter un mode de vie qui permet de palier leurs incertitudes, et si vous êtes dans une étape de construction, vous pourriez alors être tenté par une vie moderne qui arrangent bien ... les actionnaires, mais pas votre âme.
Point de salut dans la précipitation, aussi glorieuse soit-elle, votre réussite gardera un goût amer si les lignes de convergences de vos quotidiens, ne vous conduisent pas à appréhender votre être en fonction de temps dans l'amour que vous offrez à vos proches et qu'ils vous offrent en retour. C'est humain, et cette cénesthésie qui vous touche, contribue grandement à l'évolution positive de notre société. Rêvons ensemble d'une société composée de ces femmes et hommes là!
Et l'acte électoral contribue à imposer ses choix. Plutôt que de les laisser au voisin.


