Tags: délinquance
La sécurité selon M. Sarkozy
Par Honorgate
, le 25 Avr 2007 | Dans Vues politiques |
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Ou l'origine véritable de (notre) insécurité ?
Je ne crois au statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées.
(W. Churchill)
Le discours sur la traitement de la sécurité, ou discours sécuritaire, est un axe majeur de la stratégie sarkosienne de ralliement. Le discours électoral de M.Sarkozy, est fondé essentiellement sur la répression, donc la prison, fait appel délicieusement à notre cortex primaire [1]. Certes, l'appel est chantant, on irait bien voir ses sirènes. Mais cette mélodie, n'a t-elle pas la sonorité métallique de la manipulation?
En 2002, M.Sarkozy qui ne fait jamais rien au hasard, demande et obtient le ministère de l'intérieur. Dès cet instant, tout un réseau de décideurs se met en place, et ils choisissent de transformer l'action de la police et de la gendarmerie. Désormais, celles-ci devront être efficace. Et pour cela, il faut créer une dynamique du résultat. Ainsi les chiffres de la délinquance, n'auront plus pour objectif d'orienter l'efficacité de l'action de la police, mais devront répondre aux critères indispensables, d'une faveur populaire. En d'autres termes, il conviendra de préparer les présidentielles, en offrant au ministre Sarkozy les bons chiffres. Et ces bons chiffres sont ceux d'une délinquance en baisse.
Vous avez un doute ?
Souvenez-vous alors, tout à fait prosaïquement, combien de fois depuis 2002 ont été diffusés les chiffres, agréablement corrects, sur la délinquance. Souvenez-vous maintenant combien de fois, lorsque cela tournait mal dans les banlieues , vous avez pu voir en action le ministre Sarkozy. Nous sommes là dans un rapport de 100:1 (à peu près).
Tout le monde se souvient de l'intervention de M.Sarkozy dans les banlieues, et pourtant ce ne fut que 5 minutes d'images. Il a également prétendu qu'il irait autant de fois que nécessaire. Combien de fois ? Deux, trois ?
Pendant que nous regardions la mise en scène du ministre de l'intérieur, policiers et gendarmes modifiaient leur action sur le terrain, pour pêcher les bons poissons. Le culte du résultat les incitait à transformer le mode d'action, au profit d'une espèce de rentabilité. Rentabilité du reste récompensée, puisque M.Sarkozy offrait aux plus méritants une prime. Comme si dans la répression on pouvait être méritant, sans compter que d'un point de vue militaire (les gendarmes) c'est insultant, que deviennent les valeurs de fraternité et de camaraderie, si les uns ont une prime, les autre non, alors qu'ils ne déméritent pas pour autant ?
C'était déjà l'objet d'un article précédent ici. Et cela, quitte à transformer les résultats, en inventant de nouvelles catégories de statistiques, en les transformant, ou tout simplement en tronquant les données. [2]
Ainsi, la solution sécuritaire selon M.Sarkozy, c'est l'ère du tout répression, il l'a dit [3], de la manipulation des médias [4] et donc, de fait, notre manipulation. La question est maintenant de savoir si cette stratégie n'était que pré-électorale, et puisque l'homme n'est pas stupide, une fois aux affaires s'il y parvient, il ne va pas mettre quelques bémols à sa partition. Il est clair désormais que M.Sarkozy, toujours excessif en tout, à soif de pouvoir [5], et qu'il s'en donne tous les moyens, au grand jour, ou dans l'ombre. Finalement combien même sa politique serait désastreuse, cela lui importera peu, le pense t-il seulement, puisqu'il aura atteint son objectif majeur : gouverner la cinquième puissance du monde, c'est lui qui le dit, et lui seul peut le penser de la sorte.
Finalement, si vous êtes de ceux à qui la vie sourit, qui avez un travail fixe et pérenne, qui voulez travailler plus, qui ne voulez pas être incommodé par d'autres femmes ou hommes, qui vivez dans une résidence de grand standing; si vous avez des actions à faire fructifier, tout en n'espérant pas que le chômeur de coin soit embauché pour cela, par exemple, qui avez les moyens de vous payer n'importe quel médecin, qui avez des enfants parfaitement normaux ... alors oui donnez votre confiance à M.Sarkozy. Car vous, vous serez protégé.
Si au contraire, vous êtes pour l'incarnation une autre méthode, la confiance, sans aucune soif du pouvoir, mais exercée avec une autorité juste, qui autorise la réforme sans brutaliser, en écoutant pour agir juste et ensuite exercer une autorité juste, pas aveugle, brutale. Alors oui, vous pouvez voter pour Ségolène Royal.
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[1] Serge Portelli in Rupture (introuvable pour le moment, sauf en pdf sur le net).
[2] C'est particulièrement remarquable sur les statistiques d'infraction à la législation des stupéfiants. La consigne des préfets fût très claire : cesser de rechercher ces infractions trop nombreuses.
[3] C'est la compulsion d'incarcération : "Il y a 60000 détenus en Francs. Qui décide que c'est trop ? Par rapport à quels critères. Je souhaite qu'aillent en prison ceux qui le méritent." (N.Sarkozy, Le Parisien daté du 28 mars 2006). Consternant lorsqu'on connait l'état de surpopulation des prisons, mais surtout des conséquences systématiques d'un séjour, même de courte durée, sur les jeunes délinquants.
[4] M.Sarkozy en sortant des studios de France 3 en mars 2007, a promis de les virer dès son élection.
[5] "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi" - "Ma dernière marche à franchir" - "Si je n'existais pas sans doute faudrait-il m'inventer ?!" - "C’est la vie, la concurrence. Je vais même vous dire mieux, moi, j’ai la concurrence dans les veines. " (Nicolas Sarkozy).
Le point de vue de M.Bayrou sur M.Sarkozy.
Tapis et statistiques
Par Honorgate
, le 12 Jan 2007 | Dans Vu d'en Haut |
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Quel rapport me direz-vous entre un tapis et des stats. Et bien lorsque vous êtes pressé de nettoyer une pièce, vous passez le balais et mettez tout sous le tapis. Pour les stats, le gouvernement actuel manie aussi bien les chiffres que l'homme aventurier l'époussette.
S'il fallait deux exemple précis, nous pourrions parler des chiffres du chômage et de ceux de la délinquance en France.
Savez-vous comment on fait des statistiques? Imaginons au moins, un fait, des gestionnaires, des décideurs (souvent les mêmes - et c'est bien le problème) des exécutants, des tableaux à remplir avec des chiffres. Ces chiffres ont, vous le comprenez aisément alors comme seul objectif de satisfaire l'échelon de décision au dessus de celui qui exécute, jusqu'au ministre. Des chiffres qui sont là dans l'idée initiale pour informer, mais au bout du compte qui seront là soit pour se dédouaner, soit pour se justifier, soit pour se faire mousser. On imagine encore, qu'un patron veuille de "bons" chiffres. C'est à dire ceux qui lui seront le plus profitable. Alors que fait-il pour cela, il incite ses collaborateurs à motiver les exécutants afin que leur action aille dans le sens des "bons" chiffres. On comprend alors que les réalités du terrain soient quelque peu orientées. Les faits deviennent ce que l'humeur du patron décide.
Les statistiques de la délinquance sont alors un bon exemple. Aujourd'hui un ministre se plaît à constater que les chiffres sont en baisse. Ils lui sont donc favorables. C'est bien pour lui. Et c'est bon également d'annoncer que tout va bien. D'ailleurs en tant que citoyen cela fait du bien à entendre, du moment que l'on ne réfléchisse pas trop.
Etrange satisfaction pourtant lorsqu'on se réfère aux évènements récents à Nantes, où Taoufik el-Amri appréhendé a été retrouvé mort. Quel rapport? Et bien si vous lisez les articles à ce propos, vous finirez par trouver d'une part que l'on reproche aux policiers de ne pas avoir mis en garde à vue cet homme manifestement ivre, et d'autre part que de s'occuper de ces personnes ne rentre pas en compte dans les stats, et que du coup, il est bien plus intéressant, voire obligatoire, de faire autre chose comme activité policière. Donc on laisse les gens ivres dans la rue, car ce n'est pas bon pour les stats. Ça ne rapporte rien finalement.
Etrange satisfaction lorsque l'on sait également que les chiffres sur les infractions aux stupéfiants sont bridés. Comment? Par simple décision. Trop de résultats dans ce domaine?
Alors on arrête d'enquêter dessus, et on passe à autre chose! Car voyez-vous non seulement on veut que les chiffres soient bons, mais en plus on veut qu'ils soient beaux, bien équilibrés. Tout va bien Citoyens car le patron est de bonne humeur!
Vous retrouvez la même logique dans les chiffres du chômage en France, nous l'avions rapidement abordé ici même. Imaginez ce que vous ferez vous en tant que patron si les chiffres devenaient trop énormes. Et cette barre des 10 millions de chômeurs? Que feriez-vous pour ne pas la dépasser, efficacement? Vous modifierez les échelles n'est-ce pas?
Alors à quoi ça sert tout ça? A nous mettre les idées claires!
A comprendre que la satisfaction d'un corps dirigeant suffit à régler tous les problèmes, puisque ceux-ci sont directement liés à de simples chiffres. Des chiffres que l'on peut selon ses envies modifier à souhait car on souhaite les voir formatés d'une certaine façon. Qui contrôle quoi, qui contrôle qui? Qui pourrait accepter avec simplicité de mauvais chiffres? Et ne me parlez plus de conscience professionnelle, car à s'appuyer sur des chiffres n'a rien de professionnel. D'autant plus si la notion de réussite professionnelle se quantifie par des gestionnaires.
La statistique est une science parfaitement inexacte et n'a d'intérêt que si elle sert d'outil annexe. On en est loin, mais qui sait, peut-être que par hasard dans ce mélange complexe de réalité de d'artifice cela sera profitable? Trop de poussière sous le tapis favorise les risques d'allergie...
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Les chiffres officiels de la criminalité en France. (Ministère de l'Intérieur).
Le "noyé de Nantes" coupures de presse (Libé.fr)
Les stats Insee sur le chômage en France depuis 1981.


