Tags: consumérisme
Une société d'automates
Par Honorgate
, le 28 Déc 2006 | Dans Vu de Face |
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Cette période de fêtes est idéale pour se rendre compte de la volonté bien trop répandue d'ouvrir les magasins le dimanche. Je suis absolument contre, et pour plusieurs raisons.
D'une part les arguments favorables sont fallacieux. On entend facilement que c'est pratique car on pense à ceux qui travaillent. Mais qui? Ceux qui achètent? Car ceux qui vendent, eux, à votre avis, ils ne travaillent pas? Ceux qui travaillent, le font-ils au point de ne plus avoir une seule seconde à eux, en dehors des dimanches ou des soirs après 20 heures? Mais dans ce cas, à quoi bon acheter, l'achat servirait-il alors à mesurer le temps qui passe? Ceux enfin qui passent leurs soirées ou leurs dimanches à acheter, que font-ils de leur famille, où placent-ils les priorités? Et ceux qui vendent n'ont-ils qu'à faire de même, vendre plutôt que d'être près de leurs proches?
D'autre part, le système bicéphale, j'achète ce que tu me vends, ne ressemble à rien d'autre qu'à une société d'automates spécifiquement orientés vers le commerce, pour le commerce, et pour le plus grand profit d'une très petite minorité. Car ne nous y trompons pas, notre monde s'achètera jusqu'à une certaine limite. Et transformer nos villes en gigantesques galeries marchandes infatigables sous leurs néons multicolores, cela ne nous ressemble pas, même avec de l'imagination. Acheter c'est facile, c'est aussi vite fait. Aimer c'est une autre histoire. Et ce qui fait que nous sommes hommes, ce n'est pas notre porte monnaie, mais bien notre coeur. Que devient-il ces dimanches où nous sommes dans le flot d'acheteurs acharnés, ou bien dans la masse des vendeurs déprimés qui font ce qu'ils peuvent non pas pour aimer leurs proches, mais pour arrondir leurs fins de mois, sans doute pour acheter à leur tour, vraisemblablement un soir après 21 heures.
J'entends également rapidement l'argument, au début imparable, d'une solution au chômage et des conditions spécifiques de l'emploi des personnels. Pourtant cet emploi d'automates n'a jamais réglé aucun des problèmes de notre société, ensuite, prétendre que ce sera sur la base de volontariat est angélique, car il est vite fait de renvoyer un employé qui n'est pas suffisamment volontaire!
Si l'état permet ces ouvertures systématiques, c'est céder du terrain à l'ordre économico-technique. La morale, par le truchement de l'ordre politique fait défaut. Rien de saurait alors encore garantir l'intégrité de notre identité, car encore une fois, ce sont les sentiments sociaux qui peuvent nous rendre humains, et heureux. La satisfaction d'un achat bien fait, ne saurait être l'accomplissement de quoique ce soit. Regardez de l'autre côté du miroir, c'est vite ridicule.
Gardons-nous de nous perdre dans cette accélération moderne vers l'ère du tout automatique. Il est bon de connaître nos limites, car après le soir et le dimanche, que trouverons-nous pour augmenter les chiffres d'affaire ?
Je ne peux à ce sujet m'empêcher de penser aux années de luttes de nos ancêtres qui ont obtenu laborieusement le droit de repos hebdomadaire. Le retour des hommes au foyer serait-il insupportable au point de chercher un moyen pour éloigner la ménagère ?
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Rapport d'étude de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris sur une proposition de réforme de l'autorisation d'ouverture dominicale des commerces.
L'idée transposée à l'Assemblée Nationale.
Un pour et contre sur le site de 60 millions de consommateurs.




