Tags: consommation
Le scandale des téléphones portables
Par Honorgate
, le 5 Avr 2008 | Dans A Vue de Nez |
8 retours » |
Racket cellulaire

Si au début des années 90 l'usage d'un téléphone portable était un plus non indispensable, aujourd'hui le portable est entré dans les mœurs. Il est assez difficile de s'en passer, d'autant que les employeurs réclament à leurs salariés leur numéro de portable, sans pour autant leur payer un abonnement. C'est donc un objet de consommation courante, et contrats, prix, forfaits, semblent conçus pour aliéner complètement l'utilisateur, qui se trouve confronté à un paradoxe : plus de communication pour moins de liberté.
Ce problème semble réservé aux français. Alors que dans d'autres pays vous pouvez très facilement acheter un téléphone cellulaire d'occasion et une puce SIM avec un numéro à vie - avec au passage les SMS gratuits, carte que vous pouvez recharger à volonté, en France, il vous faut un contrat en bonne et due forme, avec dates de péremptions et durées limitées. Vous pouvez utiliser votre téléphone 10 minutes de temps en temps, vous devez malgré tout débourser autant que lorsque vous appeliez avec un fixe plusieurs heures il y a quelques années.
Vous devez ensuite prendre un forfait, car vous ne pouvez pas payer simplement ce que vous consommez, en fait vous achetez quotidiennement une licence d'utilisation - charge à vous de l'utiliser. Cette dîme est prohibitive. Tentez de trouver en effet un forfait à moins de 10 euros par mois, c'est impossible. Et si vous trouvez un forfait pratique et pas trop cher, c'est que votre contrat vous tient pendant 24 mois.
Vous voilà donc enchaîné à un opérateur quoiqu'il arrive. Surtout si par malheur vous vous retrouvez sans travail ou avec des dépenses imprévues importantes, vous devez continuer à payer votre opérateur, même si vous lui demandez d'arrêter. Le service proposé est ainsi obligatoire. Même si vous jetez votre téléphone, vous continuerez à payer.
Les associations de consommateurs ont bien tenté de faire cesser ces contrats qu'ils jugent à juste titre abusifs. Pourtant ce sont des contrats liberticides, vous ne maîtrisez rien, mais ils existent toujours. L'état fait même semblant de ne rien entendre, et ce n'est pas l' Autorité de Régulation des Communications (l'ART) qui pourrait régler cela, car on a davantage l'impression que cet organisme a été créé pour éviter les ententes illicites entre opérateurs plutôt que pour tenter de protéger les consommateurs. Ce qui devrait être le cas bien entendu, toujours selon cette même logique : pas de consommateurs, pas de business.
Ainsi, les opérateurs lancent des campagnes de publicité vantant une nouvelle liberté. Au lieu de cela vous ajoutez un maillon à la chaîne qui vous maintient prisonnier dans une spirale dépensière, même sans besoin particulier. Et si une technologie devient enfin rentable, la norme GSM par exemple, on se dépêche d'en inventer une autre plus performante, WAP, GPRS, 3G puis 3G+ afin de trouver un prétexte de ne pas baisser le prix des prestations, voire même de les augmenter. En tant que consommateur un peu ancien de ces produits, vous ne pouvez même plus compter sur la mutualisation des services qui pourrait vous profiter [1]. Vous devez alors sans cesse payer pour amortir des investissements certes réels, mais artificiellement montés, afin de conserver suffisamment de bénéfices pour les sociétés qui proposent ces services.
Pour achever ce petit papier, pensez-vous réellement avoir le choix, dans vos dépenses de communications ?
Ce papier rentre dans une série de petits commentaires de tous les jours. Des commentaires qui montreront peut-être que la France devient non pas un pays de propriétaires, mais un pays d'hommes et de femmes humiliés, dans lequel on ne travaille pas plus pour gagner plus, mais pour rembourser plus.
[1] On pourrait entendre par mutualisation le fait que plus il y a d'utilisateurs payant pour un service, moins ce dernier coûte cher, puisque les marges de bénéfices restent au moins équivalentes, mais surtout supérieures.
Le grain et le gain
Par Honorgate
, le 26 Fév 2008 | Dans A Vue de Nez |
3 retours » |
Pourquoi faudra t-il toujours gagner plus pour consommer autant.
L'essentiel dans une vie pourrait être de pouvoir se nourrir, sous un toit avec sa famille. Actuellement, afin d'accomplir notre destinée, nous devons échanger de l'argent contre ces bienfaits indispensables. Le fait est que personne n'y échappe, et le système ainsi créé nous condamne, humains que nous sommes, à avoir toujours plus.
Ainsi pour les denrées alimentaires, des hommes œuvrent pour nous fournir de quoi nourrir notre famille. Ces hommes sont modernes et dynamiques, ils ont donc créés une entreprise multinationale à coups de rachats et de délocalisations, afin d'obtenir un système le plus rentable possible.
Ces multinationales qui nous vendent de l'eau, des biscuits, des légumes ou des plats tout prêts, font des bénéfices à deux chiffres, tous les ans. Ils continueront.
Ils poursuivront cette logique, car leur unique intérêt n'est plus de nourrir correctement tout le monde en France, mais d'engranger toujours plus de bénéfices. Les hommes à la tête de ce monstre tentaculaire, ont tellement d'argent, qu'ils ne pensent plus à ceux qui n'en n'ont pas. Point par dédain, mais parce qu'ils ne peuvent plus appréhender que cela puisse exister. Dans leur univers, tout le monde est riche, et charge à eux de récupérer le plus possible de cette richesse.
Nous consommateurs moyens qui entretenons ce système, nous sommes donc condamnés à payer toujours plus pour obtenir au moins la même chose. Et si par hasard, nous gagnons davantage, alors on s'empresse de créer un besoin nouveau afin de capter cette nouvelle source d'argent.
La hausse des prix prévue pour 2008, et qui est réelle depuis l'arrivée de l'euro n'en déplaise à l'INSEE, est donc inévitable.[1] L'appât du gain reste le moteur puisqu'à l'origine ce sont des hommes qui en profitent. La vanité. Le culte mercantile. Le goût du challenge censé combler peut-être une mésestime de soi. Voilà ce qui nourrit ce monstre. Et voilà ce qui nous nourrit de plus en plus mal.
Et là où cela devient ridicule, c'est que le gouvernement cautionne ce système, en ignorant que l'augmentation puisse être réelle, en prétextant ne pouvoir rien faire [2], et en imposant sous couvert sanitaire social, de manger au moins cinq fruits et légumes par jour. Comment est-ce possible pour la majorité des ménages français, compte tenu du prix de vente de ces aliments ?
Les grands groupes et la grande distribution ne sont certes pas entièrement responsables de cet état, mais ils sont les instigateurs de la logique de croissance. De toutes manières, les plus forts devraient montrer l'exemple.
Lobbying en stock
Par Honorgate
, le 11 Fév 2008 | Dans A Vue de Nez |
9 retours » |
Vous pensiez avoir une opinion ?
La France, si elle ne découvre pas les groupes d'intérêts, renoue avec la gouvernance du lobbying massif, tous azimuts. Notre président de la République ouvre le bal, en annonçant ici et là, l'inverse et son contraire. A vous de voir ce qui est bon à prendre. Pour ma part, dans ma profession, tout semble s'améliorer d'un coup, selon les discours. Pourtant j'ai un doute. Tant de choses, en si peu de temps, d'un simple appel verbal présidentiel. Comment du coup avoir une opinion sur soi, son environnement et même ce qu'on avale ?
La politique c'est en effet très intéressant, mais la diététique l'est au moins autant pour nous tous. Est-ce que par exemple le café que j'avale est bon pour moi ? D'aucuns répondirent récemment, non, surtout si vous êtes enceinte. Des risques de fausse couche sont à redouter très sérieusement. Ah, mince ! Et la femme enceinte de dire: " Moi qui en buvait régulièrement, je vais donc arrêter, maintenant que je suis informée correctement !" Las. Le lobbying caféier, après nous avoir fait croire que le café est un luxe [1], dépêche subitement des spécialistes, médecins ou diététiciens, pour annoncer dès que l'occasion se présente, que le café est au contraire très bon pour la santé, à dose mesurée. Ouf ! Mais alors qui dois-je croire ?
Dans le même registre, les bio-carburants sont très à la mode. Moi même, de prime abord emballé, je suis devenu réticent. On nous disait, que les bio-carburants faisaient la richesse de Monsanto grâce à leurs OGM, et pire encore, ponctionnaient sur la surface agricole cultivable de la planète, en dépit des déficits de stock alimentaire et de la malnutrition galopante. Sauf que renseignements pris, la filière bio-carburant représente tout au plus actuellement 10% de la totalité de la surface agricole, et 15% à terme. Sauf que l'on nous matraque d'informations avec ça et que nous sommes en droit de nous demander à qui tout cela profite ? Au lobbying pétrolier bien entendu. Il faut vendre encore des voitures qui roulent à l'essence afin d'écouler l'or noir, quand bien même les prix augmenteraient - et les bénéfices avec. J'en ai eu récemment la confirmation [2]. Où ai-je raison finalement dans ce dossier ?
Un café nommé absurde
Par Honorgate
, le 24 Mai 2007 | Dans Vu de Près |
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Marketing génial pour papilles sous contrôle.
C'est le truc à posséder, le cadeau idéal, la machine énorme à faire un café tout petit se vend bien. Vous savez, les dosettes, en alu, ou rondes, que l'on place dans une machine super design? Non, je ne donnerais pas de marque. Chouette un bon café ! Mince que c'est bête autant d'emballages pour si peu, et à 15 fois le prix de café initialement produit !
Ah, vous aimez bien votre machine à expresso ? Et bien moi je la trouve révoltante cette machine. Songez, que des génies (oui c'est génial) ont réussi à relancer un marché qui était en perte de vitesse, celui du café. Pour cela ils ont inventé un concept fabuleux, faire avec du vieux et de l'ultra connu, quelque chose de luxueux, de rare et donc de précieux. Vendre un produit qui ne coûte rien - la pauvreté des producteurs peut l'attester, très cher, en réinventant le coup du grand cru emprunté au passage aux vignobles.
Ou comment vous faire croire que votre vieux café filtre est ringard face à l'extraordinaire perle noire qui goûte dans votre tasse depuis une machine fabuleuse qui extrait ce précieux liquide depuis un écrin scintillant.
A l'heure où l'on commence à se rendre compte que la société du déchet devrait se modérer si l'on veut voir demain encore un bout de planète saine, nous voilà en train d'approuver un concept honteux, car manipulateur, qui génère une quantité hallucinante de déchets pour un résultat gustatif auparavant connu et largement égalé par n'importe quel percolateur.

A l'heure où l'on commence à sentir les limites d'une rémunération expéditive des producteurs initiaux, on approuve un concept qui permet d'enrichir un panel d'intermédiaires qui opèrent une captation (tel un héritage) en vendant un produit démesurément cher, sans pour autant que les producteurs ne gagnent un centime de plus.
Je ne comprends pas comment nous pouvons encore cautionner ces logiques. Car il n'y en a aucune à se satisfaire de quelque chose purement économiquement conceptuel, qui engendre une quantité fabuleuse de déchets, pour n'enrichir que les cerveaux qui ont eu suffisamment de lucidité pour nous retirer notre propre jugement. Car les grands crus de café ça n'existe pas. Car ce café que vous appréciez, il ne le doit qu'à la messe qui accompagne votre achat du concept, à ces classeurs de papier glacé, et à ces écrins dans lesquels trônent des capsules d'aluminium.
Vous avalez un concept, et oubliez la planète.
Mauvais début de journée.
Ces vignerons qui nous saoulent
Par Honorgate
, le 9 Mar 2006 | Dans Vu de Face |
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C'est un bien beau métier qu'ils ont là, ces gens du Bordelais. Leur vin fut souvent bon, fameux parfois. Il fut un temps, où l'achat d'une de ces bonnes bouteilles à partager autour d'une tablée d'amis était quelque chose de chouette et d'évident, et qui nécessitait peu de moyen. Les viticulteurs s'invitaient ainsi autour des tables heureuses ! Et pourtant, ce sont ces gens là qui se plaignent maintenant de ne pas vendre assez de leur doux produit, tout étonnés qu'ils sont du résultat de leur pitoyable manque de discernement.
Les successions de maladresses et d'erreurs d'appréciations pourraient être à l'origine du drame actuel. Un marché qui fût dans les années 90, en pleine croissance, des prix de ventes abordables, mais des marges bénéficiaires jugées du coup insuffisantes. Les spéculations sur les vignobles devinrent alors un aboutissement logique, l'appât du gain fut fort, et la genèse d'une idée luxueuse associée au vin de Bordeaux - même médiocre - évidente. La succession des campagnes calamiteuses de promotion de piquettes - Beaujolais - ne choqua personne, et enfin l' envolée des prix [1] qui s'en suivit fut toute naturelle. On vend dès lors tout, plus cher et en plus grande quantité.
Fatalement vu de l'extérieur, on se dit que le marché est juteux. Les Californiens puis les Australiens sautent sur leurs raisins, mais pourvus de beaucoup plus d'imagination que nos viticulteurs français, ils décident d'adapter leur stratégie de vente selon les besoins des consommateurs. Les Français pendant ce temps, ne voient que la poule aux oeufs d'or.
Le vin français devient donc cher, de qualité inégale, et accompagné d'un formatage de l'inconscient collectif, le vin devient alors un argument de classe. Qu'importe qu'il pique ou qu'il ait une odeur de souffre à déboucher les narines des plus enrhumés d'entre nous. (Là, je parle surtout pour le Bourgogne). Le vin c'est du luxe, c'est bon, et le buveur doit en payer le prix. C'est étrange, cela me rappelle vaguement le marché de la drogue.
Pendant ce temps, le vin étranger qui cherchait une place au soleil devient bon et abordable. L'Australien humblement, s'offre aux exigences de nos palais. Naturellement, le consommateur averti se tourne vers ces offres. Et les viticulteurs tricolores de pleurer aujourd'hui.
Ils n'ont fait que récolter ce qu'ils ont semé. Le consommateur est certes assoiffé, mais pas toujours totalement abruti. A choisir entre différentes offres - maudite mondialisation - il préfère celle qui le respecte évidemment. Nos viticulteurs arrogants, persistaient pourtant dans leur aberrante logique et se croyaient indétrônables dans leur tour d'ivoire.
Ce qui ne semble pas être compris entre autres, par un ministre de tutelle qui nous implore de remplir nos caves pour aider la profession. A quoi sommes nous encore réduits? Quelle plaisanterie!
Toutefois, la réaction des viticulteurs redevient raisonnable. Les prix baissent, mais il est trop tard. Le buveur de vin a été vexé. Il n'est pas près de revenir à sa bouteille tricolore. Le pire de cette histoire moche, c'est que ce sont toutes les régions qui pâtissent du snobisme Bordelais et Bourguignon. Par la faute d'un cupide égocentrisme, des vins de bonne qualité et tout à fait abordables ne se vendent plus. La reine des bouteilles a pratiqué la politique du cépage brûlé.
Décidément, je n'ose plaindre les viticulteurs. Et lorsque vous allez en Bourgogne visiter les caves, vous aurez la plupart du temps à faire à des gens charmants, qui tout sourire vous vendront une bouteille de médiocre qualité (malgré tout le souffre qu'ils ajoutent) à un prix prohibitif, alors qu'il n'y a aucun intermédiaire de vente ! Les mauvaises habitudes perdurent malheureusement, la leçon n'est pas passée.
Que cela ne nous empêche pourtant pas d'aider cette profession sinistrée [2] en implorant à notre tour la clémence. Qu'ils nous accordent le droit d' apprécier intelligemment leurs produits, qu'ils nous permettent comme autrefois de nous rassembler autour de cet objet de verre, qui devint un moment par le jeu haïssable de la convoitise, un bijou de pacotille.
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[1] Selon onivins.fr , à quantité équivalente de vente de vins du Bordelais en grandes surfaces, on connaît à peu près 45% d'augmentation de prix entre 1995 et 1998.
[2] Article du Monde.fr : Nombre de viticulteurs sont réduits à demander le RMI daté du 16 février 2006.
Une base de liens sur le sujet.
Conjoncture mars 2005(première quantification au plan mondial de la taille du vignoble, de la consommation et des échanges internationaux de vins).
Le mythe moderne
Par Honorgate
, le 23 Jan 2006 | Dans Vu de Face |
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Sisyphe pourrait être de notre époque. Il s'y retrouverait. Souvenez-vous de ce mois de noël 2005. Entendiez-vous ces « journalistes » qui vantaient, après l'embrasement des banlieues, celui des cartes bleues. Les français consomment, flambent leurs cartes de crédit !
La belle affaire me direz-vous !
Je prétends au contraire que nous assistons là au un bien difficile second souffle de notre système. Il faut consommer n'est-ce pas ? Autant faire croire que tout le monde suit ce jeu, et ainsi, en bons mammifères que nous sommes, nous allons copier ce comportement, faire de même, consommer, même si nous n'en avons pas l'opportunité, ni même les moyens.
Ainsi on vous dit que vos voisins, eux, consomment, et beaucoup s'il vous plaît. Pardonnez-moi, mais quel intérêt y a t-il à répéter tous les jours, que de l'argent est dépensé ? Ajoutez à cela l'obligation d'accepter cette période comme étant festive – non ? Vous n'avez pas déprimé vous parce que les autres font la fête ? - Et afin d'en être persuadé, décorons tout ça dès novembre. Ces guirlandes sont le témoin d'un État d'esprit nécessairement festif.
Vous aviez un doute ? Mais dépensez donc !
Finalement, alors que nous nous attendions à un indice de la consommation exceptionnel, pensez-donc, tous les jours des records qu'ils disaient ... Que nenni point du tout, les commerçants font grise mine. Consommation en baisse, résultats de noël décevant. Le grand guignol n'aura pas fait longtemps illusion.
C'est que voyez-vous, les avancées dont nous sommes si fier, de la technique, des produits manufacturés, peuvent aller aussi vite que nous pousse ce trivial besoin de s'enrichir, notre esprit ne cèdera pas pour autant à de pareilles pressions.
Sous la couche de verni, le bois était pourri.
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On ne commande pas aux gens leur bonheur. Il ne s'impose pas, ne se crée pas. Il est évident, ou il ne l'est pas, et la propagande moderne qui consiste à nous faire croire que de s'équiper d'un home vidéo, d'un lecteur mp3 ou d'un véhicule plus gros que notre maison, n'y changera rien. L'homme est plus complexe que ce que tentent de résumer les acteurs du CAC40 ou ceux du NASDAQ.
Et lorsque j'entends parler du moteur de la croissance, je m'imagine immanquablement une sorte de véhicule, sans carrosserie, ni volant, ni freins, fonçant moteur grondant sur une route qui n'existe pas.
Bon sang, encore raté le bonheur, pourtant là au bord de la route ...
L'homme objet d'un monde fuyant.
Par Honorgate
, le 15 Déc 2005 | Dans Vu d'en Haut |
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Lorsque je regarde la publicité pour les nouvelles Peugeots, je me dit qu'ils déraillent complètement. Lorsque je regarde celle pour Duracel, je me dis que l'homme n'a plus d'importance, seul l'acte de consommation en a (lorsque ce n'est pas la référence désormais systématique au sexe). Imaginez les pubs dans lesquelles jouent des hommes et des femmes, des enfants même. Et ? Vous souvenez vous de leurs visages ? Non bien entendu. Vous ne pourriez pas, les images sont fugaces. Celles des lapins en revanche ne le sont pas.
Alors pourquoi les gens de chez Peugeot déraillent - ils ?
Parce qu'ils salissent l'homme. Pourquoi partir au volant de sa voiture le matin en ce disant qu'on va bouffer tout le monde ? Un squale on vous dit cette voiture ! La meilleure bien entendu. Mais on s'en fout qu'elle nous donne une impression d'homme robot prédateur. Une sorte de magma d'acier et de chair. Domination, force, respect et peur. Pourquoi cette escalade ? Je me dis qu'en principe une voiture devrait nous permettre d'aller à un endroit, confortablement, assez facilement, sans trop mouiller sa chemise. Mais pas d'y arriver en ayant réduit le reste en pâtée, ni en générant de la peur et encore moins du respect autour de nous. Pourquoi vouloir un monde artificiel si ce n'est pour masquer ou oublier nos tourments ?
Ridicule et dangereux, mais voilà bien un aspect révélateur de notre société. Ça file ! La technologie fonce. La société se perd. Nous avons a subir les élans insatiables d'une société fondée sur la consommation certes, mais une consommation technique. Cette puissance terrasse largement les avancées sociales. Nos repères s'effritent. Certains perdent la foi d'autres s'y réfugient les armes à la main. L'homme du coup fonce, tête baissée afin de produire cette richesse. Mais lui, que produit-il en dehors de ce système ?
La violence actuelle sont les prémices d'une amère catastrophe. L'individu accède à la puissance destructrice des états d'antan. La vie humaine n'est pas la préoccupation essentielle. Comment le serait-elle dans un monde si urgent. Vite, fonçons, construisons, inventons, produisons, gagnons !
Oui mais nous dans tout ça, on devient quoi dans notre voiture-prédatrice ?
Wééé je sais je suis parti un peu en roue libre... Faut bien commencer quelque part non ?
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Le fracas du monde - Alain Minc - Seuil
L'ensauvagement - Thérèse Delpech - Essais Grasset
Toujours plus! - François de Closet - Poche




