Tags: business
Pan-flamme Olympique
Par Honorgate
, le 8 Avr 2008 | Dans A Vue de Nez |
8 retours » |
|
Casse-tête chinois
Après le pamphlet olympique, je poursuis naturellement ma tentative de compréhension du monde qui m'entoure, et victime de l'actualité qui m'impose quelques réflexions, le parcours chaotique de la flamme olympique m'incite à préciser ma pensée. Ma seule certitude sera pourtant de qualifier ce problème de complexe, et qu'il ne peut y avoir qu'une interprétation. En tous cas, parler de la Chine ce n'est pas nécessairement parler des chinois, et parler des Jeux Olympiques ce n'est pas nécessairement non plus encenser la quintessence des valeurs humaines.
Les mesures de sécurité qui entouraient le parcours de la flamme olympique ne sont à mon sens pas scandaleuses. En effet, la France doit tenir ses engagements et assurer le bon déroulement d'une telle manifestation. Voyons cela comme une mission. J'imaginais mal, et je présume que les responsables français non plus, un vaste chantier autour de ce symbole. Vis à vis des autres nations, ça n'aurait pas montré notre compétence quant à assurer la sérénité dans nos rues. La seule chose qui me dérange un peu cependant, pourquoi ce sont les chinois qui commandent tout ce dispositif ?
Maintenant je pense que les manifestants prennent le Tibet en tant que prétexte [1], et s'ils ne prétendent pas détester la Chine ni donner l'indépendance à un pays qui n'existe pas, ils n'estiment pas devoir dire que les chinois sont formidables parce qu'ils ont un régime autoritaire ultra-capitaliste qui fait rêver tous les néo-libéraux d'occidents ! On se croirait du temps de Pinochet au Pérou. A l'époque certains ne masquaient même pas leur joie de voir une société idéale cadenassée qui ne jure que par le business. Pensez donc ! Une économie ultra-capitaliste dans laquelle les individus n'ont pas droit à la parole, ou en tous cas aux choix.
Le scandale des téléphones portables
Par Honorgate
, le 5 Avr 2008 | Dans A Vue de Nez |
8 retours » |
|
Racket cellulaire

Si au début des années 90 l'usage d'un téléphone portable était un plus non indispensable, aujourd'hui le portable est entré dans les mœurs. Il est assez difficile de s'en passer, d'autant que les employeurs réclament à leurs salariés leur numéro de portable, sans pour autant leur payer un abonnement. C'est donc un objet de consommation courante, et contrats, prix, forfaits, semblent conçus pour aliéner complètement l'utilisateur, qui se trouve confronté à un paradoxe : plus de communication pour moins de liberté.
Ce problème semble réservé aux français. Alors que dans d'autres pays vous pouvez très facilement acheter un téléphone cellulaire d'occasion et une puce SIM avec un numéro à vie - avec au passage les SMS gratuits, carte que vous pouvez recharger à volonté, en France, il vous faut un contrat en bonne et due forme, avec dates de péremptions et durées limitées. Vous pouvez utiliser votre téléphone 10 minutes de temps en temps, vous devez malgré tout débourser autant que lorsque vous appeliez avec un fixe plusieurs heures il y a quelques années.
Vous devez ensuite prendre un forfait, car vous ne pouvez pas payer simplement ce que vous consommez, en fait vous achetez quotidiennement une licence d'utilisation - charge à vous de l'utiliser. Cette dîme est prohibitive. Tentez de trouver en effet un forfait à moins de 10 euros par mois, c'est impossible. Et si vous trouvez un forfait pratique et pas trop cher, c'est que votre contrat vous tient pendant 24 mois.
Vous voilà donc enchaîné à un opérateur quoiqu'il arrive. Surtout si par malheur vous vous retrouvez sans travail ou avec des dépenses imprévues importantes, vous devez continuer à payer votre opérateur, même si vous lui demandez d'arrêter. Le service proposé est ainsi obligatoire. Même si vous jetez votre téléphone, vous continuerez à payer.
Les associations de consommateurs ont bien tenté de faire cesser ces contrats qu'ils jugent à juste titre abusifs. Pourtant ce sont des contrats liberticides, vous ne maîtrisez rien, mais ils existent toujours. L'état fait même semblant de ne rien entendre, et ce n'est pas l' Autorité de Régulation des Communications (l'ART) qui pourrait régler cela, car on a davantage l'impression que cet organisme a été créé pour éviter les ententes illicites entre opérateurs plutôt que pour tenter de protéger les consommateurs. Ce qui devrait être le cas bien entendu, toujours selon cette même logique : pas de consommateurs, pas de business.
Ainsi, les opérateurs lancent des campagnes de publicité vantant une nouvelle liberté. Au lieu de cela vous ajoutez un maillon à la chaîne qui vous maintient prisonnier dans une spirale dépensière, même sans besoin particulier. Et si une technologie devient enfin rentable, la norme GSM par exemple, on se dépêche d'en inventer une autre plus performante, WAP, GPRS, 3G puis 3G+ afin de trouver un prétexte de ne pas baisser le prix des prestations, voire même de les augmenter. En tant que consommateur un peu ancien de ces produits, vous ne pouvez même plus compter sur la mutualisation des services qui pourrait vous profiter [1]. Vous devez alors sans cesse payer pour amortir des investissements certes réels, mais artificiellement montés, afin de conserver suffisamment de bénéfices pour les sociétés qui proposent ces services.
Pour achever ce petit papier, pensez-vous réellement avoir le choix, dans vos dépenses de communications ?
Ce papier rentre dans une série de petits commentaires de tous les jours. Des commentaires qui montreront peut-être que la France devient non pas un pays de propriétaires, mais un pays d'hommes et de femmes humiliés, dans lequel on ne travaille pas plus pour gagner plus, mais pour rembourser plus.
[1] On pourrait entendre par mutualisation le fait que plus il y a d'utilisateurs payant pour un service, moins ce dernier coûte cher, puisque les marges de bénéfices restent au moins équivalentes, mais surtout supérieures.
Le choix du roi
Par Honorgate
, le 13 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
2 retours » |
|
Notions de perceptions relatives
Je profite assez rarement ici de l’actualité. Pourtant je ne peux m’empêcher de rebondir sur un phénomène actuel : le saut des perceptions dans le temps et dans l’espace, selon votre confort social. Pour cela je me fonde sur une réaction du président de la Société Générale, qui n’a honte de rien.[1]
A chaque crise, la Société générale en est ressortie plus forte.
Daniel Bouton
Facile pour une banque de dire une ânerie pareille. Quand bien même cela soit vrai, cette faculté propre aux nantis d’imaginer un scénario pareil, montre qu’ils occultent une bonne partie de la réalité. D’une part c’est nous qui payons pour cette étrange force supplémentaire, d’autre part, ils dépensent de l’argent qui ne leur appartient pas, et enfin, l’état se porte garant - ce qui rejoins le premier point, de leurs actifs.
Quel est le risque là dedans ? En quoi une crise générée par un dysfonctionnement interne pourrait dans ce cas rendre plus fort quiconque d’honnête ou lucide ?
Que voulez-vous, ils pensent que le monde ne leur fait pas de cadeaux, et eux s’offrent le monde tous les matins au petit-déjeuner, en guise de bonus de fin de mois.
Car ces gens qui brassent autant d’argent créent eux même un système qui les nourrit. Mais puisque malgré tout il existe une logique, ce système génère sa propre croissance, sur le dos des populations américaines et européennes, pauvres ou modestes, mais aussi sur le dos des pays en voie de développement. Ou comment créer un déficit commercial pour une croissance auto-alimentée.
Vous allez me dire, pourquoi dis-tu ça alors que tu n’y connais rien à la finance ? C’est certain, mais je constate, et n’importe qui peut le faire, que chaque année, 9% de la richesse ainsi créé part dans le capital. C’est à dire autant qui ne vont pas dans les salaires. Ainsi, des gens travaillent plus tous les ans, en gagnant moins, pour enrichir davantage ceux qui le sont déjà. Et je regrette, mais nul besoin d’être passé par Harvard pour comprendre cela. Il ne faut simplement pas être dupe. [2]
Nous pourrions prendre ce problème du bon côté, et dire que finalement ce n’est pas dramatique, car de toutes manières l’économie se porte bien du coup. Sauf qu’en l’occurrence l’économie ne va pas bien, puisqu’elle lutte contre ce qui fait son essence même, l’accès à la consommation pour tous, et de plus en plus. Si l’argent des bénéfices part dans le capital plutôt que dans les salaires, qui au bout du compte, consomme plus tous les ans ? Nous arrivons bien à un paradoxe, qui révèle les prémices d’une catastrophe. Prémices quantifiables pourtant, puisqu’au Etats-Unis, cela a coûté déjà 100 milliards de dollars aux contribuables, et qu’en France, pour le moment, nous savons que cela va coûter au moins 5 milliards d’euros. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg.
Pendant ce temps, 15% des français se demandent de quoi leur lendemain va être fait, du haut de leurs 800€ mensuels. Et nos politiques d’affirmer qu’ils ne peuvent rien faire ! Les banquiers semblent avoir beaucoup moins de problèmes, ou de scrupules. La santé de l’économie et donc notre quiétude, passeraient-elles donc par autant d’argent perdu, qui aurait pourtant pu servir à tellement de familles en France ?
[1] In Le Monde du 12 fév 2008
[2]
Un article du Monde Diplomatique sur le partage des richesses du monde.
Un article dans La Tribune, qui montre que 3 dirigeants sur 4 des entreprises du CAC40 ont eu entre 2006 et 2007, 40% d’augmentation de salaire. Cette augmentation considérable propulse les rémunérations des patrons français à des niveaux jamais atteints, et place la France en tête en Europe. Pendant ce temps, notre président déclare qu’il ne peut rien faire pour notre pouvoir d’achat.
Lobbying en stock
Par Honorgate
, le 11 Fév 2008 | Dans A Vue de Nez |
9 retours » |
|
Vous pensiez avoir une opinion ?
La France, si elle ne découvre pas les groupes d'intérêts, renoue avec la gouvernance du lobbying massif, tous azimuts. Notre président de la République ouvre le bal, en annonçant ici et là, l'inverse et son contraire. A vous de voir ce qui est bon à prendre. Pour ma part, dans ma profession, tout semble s'améliorer d'un coup, selon les discours. Pourtant j'ai un doute. Tant de choses, en si peu de temps, d'un simple appel verbal présidentiel. Comment du coup avoir une opinion sur soi, son environnement et même ce qu'on avale ?
La politique c'est en effet très intéressant, mais la diététique l'est au moins autant pour nous tous. Est-ce que par exemple le café que j'avale est bon pour moi ? D'aucuns répondirent récemment, non, surtout si vous êtes enceinte. Des risques de fausse couche sont à redouter très sérieusement. Ah, mince ! Et la femme enceinte de dire: " Moi qui en buvait régulièrement, je vais donc arrêter, maintenant que je suis informée correctement !" Las. Le lobbying caféier, après nous avoir fait croire que le café est un luxe [1], dépêche subitement des spécialistes, médecins ou diététiciens, pour annoncer dès que l'occasion se présente, que le café est au contraire très bon pour la santé, à dose mesurée. Ouf ! Mais alors qui dois-je croire ?
Dans le même registre, les bio-carburants sont très à la mode. Moi même, de prime abord emballé, je suis devenu réticent. On nous disait, que les bio-carburants faisaient la richesse de Monsanto grâce à leurs OGM, et pire encore, ponctionnaient sur la surface agricole cultivable de la planète, en dépit des déficits de stock alimentaire et de la malnutrition galopante. Sauf que renseignements pris, la filière bio-carburant représente tout au plus actuellement 10% de la totalité de la surface agricole, et 15% à terme. Sauf que l'on nous matraque d'informations avec ça et que nous sommes en droit de nous demander à qui tout cela profite ? Au lobbying pétrolier bien entendu. Il faut vendre encore des voitures qui roulent à l'essence afin d'écouler l'or noir, quand bien même les prix augmenteraient - et les bénéfices avec. J'en ai eu récemment la confirmation [2]. Où ai-je raison finalement dans ce dossier ?
La primauté des intérêts
Par Honorgate
, le 3 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
10 retours » |
|
Ou l'intérêt des primats
Le relais de l'information est actuellement au cœur de beaucoup d'intérêts. Mon intérêt est de trouver de l'information juste, qui m'intéresse, sans trop ponctionner sur mon capital temps de réflexion disponible. L'intérêt de ceux qui fabriquent l'argent, est qu'ils puissent prévoir et agir a propos, efficacement et durablement. Dans cette tourmente, des initiatives nouvelles voient le jour. Le journal en ligne Mediapart participe à cette genèse.
A peine sorti des cerveaux libres et a priori indépendants, le projet Médiapart auquel je crois puisque je suis abonné, est attaqué juridiquement par un puissant groupe de presse franco-belge. Les raisons sont pour nous simples citoyens, complètement fallacieuses, mais les intentions sont conquérantes : récupérer la ligne éditoriale, couper l'herbe sous les pieds de ces journalistes, anéantir toute tentative d'indépendance. Une indépendance qui pourrait déranger, et compliquer la visibilité des intérêts financiers de ceux qui fabriquent l'argent.
Il est à lui seul de toutes manières très intéressant, et révèle s'il le fallait encore, le combat actuel : la lutte de l'homme contre la dictature économique.
En effet, au delà d'une trop simple et obsolète vision de gauche, nous assistons vous comme moi, aux conséquences du diktat économique.
Nous ne savons finalement plus très bien si l'économie est un outil inventé par l'homme pour agrémenter son environnement, ou bien si ce système ainsi créé supplante le libre arbitre pour transformer l'homme en simple esclave.
Ceux qui gagnent avec ce système l'utilisent déraisonnablement à leur profit. Cette absence de tempérance a de multiples visages : une haute finance totalement amorale - nous avons pu entrevoir un des épisodes avec l'affaire du trader d'une grande banque française, une politique exclusivement gestionnaire - on calcule, additionne, comptabilise, enfin, un gouffre béant entre les nantis et les modestes qui a entre autres pour conséquence une systématisation des intérêts oligarchiques aux dépends de l'intérêt commun.
Ce qui nous apparaît étrange, ou négatif, aujourd'hui sera néfaste et catastrophique demain. George Bernanos disait en l'occurence que le pas des mendiants feront trembler le monde. Parce que le monde selon l'homme est ainsi, il faut toujours passer par l'excès pour trouver une nouvelle voie plus raisonnable et également profitable.
Ainsi, je pense que nous sommes aujourd'hui à quelques œuvres du sommet de l'excès. Le combat que mène aujourd'hui l'équipe de Mediapart jalonnera sans doute la route du retour à la raison. Ce n'est pas le seul, ils sont nombreux, même si le problème auquel est confronté Mediapart pourrait être un simple manque de prévoyance.[1] Il nous appartient je crois, à ceux qui n'ont pas d'autres intérêts que d'aimer leur famille et de leur assurer une vie suffisante, de ne pas être indifférent à ces enjeux. Nous ne pouvons pas et ne devons pas laisser à nos enfants un monde gouverné par l'ordre technico-économique. Notre monde est un monde d'hommes égaux gouverné par l'ordre moral et politique. Dans le cas contraire, cela ne me semble pas viable.
Dans cet esprit de lutte, même modeste, c'est toujours mieux en musique...
_______________________
[1] Mon point de vue ici repose simplement sur l'idée que le business pourrait avoir raison de tout, même d'initiatives indépendantes et a priori clairvoyantes. Ainsi, le problème auquel est confronté Mediapart, pourrait-il avoir d'autres origines ?
Un article de Versac propose une autre voie. Voire, car je préfère me placer du côté des plus faibles, ça changera. Et ce n'est pas en disant ça que je deviens du coup trotskiste comme ils disent là-bas. De toutes manières dans certains blogs c'est immédiat, dès que vous tentez de faire preuve d'un soupçon d'humanité, vous êtes taxé de trotskiste de bas étage. C'est assez fort.
Cet article de VinZ traite le problème de la même manière.
Pourquoi vais-je cesser certains achats culturels
Par Honorgate
, le 30 Jan 2008 | Dans Vu de Près |
Réagir » |
|
Une autre forme de dicature
Le chef de l'état Français a eu l'idée de confier la rédaction d'un rapport sur la lutte contre le cyber-piratage à un PDG, en l'occurrence Denis Olivennes de la FNAC. Pourquoi pas, cet homme semblait idéalement connaitre les tenants et les aboutissants du dossier. Pourtant cet homme, pour ceux qui l'ignoraient, fait du business. Et son rapport préconise une lutte. Lutte et business, je trouve que cela s'accorde assez mal.
Prétendre que le piratage nuit à la créativité artistique est un trompe l'oeil honteux. Mon argumentaire s'arrêtera au simple constat qu'un artiste touche à peine 16% [1] des bénéfices engendrés par la vente des disques. Ainsi si un distributeur ou un producteur veut sauvegarder la créativité, plutôt que de vendre de plus en plus cher au public des choses de moins en moins bonnes, autant réduire les marges de bénéfice et distribuer davantage aux artistes de talents. Fonder ses revenus, en tant que producteur, sur des compilations bruyantes, ce n'est pas s'intéresser à la créativité, c'est aimer le rendement, ce qui me semble bien éloigné de l'idée culturelle.
Si l'on poursuit le décorticage du business de la "culture" comme ils aiment appeler ces bruits sur leurs disques, et ces cris dans leurs livres, comment ne pas se souvenir que nous avions déjà une bonne discothèque à la maison sous format vinyle qu'il a fallu pour beaucoup d'entre nous, recréer sous un nouveau format numérique. Nous avons donc tous acheté au moins deux fois les mêmes choses, puisque le format standard avait évolué.
Cette évolution se poursuit. On a bien tenté de nous dire que nos CD étaient finalement pas si formidable que ça, et que les nouveaux supports seraient bien plus performants, quitte à tout acheter encore une fois. Dans ce délire mercantile, les majors n'avaient pourtant pas prévus l'émergence des formats numériques devenus libres grâce à la démocratisation des moyens informatiques ainsi que des moyens de transmission de données. Le mp3 fit alors la chique au mini-disc, puis au super- CD. Mais cette infiltration des moyens libres dans un domaine soigneusement gardé sous copyrights, n'a jamais été accepté. Au point que les majors dédaignèrent obstinément tout protocole de partage légal de fichiers audio-visuels. Le téléchargement de la musique devenait ainsi structurellement illégal sous forme de P2P. Les majors conscients de leur fourvoiement, mais persuadés de leur main-mise sur le numérique, eurent alors l'idée géniale de demander aux politiques de taxer tous les supports vierges.
Ce fut fait. Quelque soit la destination de ces supports, nous payons, tous, des royalties à la SACEM. Tous les produits du commerce voient ainsi leur prix d'achat augmenter d'autant, pour le plus grand profit de la SACEM qui redistribue, un peu, aux artistes que nous ne connaissons pas voire que nous n'apprécions pas. Finalement, nous avons trouvé en France, le seul impôt au monde sur la culture, et ce quelque soit vos revenus. Vous qui êtes étudiant ou chômeur, payez cet impôt, combien même vous n'ayez que vos photos sur ces supports.
T'as pas 100 balles ?
Par Honorgate
, le 24 Jan 2008 | Dans Vu de Face |
Réagir » |
|
Cotisez pour le grand jeu de la haute finance !
Mince, mon banquier va m'appeler pour me signifier que j'ai un débit sur mon compte de 150 euros. Du coup, non seulement je vais avoir des agios à payer, mais en plus il va falloir que je rembourse ce découvert rapidement, sinon gare aux pénalités. Remarquez, je pourrais toujours vendre un truc sur eBay qui traîne chez moi, afin de trouver du cash rapidement. Malgré cela, je ne suis pas inquiet.
Cette petite histoire inventée, qui pourrait nous concerner, trouve actuellement tout son piquant. Pourquoi en effet serais-je inquiet alors qu'aux Etats-Unis on nous annonce une perte sèche pour certaines banques dont on se fout du nom, de plus de 100 milliards d'euros ? Pourquoi serais-je inquiet alors qu'en France, outre l'affaire du Crédit Lyonnais, on nous annonce que la Société Générale a été victime d'une fraude massive de plus de 40 milliards d'euros ? (On parle de fraude, mais qu'en est-il vraiment ?)
Pourquoi même devrais-je me séparer d'objets à vendre sur eBay, alors que des hommes au col blanc dans la haute finance transformée alors en jouet, s'amusent à faire des challenges hasardeux afin de s'en mettre plein les poches, en prenant des risques insensés. Pourquoi serais-je inquiet pour 100 euros alors que d'autres jouent et perdent avec 100 millions d'euros dans la même journée ? Comme si ce n'était pas grave. Car ça ne l'est pas, puisque lorsque cela arrive, les états payent.
Ils sont tranquilles les états, car ils ne peuvent pas être mis en banqueroute. Tout simplement parce que vous comme moi qui avons un salaire modeste, mais qui sommes victimes d'une hausse considérable du coût de la vie, allons combler ces pertes.
Des hommes dans des bureaux jouent avec de l'argent qui ne leur appartient pas, perdent des fortunes, partent du coup à la retraite anticipée, mais avec des ponts d'or, et nous qui sommes des individus moyens dans une classe moyenne payons pour ça. Avec nos a peu près 2000 euros de salaire mensuels, nous payons pour des retraites à 100000 euros. Nous qui tâchons tant bien que mal à ne pas trop contrarier notre banquier, nous payons pour combler des pertes abyssales.
Rien ne vous choque là dedans ?
Tel est pourtant le fonctionnement actuel de notre monde. Les modestes payent pour les nantis, et la masse des petites gens, sont le vivier des futurs pirouettes de la haute finance internationale, qui ne manquent pas de parier sur les bénéfices de la pauvreté. C'est complètement ubuesque. Alors tous les experts de la finance pourront dire ce qu'ils veulent, mais ce système est abject, idiot, illogique et spoliateur.
Imaginez en effet ce que l'on pourrait faire avec autant d'argent perdu dans l'éther financier. Tout est possible avec de pareilles sommes. Pourtant au lieu d'en prendre conscience, on préfère dérèglementer le droit des affaires, ponctionner sur les retraites modestes, retirer des acquis compensatoires. Des gouttes d'eau dans un océan de duperie.
Je pense qu'il faut lutter contre les hommes qui tentent d'imposer leur logique, qui n'a pas d'autre objectif que de servir leur propre intérêt au détriment de l'intérêt collectif. Nous sommes certes dans un monde libre - pour les plus chanceux d'entre nous, mais sous le joug des prédateurs, qui a défaut de griffes acérées, attrapent leurs proies dans le filet de la haute finance. Ces hommes prédateurs, qui sont essentiellement mu par le manque de considération qu'ils ont d'eux-mêmes, accrocs à cette drogue qui les éloignent de plus en plus des réalités.
Je serais donc inquiet finalement non pas pour mon découvert, mais par l'acceptation de ce grand jeu dangereux qui annonce d'amères catastrophes.
Vous n'auriez pas 100 balles pour nos 100 milliards ?
___________________
Revenu salarial moyen (Chiffres INSEE)


