Rallumer tous les soleils
Par Honorgate le 18 Nov 2008 | Dans A Vue de Nez, Vues politiques |
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Le 75 ème congrès du parti socialiste s'est achevé à Reims sur le constat de la division. Cela valait vraiment le coup d'y être, au moins par caméras interposées car nous avons assisté à quelque chose de rare : le choc frontal des contradictions de la vieille garde du parti. C'est du coup l'occasion d'affirmer une nouvelle fois quelques convictions roses.
(Illustration de Kartini)
Lorsque Jacques Julliard dans son édito du Nouvel Obs de la semaine dernière, parlait de stupidité collective sous l'effet de Mme Royal, c'était peu dire. En effet alors que Ségolène Royal achève son discours de clôture du congrès, elle parle de "rallumer tous les soleils". On a vu une salle trembler. Comment, Ségolène se prend vraiment pour une déesse ! Quelle honte ! Vite huons, sifflons !
Sauf que malheureusement, cette phrase est partie intégrante d'un discours de Jean Jaurès [1]. Vous avouerez que c'est assez piquant comme situation.
Voilà en effet une bonne manière de résumer ce qu'est le parti socialiste aujourd'hui. C'est un parti plein d'avenir avec des cerveaux brillants, des militants engagés et remplis d'espoirs, mais qui est torpillé en son sein même, par la peur de l'inconnu. Ou pire encore la peur du remous. Car vu de l'extérieur, tout se passe comme si Mme Royal, Vincent Peillon, Julien Dray, Manuel Valls, Jean-Louis Bianco ou d'autres encore plus talentueux peut-être, risquaient de bouger la vieille garde socialiste bien ancrée dans un dogme qui n'existe pas.
Suite:
Pourtant je persiste. Ségolène Royal me semble être la seule socialiste a pouvoir donner un nouveau souffle au parti et surtout s'opposer à Nicolas Sarkozy en 2012.
Faut-il ainsi encore le répéter ?
Mme Royal utilise lorsque cela est nécessaire, la même tactique que ses adversaires politiques, dont M.Sarkozy, pendant que tous les autres se drapent dans leur socialiste dignité.
J'ajouterais pour appuyer mes dires, qu'une motion ne sert finalement à rien. On ne gouverne pas un pays avec une motion d'un parti. On ne prétend pas aider tous les français, avec une motion d'un parti, quelque soit l'opinion que l'on puisse avoir sur les idées qu'elle rassemblerait.
Quant au sabotage du PS comme on peut entendre au sein même du parti, par les mêmes qui sifflent les paroles de Jaurès, M.Jospin a déjà œuvré avec sa candidature à un scrutin national que l'on connaît et avec la publication de son pamphlet honteux en 2007. Dans la même idée, MM. Strass-Kahn et Fabius ont suffisamment agit contre la candidate aux dernières élections présidentielles pour faire acte de torpillage bien orchestré.
Ceux qui nourrissent "la machine à perdre" sont bien ceux là. Ceux qui incarnent l'espoir, c'est bien l'équipe Royal.
Enfin lorsque j'entends que Mme Royal se sert du parti comme un tremplin pour une carrière personnelle, je ne vois pas trop où est le problème avec ça. Tous les partis français fonctionnent sur cette logique, et le PS ne le devrait pas ?
Face à la machine de guerre UMP (pardonnez cette appellation) que pensez-vous qu'il soit nécessaire ?
Un autre point de désaccord, je ne suis pas certain que l'on puisse aussi aisément personnaliser cette candidature. Ségolène Royal l'a dit maintes et maintes fois, le parti n'est pas un objectif en soi. Elle a simplement la légitimité pour le faire, parce que les militants la lui donne par leurs votes. Pour autant il ne faut pas croire qu'à la tête d'un parti il faille simplement quelqu'un. Non, il faut un leader. Et un leader ce n'est pas de l'improvisation, ce n'est pas simplement deux ou trois grandes idées vraiment bien socialistes. C'est simplement ce que fait Mme Royal avec conviction et donc ambition, épaulée tout de même par une équipe de grand talent. Le retour des socialistes aux affaires, parce que les Français en ont besoin, est à ce prix. Être leader d'un parti, est un moyen nécessaire pour aboutir au succès d'une élection majeure.
C'est cette équipe, ne l'oublions pas, qui propose une sixième république[2]. Afin d'en finir avec la dérive présidentielle que connaît actuellement la France, en dépit des apparences trompeuses de la stratégie sarkozienne. Nous connaissons actuellement sans doute les heures les plus sombres de notre république, dignes du second empire. Le parlement ne sert plus à rien, de nombreuses décisions sont prises avant même que le parlement ne se prononce. Le gouvernement gouverne seul, et directement. Il intervient dans les affaires de la justice, des banques, des militaires, des fonctionnaires, de l'éducation, des hôpitaux, non pas pour améliorer un système en place et qui fait ses preuves, non pas non plus pour garantir des lendemains sereins, mais par retranchements, sans aucune concertation avec les citoyens qui vont souffrir pour cela, avec une seule logique comptable pendant que les financiers brûlent 1700 milliards d'euros sans être inquiétés.
C'est parce que ce sont des moments difficiles qu'il faut se garder des dissidences. Toutefois nous assistons à la tentation de certains de partir bien à gauche. Pourtant l'histoire récente nous montre que cela ne peut conduire qu'à l'échec et nourrir les ambitions de l'UMP. Pour preuve, nous pouvons lire partout le travail de sape incroyable auquel se livrent les portes-paroles de la majorité présidentielle. Tous sont alarmistes, pire, ils insultent avec le sourire le vote des militants du parti, qui pour la majorité, font confiance au courant de Mme Royal. Cela ne choque personne ! Quelle dignité pouvons-nous avoir dans cette démocratie, à ce point présidentielle, qu'il faut abattre par tous les moyens l'opposition par la raillerie et le dénigrement ? Que retenir d'autre sinon, que finalement Ségolène Royal inquiète les gros bras de Sarkozy ? Eux au moins le savent, mieux sans doute qu'un Bertrand Delanoë qui en 24 heures se rend compte soudain que le parti serait en danger. D'un combat prétendu d'idées, les partisans du Maire de Paris font un combat de personnes. C'est toujours ainsi que cela se passe lorsqu'on est en avance sur son temps [3].
[1] "Rallumer tous les soleils" est un recueil des discours, textes et articles de Jaurès paru le 19/01/2006- Editeur : Presses de la Cité - Collection omnibus. Je tiens ici à remercier Péneloppe commentatrice sur Mediapart pour ces références.[2] Ce fut l'objet d'un papier ici même.[3] A ce propos on peut lire un article de Jean Michel Apathie sur son blog.
Le site Désirs d'Avenir de Ségolène Royal.
Le tableau des mises à jour des votes PS (Rue89).
Le discours de S.Royal lors du 75ème congrès de Reims du Parti Socialiste:
16 commentaires
Le chroniqueur politique de la matinale de France Inter a été assez cruel : il a effectiverment relevé que la phrase "rallumer tous les soleils" dont certains s'étaient moqué était une phrase de Jaures, mais il a ajouté que dite par Ségolène Royal, ça sonnait comme du Barbelivien.Ceci dit, ces bagarres au sommet du PS devraient montrer que contrairement à l'UMP par exemple où tout le monde est transi devant un seul bonhomme, Sarkozy, il y a des débats. Ce qui est dommage, et j'ai écouté Royal hier et Aubry ce matin, c'est que c'est à peu de choses près (alliance MODEM mise à part) les mêmes phrases prononcées de part et d'autre. Seul Benoit Hamon se détache un peu, mais il utilise, lui aussi à haute dose, la langue de bois.
Plus qu'un débat d'idées, ce qui est salutaire et vivant, c'est une guerre de personnalités et ça, c'est problématique et ça sert de repoussoir.
Tout à fait d'accord.Cela dit, a propos d'une hypothétique alliance avec le MODEM, notons que Martine Aubry n'est pas très honnête. Reprocher à Ségolène Royal l'idée même de cette alliance alors qu'elle au niveau local n'a pas hésité à faire appel à leurs voix, c'est tout de même assez gonflé.
Quant au chroniqueur auquel tu fais allusion, c'est typique. Royal est une femme donc on critique sur la forme. Exclusivement sur la forme, et tout le catalogue y passe à longueur de temps.
On le sait qu'elle n'est pas une excellente oratrice. C'est dommage de s'arrêter là. Nous avons ainsi l'exemple du niveau auquel se hisse la presse aujourd'hui.
Et cela fait le bonheur de M.Sarkozy.
En effet, lui n'hésite pas à utiliser Jaurès, mais il fait de la manière la plus immédiate, il cite son nom. Ségolène Royal préfère la discrétion, trop sans doute du coup puisque des militants n'ont même pas eu le réflexe de comprendre (cela dit, je ne connaissais pas non plus, mais je n'aurais pas sifflé).Nous sommes vraiment dans le grand folklore politique. Et au lieu de le condamner, les journalistes entretiennent ça.
Il est vrai que le déferlement de critiques et même de haine envers Ségolène Royal la rendrait presque sympathique.Mais ne nous leurrons pas cette haine est généralisée entre tous les éléphants. La seule question importante est bien l'orientation future du PS. Et là, il est clair que Ségolène représente avec ses petits copains l'aile droite du parti. Alors pourquoi ne pas rompre carrément et rejoindre l'honorable François Bayrou ?
Merde, en théorie le PS est un parti de gauche non ? Pendant que ces dames et ces messieurs se détruisent mutuellement, nous nous subissons Sarkozy !
Ce n'est sûrement pas en se droitisant ou en devenant économiquement "raisonnable" que l'on attirera l'électeur de droite et cela fera plutôt fuir les gens de gauche (comme moi). Marre de voter CONTRE quelqu'un. Pour ma part, si Ségo l'emporte, la prochaine fois je voterai Besancenot ou Mélenchon au premier tour et je resterai chez moi au second.
Le PS donne non seulement une image lamentable mais surtout ne PROPOSE RIEN ! Et je ne crois absolument pas que ces gens arrêterons de se déchirer une fois le (la) premier secrétaire élu. Alors je pense qu'il sera impossible que dans le futur ils puissent travailler ensemble.
La droite et la gauche se ressemblent dangereusement. Alors pourquoi choisir ?
Merde à la fin !
C'est vrai que l'image actuelle du PS est désastreuse. On ne comprend plus très bien du reste à quoi il peut bien servir.Mais tout le problème est là, c'est parce qu'une vieille génération de socialistes campent rue de Solférino.
Il manque un dogme socialiste, clair, populaire, démocratique donc simple.
Actuellement, une équipe est prête à relever le défi de l'avenir. Les propositions ne manquent pas, elles sont très nombreuses et appliquées parfois sur les territoires locaux.
Les Français ont besoin du socialisme, qui représente de toutes manières, l'avenir de notre société. Et M.Sarkozy ne s'y trompe pas. Comment appeler en effet les mesures récentes qui ont été adoptées ?
Ne nous y trompons pas. Le socialisme actuel semble fade face à la déferlante des illuminés qui nous gouvernent. Mais cela peut changer. Et lorsque les socialistes seront à nouveau aux affaires, compte tenu de l'épisode mitterandien, tous les espoirs sont permis.
En tous cas je ne crois pas du tout à la solution gauche extrême. On le sait, ça ne marche pas, et cela ne fait plaisir qu'aux gens qui aiment que l'on parle de gauche. Dans les faits, ce ne sont que des divisions qui affaiblissent le courant général de gauche, et ne profitent qu'à la droite.
Oui mai...Ségolène N'EST PAS socialiste.
Et tu crois vraiment que Mélenchon (par exemple) et d'extrême gauche ?
Mélenchon c'est Mélenchon ! Et si S.Royale n'est pas socialiste, comment pourrait-on appeler ceux qui nous gouvernent actuellement ? .... heu j'ai bien un idée, mais non ...
Hé bien je pense pour ma part que nous rejoignons les pays anglo-saxons. Un parti de le droite dure et un parti de droite légèrement teinté de social. La gauche étant marginalisée. Bref le choix ente la droite et la droite sera notre avenir d'électeur. Je suis absolument dégoûté. Si c'est Royal, je ne voterai plus socialiste.
Et que penser de l'allié de Royal, le quasi sarkozyste Emmanuel Valls ? Et de la position de cette même Royal envers l'infâme Georges Frêche ?Non décidément...
Bof.Je ne crois pas que le futur puisse se résumer à si peu.
Bin, ce matin, vu les résultats, on est pas sorti de l'auberge en tout cas !
Ce le pire des scénarii.Une catastrophe.

J'aurais encore préféré une victoire nette ne l'une au l'autre candidate, mais pas ça.
La démocratie c'est aussi les choses qui évoluent (une dictature c'est plus simple, tout est fixé).Ainsi au moment où j'écris ces lignes, quatre décomptes font polémique (entre parenthèses la correction qui pourrait avoir lieu): la section de Talange en Moselle (+12 voix pour Royal, -12 voix pour Aubry), la section de Kingersheim en Alsace (+6 voix pour Royal), la section de Lille centre dans le Nord (-20 voix pour Martine Aubry) et la fédération de Nouvelle-Calédonie (+13 voix pour Royal, +3 voix pour Aubry).
Nous aurions donc ceci :
D'un écart de 42 voix en faveur de Martine Aubry, on passerait ainsi à un écart de 18 voix en faveur de... Ségolène Royal!
(Merci à Rue89 pour sa réactivité)
C'est donc bien le moment de dire qu’en démocratie, on ne peut s’affirmer vainqueur d’une élection qu’à partir du moment où l’adversaire admet sa défaite.
Au PS, ici et ailleurs, on semble ignorer les usages triviaux de l’exercice démocratique. C’est un mal bien Français qui prouve que nous devrions donner moins de leçons aux autres, et d’user un peu plus, à tous les niveaux, de la richesse démocratique.
Je reconnais que sous l’ère sarkozienne, c’est loin d’être évident.
Allez, encore quelques têtes à couper, et on y arrivera.
Va y avoir du sport de toutes façons ! Bon, en fait on va avoir soit Royal et sa bande dont certains ne dépareraient pas chez les copains de Sarkozy. Royal rêve d'un grand parti du centre droit. C'est clair.
De l'autre côté, Aubry, certes plus à gauche, nous garantit un PS qui ne changera pas avec la persistance des vieux éléphants qui privilégient leur place régionale et se foutent bien des présidentielles...
En rajoutant que tout ce beau monde se déteste cordialement, il est presque certain que ces messieurs-dames ne pourront plus jamais travailler ensemble.
Bref, rien de bien bandant !

Alors pourquoi pas une scission et un nouveau départ, de nouvelles alliance et peut-être la renaissance d'un VRAI parti de GAUCHE ce que le PS n'est plus depuis longtemps qu'une mauvaise caricature.
Ah mais je suis tout à fait partant pour un vrai parti de gauche !Mais combien en fait de partis ? 2, 3, 5 ou plus ?
Parce qu'en France, jamais personne n'a réussit à mettre tout ce beau monde ensemble, à part peut-être Mitterand.
Personnellement je n'en suis plus à vouloir un parti de gauche, mais à un parti qui puisse mettre hors des responsabilités les illuminés du pouvoir actuel.
Le reste, c'est de la foutaise.
Et à ce propos : "Gros" réajustement en Gironde, favorable à Aubry à nouveau: 41 voix en moins pour Royal, 11 voix en plus la maire de Lille. (Source Rue89)
Le plus terrible est qu'aujourd'hui l'opposition est inexistante ! La guerre interne au PS ressemble plus à une guerre de pouvoir qu'une guerre de conviction. Et malheureusement en ces temps difficiles, le débat social est bien loin des préoccupations des dirigeants (même s'ils s'affichent dans les manifestations enseignantes !).
Il faudrait que les partis de gauche soit enfin capable de s'unir et d'avoir un discours cohérents. Il faudrait un parti en mesure d'apporter des solutions et pas seulement de critiquer les actions des autres.
La critique est facile, mais proposer des solutions est un exercice bien plus difficile !
Exactement Arno Pour les militants de gauche, c'est un cauchemar quotidien en ce moment !
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