Reconstruction socialiste mythe ou réalité ?
Par Honorgate le 6 Mai 2008 | Dans Vues politiques |
8 retours » |
|
Il n'est plus possible en ce moment d'associer le nom de PS[1] à autre chose que la reconstruction. C'est pittoresque. Pendant qu'un président de la République disperse un ciment national sur de multiples terrains de joutes, en mêlant joyeusement la religion à la république, en transposant l'action politique vers la théorie du pur débat et de la personnalisation de la fonction présidentielle, en compromettant l'avenir en singularisant l'immigration - offrant ainsi un puit à l'opposition - les socialistes ne pensent qu'à restructurer. Comme si les fondamentaux n'existaient plus ou étaient à inventer.Photo Tim Flach
Ainsi le congrès du Parti Socialiste à venir est-il incontestablement l'enjeu d'objectifs personnels[2]. Certains ont le sentiment qu'il faut avancer de manière collégiale novatrice (voir par exemple le site du Congrès utile et serein du PS - mouvance S.Royal), d'autres avancent en fonction de leurs propres objectifs.
Nous avons par exemple pu entendre et voir Mr Manuel Valls à loisirs vendre son dernier livre (Pour en finir avec le vieux socialisme et être enfin de gauche, Robert Laffont).
Le discours de Mr Valls est pourtant exactement ce que je n'ai pas envie d'entendre d'une force politique qui tente de répondre à des attentes citoyennes républicaines, c'est à dire au plus grand nombre.
C'est, j'en ai l'impression tout au moins, la politique de la rustine. "Certes actuellement ce que fait le président avec ses conseillers et accessoirement son gouvernement ne convient pas, nous on propose autre chose, presque pareil, mais mieux".
Mr Valls, certainement plus affûté que moi d'un point de vue politique, semble penser que l'avenir du PS c'est cela. Je pense au contraire que l'avenir se joue dans l'audace. L'audace d'une nouvelle politique qui met l'homme au centre des choses, et place l'argent comme outil pour parvenir à un monde de progrès, équitable.
L'avenir du PS c'est la politique de l'homme pour les hommes, loin, bien loin de la tendance mondiale qui consiste à prendre ex-cathedra ce que nous sortent les économistes diplômés - mais pas les prix Nobel, tiens donc !
Suite:
Tout de même, l'avenir de notre société risque de ne pas passer par la croissance, ni par l'augmentation du PIB, ni par l'effondrement des ressources naturelles, ni par la vertigineuse ascension du capital, et encore moins par l'écart abyssal entre les très riches et tous les autres.
Le devoir du PS c'est de le dire, c'est de repenser la société comme personne qui actuellement aux commandes de l'économie ne voudrait le faire. Car c'est précisément contre la tendance naturelle de l'homme à croire que la loi du plus fort est la meilleure, que l'on pourrait trouver une voie intéressante à notre épanouissement. C'est simple finalement, c'est faire le pari que notre meilleure adaptation à notre environnement, c'est notre intelligence, celle qui dépasse nos propres envies ou nos désirs égocentriques.
Ainsi je ne suis pas certain qu'il faille tant rénover, ou réinventer le socialisme à la française. Les événements actuels en France et dans le monde, préparent le terrain pour des applications politiques humaines de demain. Mr Sarkozy et sa destructuration des repères nationaux créent le lait d'une politique sociale authentique, qui serait sans doute une des réponses les plus pertinentes aux déséquilibres actuels, et à un retour à la raison. Le PS devra être ce catalyseur d'un autre capitalisme, d'une société homogène. Qui d'autre que lui le pourrait ? Il doit donc mobiliser ses forces concrètement vers cet objectif en désignant un leader qui aurait la légitimité non pas des ténors ou des professionnels de la politique, mais de tous les militants socialistes.
[1] Selon Médiapart, l'effectif actuel du PS, établi à 162.970 membres au 31 décembre 2007 (+ 2.113 cotisations «incomplètes»), pourrait donc “potentiellement” regonfler à 238.520 le 14 juin prochain.
[2] Huit candidats, pas moins pour le poste de premier secrétaire. D'aucuns pensent qu'un des objectifs pour quelques uns serait de torpiller Mme Royal. Ce qui est étonnant, je ne vois pas qui au PS aurait plus de légitimité que Ségolène Royal. Elle a les voix des militants et l'expérience d'une campagne présidentielle particulièrement difficile et déloyale.
Les huit candidats sont a priori : Ségolène Royal, Claude Bartolone, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Bertrand Delanoë, Julien Dray, Martine Aubry et Benoît Hamon.
La vision du congrès du PS selon Bertrand Delanoë. Ne voyez pas de ma part une volonté de favoriser tel candidat, mais ce lien m'a été rapporté que très récemment.
8 commentaires
Oui, les "nouveaux" socialistes ne rêvent que d'une chose : moderniser. C'est à dire s'aligner sur les autres partis socio-démocrates européens. C'est à dire aussi brader les véritables valeurs du socialisme, la lutte pour défendre les plus faibles et un abandon du concept "anti-capitaliste".Ces messieurs (et dames) veulent tout simplement créer un parti "présentable " pour ne pas dire interchangeable qui leur permettra d'arriver au pouvoir régulièrement. L'alternance douce qui ne changera rien aux règles établies de la société de marché. Manel Valls a au moins l'honnêteté de vouloir changer MÊME le nom du parti. Mais il est vrai que nous nageons depuis longtemps dans l'hypocrisie la plus totale avec un UMP qui ode se prétendre Gaulliste et un PS qui n'a plus, depuis plusieurs dizaines d'années, rien à voir avec les valeurs de gauche.
Le modèle affiché des socialistes est bien Tony Blair. Un Tony Blair qui d'ailleurs est aussi populaire dans les rangs de l'UMP.
Bref tous ces gens prennent les français pour des cons (ont-ils torts d'ailleurs ?) et le vote donnera le droit de choisir entre la droite dure et la droite sociale. Tant pis pour ceux qui rêvent encore d'un monde un peu plus solidaire, un poil plus juste et un peu moins basé sur le fric, la consommation à outrance et l'individualité exacerbée. Sans parler bien sûr cette valeur travail dont on nous rabâche les oreilles depuis quelques années.
Entendu hier le petit président déclarer que dorénavant les retraités pourront cumuler leur retraite avec un travail et ceci sans contrainte. Tu parles d'une avancée sociale ! Le problème est bien que d'ici peu cette "liberté nouvelle" devindra la norme puisque le but est bien d'en finir avec ce système de retraite par répartition.
Strauss-Kahn est devenu le boss du FMI. Tout un symbole.
Qui peut prétendre que Delanoë ou Royal soient des gens de gauche ? Hé bien ce sont ces personnes qui se battent pour prendre la tête du PS. D'un PS "rénové" et surtout "réaliste" envers l'économie de marché.
Nous voila donc enfin rentré dans le rang. Ce n'est pas le régime du parti unique mais le règne des deux partis "frères".
Circulez, il n'y a rien à voir !

En apostille je voudrais comparer le slogan que je lis sur ma droite : "Vivre mieux est possible".Voici ce que le PS proposait en 1977. 30 ans déjà.
"CHANGER LA VIE", L'HYMNE DU PS (CONGRÈS DE NANTES, 1977)
Changer la vie Paroles de Herbert Pagani musique de Mikis Théodorakis Chantée pour la première fois au congrès socialiste de Nantes, 1977
" Les voix des femmes, et les voix des hommes
Ont dû se taire beaucoup trop longtemps
Ne croyons plus aux lendemains qui chantent
Changeons la vie ici et maintenant
C'est aujourd'hui que l'avenir s'invente
Changeons la vie ici et maintenant
Prendre la parole
Décider nous-mêmes
Libérer nos vies des chaînes de l'argent
Écrire notre histoire à la première personne
Être enfin des hommes et non des instruments
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant
Ne versons plus au nom de leur puissance
Notre sueur, nos larmes, notre sang
Les travailleurs travaillent pour la France
Pas au profit de quelques possédants
Pour partager les fruits de l'abondance
Changeons la vie ici et maintenant
Prendre la parole
Décider nous mêmes
Libérer nos vies des chaînes de l'argent
Faire du bonheur notre monnaie courante
Maîtriser la science et dominer le temps
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant
Il nous faudra reprendre en main nos villes
Qui ne sont plus que des ghettos géants
Où le printemps n'a plus le droit d'asile
Où meurent les vieux, les arbres, les enfants
C'est dans nos propres murs qu'on nous exile
Changeons la vie ici et maintenant
Prendre la parole
Décider nous-mêmes
Libérer nos vies des fleuves de ciment
pour ne plus mourir de l'air que l'on respire
Et pour pouvoir vieillir auprès de nos enfants
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant
Un siècle meurt, un millénaire commence
Plus de prisons, de cages et de camps
Tendons la rose rouge de l'espérance
Aux opprimés de tous les continents
L'histoire est là qui nous offre une chance
Changeons la vie ici et maintenant
Libérer la femme
Libérer l'école
Donner la parole aux frères émigrants
Ecrire notre histoire à la première personne
Être enfin des hommes et non des instruments
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant."
Cela devrait faire réfléchir sur l'évolution de ce parti nan ?
Hélas !Tu as parfaitement raison.
"Être enfin des hommes et non des instruments".
Quand on n'a plus rien à dire, on s'imagine qu'en le disant d'une autre manière le gens croiront qu'on dit quelque chose. Ou : quand le toit coule on repeint le salon.
Effectivement, c'est l'impression que cela donne souvent.Pourtant il y a un potentiel qui ne demande qu'à s'exprimer. Il manque sans doute la volonté d'effacer l'intérêt personnel au profit des concitoyens.
Du coup cela montre s'il le fallait encore le paradoxe du politicien. Etre politicien n'est pas un métier, et certains font pourtant carrière.
Oui on en parle souvent mais pour cela il faudrait non seulement des lois mais un bouleversement total des mentalités (et pas seulement parmi les politiques). Pour les lois ce n'est pas gagné puisque ce sont les politiques qui se les taillent à leurs mesures. Quand aux mentalités, opinions et raisonnements de mes contemporains, je dois dire que je désespère.
Il y a certes des exceptions. J'ai entendu plusieurs fois Olivier Besancenot affirmer qu'il n'était pas question pour lui de faire carrière. L'avenir dira si il résistera aux pressions de ses amis et soutiens.
Entendu hier le maire de Paris, Delanoë affirmer (avouer) qu'il était un "libéral". Il a certes ajouté le mot "socialiste" mais pour combien de temps ? Quand on sait qu'il n'y a pas un cheveu d'écart entre sa "pensée" et celle de Ségolène Royal et de la majorité des éléphants, il est pratiquement certain que ce parti va évoluer de plus en plus vers la gauche dite "réaliste", c'est à dire une droite modéré.
Je ne voterai certainement pas pour ces gens là, même pour faire barrage à la droite "dure".
Delanoë & Co sont les alliés objectifs des neo conservateurs. Ils ne veulent qu'une alternance douce pour pouvoir accéder aux délices du pouvoir. Pour eux le peuple est plus que secondaire.
Tout à fait !Mais M.Delanoë s'est totalement discrédité sur ce coup. Son point de vue libéral provoque un tollé au PS. L'immense majorité des militants ne sont a priori absolument pas d'accord avec ça.
Certains au PS ne rêvent que de Blairisation du paysage politique français. Un comble, lorsqu'on constate aujourd'hui que les anglais pour rien au monde ne voudraient y revenir !
Mensonges à tous les étages actuellement en politique française.
Honteux. Il faut former les jeunes esprits à la juste critique, sans quoi nous allons tout droit vers une société d'automates gouvernée par une oligarchie opulente. Il faut absolument donner la décision aux militants du PS qui seuls actuellement semblent proposer ou espérer une gauche propre, décomplexée et surtout qui n'est pas corrumpue par l'ordre technico-économique.
Bon sang, on ne saurait accepter que ce soient les économistes qui gouvernent le monde. La logique actuelle n'est pas la seule, en tous cas pas la meilleure.
Egalité que diable !
Laisser un commentaire
| « Une affaire de libéralisme ? | Un magasin de bières en ligne » |



