Le choix du roi
Par Honorgate le 13 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
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Notions de perceptions relatives
Je profite assez rarement ici de l’actualité. Pourtant je ne peux m’empêcher de rebondir sur un phénomène actuel : le saut des perceptions dans le temps et dans l’espace, selon votre confort social. Pour cela je me fonde sur une réaction du président de la Société Générale, qui n’a honte de rien.[1]
A chaque crise, la Société générale en est ressortie plus forte.
Daniel Bouton
Facile pour une banque de dire une ânerie pareille. Quand bien même cela soit vrai, cette faculté propre aux nantis d’imaginer un scénario pareil, montre qu’ils occultent une bonne partie de la réalité. D’une part c’est nous qui payons pour cette étrange force supplémentaire, d’autre part, ils dépensent de l’argent qui ne leur appartient pas, et enfin, l’état se porte garant - ce qui rejoins le premier point, de leurs actifs.
Quel est le risque là dedans ? En quoi une crise générée par un dysfonctionnement interne pourrait dans ce cas rendre plus fort quiconque d’honnête ou lucide ?
Que voulez-vous, ils pensent que le monde ne leur fait pas de cadeaux, et eux s’offrent le monde tous les matins au petit-déjeuner, en guise de bonus de fin de mois.
Car ces gens qui brassent autant d’argent créent eux même un système qui les nourrit. Mais puisque malgré tout il existe une logique, ce système génère sa propre croissance, sur le dos des populations américaines et européennes, pauvres ou modestes, mais aussi sur le dos des pays en voie de développement. Ou comment créer un déficit commercial pour une croissance auto-alimentée.
Vous allez me dire, pourquoi dis-tu ça alors que tu n’y connais rien à la finance ? C’est certain, mais je constate, et n’importe qui peut le faire, que chaque année, 9% de la richesse ainsi créé part dans le capital. C’est à dire autant qui ne vont pas dans les salaires. Ainsi, des gens travaillent plus tous les ans, en gagnant moins, pour enrichir davantage ceux qui le sont déjà. Et je regrette, mais nul besoin d’être passé par Harvard pour comprendre cela. Il ne faut simplement pas être dupe. [2]
Nous pourrions prendre ce problème du bon côté, et dire que finalement ce n’est pas dramatique, car de toutes manières l’économie se porte bien du coup. Sauf qu’en l’occurrence l’économie ne va pas bien, puisqu’elle lutte contre ce qui fait son essence même, l’accès à la consommation pour tous, et de plus en plus. Si l’argent des bénéfices part dans le capital plutôt que dans les salaires, qui au bout du compte, consomme plus tous les ans ? Nous arrivons bien à un paradoxe, qui révèle les prémices d’une catastrophe. Prémices quantifiables pourtant, puisqu’au Etats-Unis, cela a coûté déjà 100 milliards de dollars aux contribuables, et qu’en France, pour le moment, nous savons que cela va coûter au moins 5 milliards d’euros. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg.
Pendant ce temps, 15% des français se demandent de quoi leur lendemain va être fait, du haut de leurs 800€ mensuels. Et nos politiques d’affirmer qu’ils ne peuvent rien faire ! Les banquiers semblent avoir beaucoup moins de problèmes, ou de scrupules. La santé de l’économie et donc notre quiétude, passeraient-elles donc par autant d’argent perdu, qui aurait pourtant pu servir à tellement de familles en France ?
[1] In Le Monde du 12 fév 2008
[2]
Un article du Monde Diplomatique sur le partage des richesses du monde.
Un article dans La Tribune, qui montre que 3 dirigeants sur 4 des entreprises du CAC40 ont eu entre 2006 et 2007, 40% d’augmentation de salaire. Cette augmentation considérable propulse les rémunérations des patrons français à des niveaux jamais atteints, et place la France en tête en Europe. Pendant ce temps, notre président déclare qu’il ne peut rien faire pour notre pouvoir d’achat.
2 commentaires
Sans compter que ce cher Daniel Bouton ne partira pas, en plus, de la socité générale sans de copieuses indemnitées du genre stock option.
Effectivement, et c'est formidable aussi de constater, que lorsqu'un employé ou un cadre intermédiaire commet le dixième (au moins) d'une erreur équivalente, il est souvent licencié ...Le PDG, non. Il s'enrichit.
Etrange logique.
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