La primauté des intérêts
Par Honorgate le 3 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
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Ou l'intérêt des primats
Le relais de l'information est actuellement au cœur de beaucoup d'intérêts. Mon intérêt est de trouver de l'information juste, qui m'intéresse, sans trop ponctionner sur mon capital temps de réflexion disponible. L'intérêt de ceux qui fabriquent l'argent, est qu'ils puissent prévoir et agir a propos, efficacement et durablement. Dans cette tourmente, des initiatives nouvelles voient le jour. Le journal en ligne Mediapart participe à cette genèse.
A peine sorti des cerveaux libres et a priori indépendants, le projet Médiapart auquel je crois puisque je suis abonné, est attaqué juridiquement par un puissant groupe de presse franco-belge. Les raisons sont pour nous simples citoyens, complètement fallacieuses, mais les intentions sont conquérantes : récupérer la ligne éditoriale, couper l'herbe sous les pieds de ces journalistes, anéantir toute tentative d'indépendance. Une indépendance qui pourrait déranger, et compliquer la visibilité des intérêts financiers de ceux qui fabriquent l'argent.
Il est à lui seul de toutes manières très intéressant, et révèle s'il le fallait encore, le combat actuel : la lutte de l'homme contre la dictature économique.
En effet, au delà d'une trop simple et obsolète vision de gauche, nous assistons vous comme moi, aux conséquences du diktat économique.
Nous ne savons finalement plus très bien si l'économie est un outil inventé par l'homme pour agrémenter son environnement, ou bien si ce système ainsi créé supplante le libre arbitre pour transformer l'homme en simple esclave.
Ceux qui gagnent avec ce système l'utilisent déraisonnablement à leur profit. Cette absence de tempérance a de multiples visages : une haute finance totalement amorale - nous avons pu entrevoir un des épisodes avec l'affaire du trader d'une grande banque française, une politique exclusivement gestionnaire - on calcule, additionne, comptabilise, enfin, un gouffre béant entre les nantis et les modestes qui a entre autres pour conséquence une systématisation des intérêts oligarchiques aux dépends de l'intérêt commun.
Ce qui nous apparaît étrange, ou négatif, aujourd'hui sera néfaste et catastrophique demain. George Bernanos disait en l'occurence que le pas des mendiants feront trembler le monde. Parce que le monde selon l'homme est ainsi, il faut toujours passer par l'excès pour trouver une nouvelle voie plus raisonnable et également profitable.
Ainsi, je pense que nous sommes aujourd'hui à quelques œuvres du sommet de l'excès. Le combat que mène aujourd'hui l'équipe de Mediapart jalonnera sans doute la route du retour à la raison. Ce n'est pas le seul, ils sont nombreux, même si le problème auquel est confronté Mediapart pourrait être un simple manque de prévoyance.[1] Il nous appartient je crois, à ceux qui n'ont pas d'autres intérêts que d'aimer leur famille et de leur assurer une vie suffisante, de ne pas être indifférent à ces enjeux. Nous ne pouvons pas et ne devons pas laisser à nos enfants un monde gouverné par l'ordre technico-économique. Notre monde est un monde d'hommes égaux gouverné par l'ordre moral et politique. Dans le cas contraire, cela ne me semble pas viable.
Dans cet esprit de lutte, même modeste, c'est toujours mieux en musique...
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[1] Mon point de vue ici repose simplement sur l'idée que le business pourrait avoir raison de tout, même d'initiatives indépendantes et a priori clairvoyantes. Ainsi, le problème auquel est confronté Mediapart, pourrait-il avoir d'autres origines ?
Un article de Versac propose une autre voie. Voire, car je préfère me placer du côté des plus faibles, ça changera. Et ce n'est pas en disant ça que je deviens du coup trotskiste comme ils disent là-bas. De toutes manières dans certains blogs c'est immédiat, dès que vous tentez de faire preuve d'un soupçon d'humanité, vous êtes taxé de trotskiste de bas étage. C'est assez fort.
Cet article de VinZ traite le problème de la même manière.
10 commentaires
Tu as raison. Mais peut-on encore appeler "économie" ce qui n'est plus qu'une sorte de jeu sans règle, un poker menteur où la tricherie serait non seulement tolérée mais même encouragée. La puissance de l'argent devient omniprésente et peut maintenant détruire des états et réduire des populations entières à la misère. La presse étant de plus en plus aux mains des "seigneurs" de l'ultra-libéralisme (comprendre des bandits du capitalisme fou) et les politiques, des pantins aux mains de ceux-ci, et je ne parle pas de l'oeuvre déjà presque réussie de décervélation entreprise par la télévision, je pense que la démocratie, si elle a jamais existée, est derrière nous. L'adoption par le parlement du nouveau traité européen en est une preuve parfaite. (Vous votez mal ? On s'en fout, on ignore). Cela mériterait bien une bonne révolte à défaut d'une révolution. Et pourtant je n'y crois pas. Les gens ne râlent... que pour leur pouvoir d'achat. Pas pour leur liberté de plus en plus réduite. Pas non plus pour une fraternité disparue au profit de la charité. Et bien sûr pas pour l'égalité qui s'est dissoute dans le communautarisme.Alors peut-être que l'évolution des mentalités viendra via internet. Mais comme tu le soulignes, les puissances de l'argent ne toléreront pas très longtemps cet espace de liberté. Ils vont le limiter ou l'investir.... je suis très pessimiste en fait.
Effectivement, le Net permet un renouveau de la conscience collective, ou plutôt offre une alternative supplémentaire sans doute omniprésente (aux seules conditions techniques et d'équipement, ce qui n'est tout de même pas une mince affaire).
Tu es pessimiste quant à son avenir, moi aussi. De toutes manières, nous assistons depuis la fin des années 90 à l'étiolement de l'esprit pionner qui animait la toile, au profit du business, du cloisonnement, des conflits d'intérêts, auxquels les blogs ou les sites participatifs dans leurs modestes mesures, n'échappent pas.
Mise à jour de l'articleL'affaire est réglée. Un accord amiable vient d'être trouvé entre les deux parties.
Du coup, les commentaires sur cette affaire dans certains blogs, tombent un peu à plat.
Etant donné la rapide évolution du litige, nous avons là une excellente occasion pour remettre en cause les analyses fracassantes de certains. D'où cet empressement à personnifier le débat qui occulte effectivement le travail d'équipe.
Excellente leçon d'humilité, à laquelle je n'échappe sans doute pas. Au moins lorsqu'on prend position humainement, avec équité, l'erreur d'analyse est moindre. Si seulement la leçon pouvait servir ...
Moi ce qui m'étonne c'est qu'il n'y a pas si longtemps tu refusais de t'abonner en payant à un média d'infos. Tu as donc changé d'avis et pour quoi donc ? 
Ha mais pardon.
Ce n'est pas parce qu'ici une solution a été trouvée avec Média-Participations que ce qui a été dit plus haut n'est plus valable. Je suis persuadé que les forces de l'argent font tout pour brider la liberté sur le net ou, plus simplement, essayeront de l'accaparer pour se servir de ce vecteur à des fins mercantiles.Payer pour des infos ? Pourquoi pas si c'est exceptionnel. Mais prenons garde à ce qui devrait être l'exception ne devienne pas la règle ! En fait n'oublions pas que nous payons déjà les Fournisseurs d'accès, le matériel et diverses taxes. Le net est loin d'être gratuit !
Bien sûr que ça n'enlève rien à ces arguments. Cela montre sans doute le côté perfide du système.Le Net payant ce n'est pas mon truc ... je teste.
Je voudrais quand même qu'on évoque un peu plus ce problème de gratuité.Nous sommes tous rémunérés pour notre travail. Les journalistes et les techniciens éventuels doivent être bénévoles ou attendre notre charité ? Internet ou pas aller chercher l'info demande des moyens et si on en fait son activité principale, un salaire.
Alors gratuit = pub ou abonnement. Que faut-il choisir ? la Télélibre, pour l'instant fonctionne grâce aux dons et à la bonne volonté de certains. Est-ce viable ? Pour l'instant, oui.
Et si on s'abonne on ne peut pas s'abonner à différentes sources, enfin pas moi, donc on se contente d'une.
Bref, c'est facile en tant que receveur de dire qu'on ne veut pas de tel ou tel chose mais ceux qui produisent en face faut bien qu'ils vivent.
Certainement qu'une solution afin d'être intéressante doit être viable.
Et c'est là tout le paradoxe d'une information de confiance. Comment nous clients, allons choisir un seul média payant (payant car ainsi il est a priori indépendant, au contraire des revenus de mécénats ou publicitaires), et avoir toute confiance dans ses analyses et choix ?
De fait on aurait alors tendance à s'approcher d'un média qui nous ressemble, mais alors quid d'une critique contradictoire, souvent riche d'enseignements ?
Alors devant l'inévitable choix qu'il faut faire lors de nos dépenses, la solution idéale, une fois encore, appartient aux riches.
En ce sens, l'info payante est élitiste de fait. Et c'est un peu gênant je trouve.
D'autres solutions ? Je ne vois pas encore ...
N'oublions pas que pour la plupart des sites d'informations ne sont que l'extension de médias déjà existants. D'autres sont une compilation réunie par des passionnés. Il existe dans le monde "réel" un tas d'associations bénévoles. Pourquoi pas sur le net ? Laisser un commentaire
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