L'homme domestiqué
Par Honorgate le 8 Déc 2006 | Dans Vu de Face, A Vue de Nez |
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De la culture de la classe moyenne.

Il semblerait que la classe moyenne[1] en France représente 50% des français. Avec un salaire net mensuel moyen de 1900€. Cette classe de population serait en pleine crise.[2] La question que je me pose est donc la suivante: qu'est-ce qui justifierait un mal être chez ces français qui ont au moins une voiture, un toit et de quoi rester en bonne santé ?
Vous ne trouverez aucune réponse scientifique à cette question. D'abord parce que ce qui intéresse les chercheurs, ce sont les minorités (et c'est là un grand mystère), ensuite parce que je pense que c'est davantage du domaine de la psychologie (particulière sans doute mais surtout collégiale). En observant, sans concession, notre monde, comme j'ai pu déjà le dire ici, on s'aperçoit que celui-çi n'existe que parce que l'homme l'achète. Sans quoi, vous comme moi, pourrions vite croire qu'il n'existe rien, ou en tous cas, nous ne serions qu'en faire. Pêche, chasse et cueillette sont d'un autre temps. Tentons l'expérience, nous trouverions vite des chasseurs, des pêcheurs ou des "cueilleurs" qui en feront plus que nécessaire, afin d'ouvrir un commerce. Et tout recommencerait.
Ainsi, ce monde construit, élaboré et acheté, ne peut évoluer que si l'on entretien le besoin. Vous voilà alors en train de regarder ces pubs à la télé ou dans votre magasine préféré. Et l'envie de se rappeler à vous. Il faut donc plus pour exister ! Il ne suffit pas se contenter d'une vague télé, même si elle marche parfaitement, mais plutôt de prendre ce bel écran plasma, combien même il serait beaucoup trop grand pour la pièce à laquelle il était destiné. Et si vous pensez que ce n'est pas utile, le travail fait en amont sur vos enfants, achèvera définitivement votre comportement consumériste.
La domestication de la classe moyenne, se fait donc à tous les niveaux, familial, professionnel (contentez vous de travailler juste ce qu'il faut, vous aurez des surprises ... ou en tous cas vous ne serez pas augmentés), et enfin à un troisième niveau inquantifiable, celui du brouhaha intellectuel. Cette rumeur persuasive, qui vous calibre le bonheur.
Ne tentez pas d'imaginer le vôtre, "les autres" travaillent pour vous. Et qui travaille pour eux ? L'appât du gain bien entendu !
La classe moyenne a le spleen parce que ceux qui sont au dessus, qui ne sont pas nécessairement plus heureux, dépensent davantage, et imposent le standard du confort, de la réussite, de la belle vie.
Cet exemple apparaît ainsi comme dévaluant. Son ignorance rétablirait le juste standard du bonheur, celui de pouvoir acquérir simplement de quoi manger, de quoi se déplacer et de se loger. Ce dernier impératif n'est aujourd'hui même plus possible, car ceux d'en haut, s'amusent en spéculant sur l'immobilier. Ils s'enrichissent en faisant payer davantage ceux qui cherchent l'accession à la propriété. Et les gens des classes moyennes n'ont plus qu'à se désespérer des prix incroyables! Pour se déplacer, ce fut d'abord un luxe [3], puis dans les années 70-80 cela devînt accessible à tout le monde. Mais notre système étant ce qu'il est, la voiture voit son prix doubler en moins de 30 ans. Souvenez-vous de la R5 d'antan, et achetez maintenant une Clio! Reste enfin l'impératif de se nourrir. Oubliez le restaurant, c'est un luxe, et achetez-vous des produits frais. Avec un prix au kilo qui à plus que doublé en 20 ans, les fruits se feront rares sur votre table. Quant au reste de l'alimentation, beaucoup d'entre-nous devrons se satisfaire de produits élaborés, cuisinés pour nous, au prix absolument prohibitif, qui fera du budget alimentation le premier budget du foyer. De toutes manières si vous mangez beaucoup et à faible coût, vous allez prendre du poids, et comme cela sort du standard du bonheur élaboré par "les autres", vous devrez faire un régime déprimant puis coûteux. Tout en étant déprimé, vous vous réfugirez alors dans les fringues, et dépenserez une fortune en bouts de tissus, que "les autres" s'empresseront de démoder l'année suivante.
Diable, on ne s'en sort pas! Ben non, pas ainsi.
Avec cette logique de la maîtrise de l'envie dans les trois domaines clés d'une vie ordinaire, l'unique alternative devrait être la lucidité, la tempérance et l'indépendance intellectuelle. Mais pour cela, il faudrait que tout le monde s'y mette. L'homme ne vit pas seul en société, même s'il le voudrait, sa volonté n'est jamais à toute épreuve et son apprentissage délicat. Pourtant, un peu de lucidité serait un excellent début, et de meilleure augure pour nos enfants. Certains en ont, heureusement, et ils nous le disent, charge à nous de les entendre et de fuir les imitations du bonheur [4].
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[1] Il n'existe pas de définition standard de la classe moyenne. Voyez ce document de Louis Chauvel, Sociologue, Professeur à l’IEP de Paris, membre de l’Observatoire du Changement Social.
[2] In Le Nouvel Obs daté du 8 décembre 2006.
Un article sur les classes moyennes dans Le Monde Diplomatique.
[3] C'est alors l'effet de la nouveauté, du manque de concurrence, de demande et ainsi d'une faible production. Un coût alors tout à fait logique.
[4] La dernière imitation en date, le low cost. Plutôt que de reconsidérer nos repères, on les tronque, on imite, mais on ne règle rien.
7 commentaires
Il n'est pas alors nécessaire de devenir une encyclopédie pour comprendre que les limites qu'on nous imposent sont celles ne notre seule condition : l'être humain.
Fèlicitations à toi et je suppose à Isa
Francis (anar 03h(mon pseu sur le net)
Vivre diffèremment ètonne les autre et les amènent à se poser des questions
La lucidité d'un petit groupe peut entrainer la prise de conscience et la réaction de toute la socièté!
Etre indèpendant intellectuellement est dèjà une façon de contester,de ne pas bèler avec le troupeau.
D'un autre coté,manger "bio" paraissait en dehors du système il y a quelques abnnées,aujourd'hui,c'est etre dans la norme et apporter plus de puissance au capital qui a vite saisi l'intèret de ce crèneau.
Alors?
Les imitation du bonheur?Parcequ'il y a un vrai bonheur (autre que se contenter de ce que l'on a et resister à l'envie de quitter volontairement cete vie.
donnez plus de détail et d'exemple pour les questions posées,merciLaisser un commentaire
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