Le fracas des lâches
Par Honorgate le 12 Jun 2005 | Dans Vu d'en Haut |
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Entendez vous les ambassadeurs du non référendaire ?
Tiens, vous non plus. Pourtant ils étaient enflammés il y a peu de temps pour nous matraquer des tas d'avis, ou plutôt des tas de non. Alors quels sont les plans ? Où sont vos certitudes ? Mais en avez vous au moins, vous électeurs peureux derrière votre isoloir ?
Les démocraties modernes apprécient peu le référendum. Et c'est une sage décision. Par le passé, le peuple souverain, n'a pas toujours fait le bon choix. Ont été élus les pires régimes.
En tous cas, en France, nous ne sommes pas prêt de le revoir ce mode d'expression abracadabrant. Illogique dans tout son état. Car on ne répond pas à la question posée, c'est tellement humain.
C'est tellement humain également d'avoir les idées courtes. Car où se situe l'honnêteté en prétendant à partir des urnes, clâmer un besoin citoyen impérieux ?
Nous avons pourtant des élus de proximité. Nous pouvons, et devons, interpeller nos députés, qui à leur tour interpelleront le gouvernement (ils sont payés pour cela, incroyable non ?). Car au regard des revendications récentes, nous devrions avoir des tas de choses à dire !
Et bien non. C'est tellement plus facile de le faire en glissant un petit papier dans une urne, lors d'une quelconque occasion. Plutôt que de profiter de la démocratie, nous préférons râler à chaque élection, crier à nous époumoner, à la façon comptoir de café toutefois, avec pour conséquence d'étranges résultats. Du coup, nous raffolons nous français, de cohabitations, de premiers tours présidentielles improbables avec des fachistes, d'un référendum calamiteux, d'alternances délirantes et j'en passe.
Pendant ce temps, nous ignorons le nom de notre député, de notre sénateur, du président de conseil général, et certainement même de notre maire. Un comble ! Et quelle prétention !
Pensons nous vraiment être un acteur essentiel de notre pays, pour s'imaginer voter tel un sénateur romain ? Avons nous vraiment toute la connaissance nécessaire pour assumer pour un long moment, nos enfants nous remercierons lorsque nous serons dans notre tombe, nos inconstants actes citoyens ?
Et en attendant, histoire d'assumer, que faisons nous de notre refus européen ? - ah j'entends déjà les plaisantins pro-européens qui ont voté non, mais qui pensaient pour le bien de tous -
Où sont les alternatives. Entendez vous comme moi ce silence ?
Ce qu'il y a de bien dans ce blog, c'est que je pourrais le ressortir régulièrement pendant au moins 10 ans, sans qu'il ne perde une ride ...
4 commentaires
Je me permets de reprendre quelque point précis :
Les démocraties modernes apprécient peu le référendum. Et c'est une sage décision. Par le passé, le peuple souverain, n'a pas toujours fait le bon choix. Ont été élus les pires régimes.
Encore s’agirait-il de ne pas mélanger référendum et élections universelles directes. La critique est étrange : parce-ce que le peuple peut faire des choix qui apparaissent a posteriori « étranges » (euphémisme en ce qui concerne le cas nazi), nous devrions nous priver de toute participation directe aux décisions politiques ? Ce n’est pas le référendum que tu remets en cause là, c’est la démocratie, c’est l’expression du peuple. Pourquoi pas, mais il faut en avoir conscience.
C’est une erreur de dire que « les démocraties modernes apprécient peu le référendum » : en France en tout cas, la période gaullienne de la VeRépublique est marquée par une utilisation intensive du référendum.. Je ne crois pas que cela ait été « peu apprécié » !
Nous avons pourtant des élus de proximité. Nous pouvons, et devons, interpeller nos députés, qui à leur tour interpelleront le gouvernement (ils sont payés pour cela, incroyable non ?).
On peut retenir la critique mais encore une fois, je souris de constater qu’elle n’apparaît que suite à un résultat que te déplaît. En tout cas je n’ai pas lu de tels propos de ta part avant le référendum. Et je me permets de douter que je les aurais lus après, si le résultat de celui-ci avait été positif, alors que la critique aurait été alors tout aussi intéressante.
Mais pour en venir sur le fond : il me paraît tout à fait normal qu’une constitution, qui est tout de même un des éléments politiques les plus importants, pour ne pas dire le plus important, nécessite l’approbation du peuple lui-même, directement (là où cela pêche selon moi est qu’on ne peut réellement poser une question sérieusement sur un texte aussi technique). Si l’on veut faire cesser cette impression que l’Europe se fait « dans notre dos », qu’elle est bureaucratique, technocratique, alors il faut faire participer « le peuple » le plus directement possible. C’est logique et normal.
Et puis faire passer les décisions par les députés pose un problème que le référendum a précisément soulevé : le « peuple » n’est pas forcément d’accord avec ce que ses représentants auraient choisi pour lui. La critique devient donc étrange : comment peut-on louanger la représentativité alors que justement elle n’aurait fidèlement reproduit ce que souhaite le « peuple » ? N’est-ce pas très partisan que d’en célébrer les atouts alors même qu’elle aurait posé un problème de légitimité (puisque le « oui » serait sans doute passé par la voie parlementaire…)
Plutôt que de profiter de la démocratie, nous préférons râler à chaque élection, crier à nous époumoner, à la façon comptoir de café toutefois, avec pour conséquence d'étranges résultats.
En l’occurrence, tu réalises ici ce que tu pointes du doigt : tu râles alors que le peuple s’est exprimé et a choisi.
Avons nous vraiment toute la connaissance nécessaire pour assumer pour un long moment, nos enfants nous remercierons lorsque nous serons dans notre tombe, nos inconstants actes citoyens ?
Je suis étonné de lire ici un tel discours que je défendais ailleurs (précisant que selon moi c’est une tromperie que de faire croire que l’on pouvait réellement s’exprimer sur un texte comme le TCE), discours contre lequel tu t’opposais alors.
Ceci dit il est tout à fait permis de changer d’avis, c’est même plutôt heureux. Mais je ne peux m’empêcher de trouver dommage qu’une telle opinion soit fonction d’un résultat qui te déplaît ; elle est à mon sens « plus » valable lorsqu’elle s’exprime sur le fond, c’est à dire lorsqu’elle a une portée qui dépasse le résultat lui-même, c’est à dire encore lorsqu’elle s’exprime avant que le référendum lui-même ait lieu, avant que tout résultat ne commence à s’esquisser.
J'ai toujours trouvé cet acte référendaire discutable. Il suffit de lire mes papiers à ce propos, les dates font foi.
En l'occurence, le débat était auparavant ailleurs. Donc ...
Quant à la cinquième république, la suivante appréciera la démission d'un président, le statut quo d'un autre, et l'étrange don fait aux anglais d'un ancien axe franco-allemand ! J'ai connu de meilleurs succès. Pourtant la France n'a pas l'exclusivité démocratique, et le référendum est diversement apprécié dans les autres pays.
Enfin l'idée d'un résultat qui me déplaît certes, mais je n'ai jamais eu la prétention d'imaginer une autre europe moi. J'ai donc loisir de me taire, ou de parler, sans en avoir honte. Ceux qui avaient d'autres idées, pourraient quant à eux, s'exprimer davantage, comme je le disais, car on attend, nous ...
J'insisterais pour terminer, que mon propos vise bien une décision immédiate populaire, et non l'expression démocratique d'un peuple. Ce qui me semble tout de même fondamentalement différent. Mon propos n'a jamais combattu la démocratie, mais j'ai l'honneur de croire que la démocratie est autre chose que l'expression d'un fiel populaire. (Ce qui n'est tout de même pas systèmatique fort heureusement).
Pourquoi et comment définir que le référendum est l'un plutôt que l'autre ?
C'était du reste le propos du blog.
Concrètement, à part une expression de mécontentement, qui n'a pas nécessairement de lien direct avec la question posée, qu'avons nous aujourd'hui ?
Un grand silence.
Mon autre propos était de rappeler que l'expression démocratique directe, est l'interpellation de nos députés, au quotidien, plutôt que l'usage d'un suffrage au lance-flammes.
Car encore une fois, il suffit de le constater.
J'avais déjà dit que nous serions là, ceux qui ne souhaitaient pas la politique de la terre brûlée, pour observer les résultats d'un vote. Et un non ne signifiait pas nécessairement une absurdité.
C'est ce qu'il signifie, et ce qu'il ne dit pas ou ce qu'il a peu dit, qui l'est.
Un référendum ne peut pas être constructif (ce n'est en fait pas précisemment le sujet). C'est fondamentalement absurde puisqu'il se juxtapose au vote parlementaire, préalablement soumis au suffrage universel.
Un référendum se comprend lorsque l'on révise la constitution par exemple. Ce qui n'était pas le cas ici.
Je regrette, mais même si mon optimisme laissait entrevoir finalement quelques opportunités par ce rejet, ma clairvoyance m'impose le constat d'un assourdissant silence.
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